Ali Soilihi Mtsachiwa, l’homme du coup d’état du 3 août 1975

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Ali Soilihi Mtsachiwa, l’homme du coup d’état du 3 août 1975
Ali Soilihi Mtsachiwa, l’homme du coup d’état du 3 août 1975

Africa-Press – Comores. Ce 3 août 2022, marque le 47ème anniversaire du premier coup d’état aux Comores. Avec au premier plan Ali Soilih. Le coup d’état fut pour beaucoup d’analystes, la réponse de la puissance coloniale à la déclaration unilatérale de l’indépendance des Comores le 6 juillet 1975.

Il affirmait au journal « Le Monde » du 5 août 1975, qu’il voulait rétablir des relations normales avec la France. Ainsi donc, il fut le précurseur des coups d’état dans les îles de la lune. Il fut parmi les personnes qui ont accepté d’utiliser des hommes de mains étrangers, en l’occurrence Bob Denard, pour régler des questions de politique intérieure. Et comme l’écrivait ce même journal « l’empressement avec lequel ses vainqueurs ont proclamé leurs sentiments favorables à la France – qui fournit, il est vrai 80% du budget du territoire – incite à s’interroger aujourd’hui sur cette nouvelle ambigüité de la décolonisation à la française ».

Il faut dire qu’Ahmed Abdallah constituait pour l’opposition comorienne l’arbre qui cachait les intentions de l’ancienne puissance coloniale. En effet, toutes leurs analyses se cantonnaient à affirmer que le départ de ce dernier était la clé pour résoudre l’équation dont le pays avait à résoudre. L’opposition affirmait « d’un autre que lui les Mahorais eussent accepté un compromis « fédéral » ou « confédéral » capable de préserver tout à la fois le particularisme de Mayotte et l’intégrité de l’archipel ». Malheureusement l’histoire tragique qu’a traversée le pays durant ces décennies montre à l’évidence que notre histoire a toujours été écrite par des mains invisibles qui tirent les ficelles ailleurs.

Ali Soilihi fut l’homme des paradoxes. Pour beaucoup de jeunes comoriens, l’homme est auréolé de toute une panoplie d’actes héroïques. Pour les plus anciens, l’analyse est plus nuancée. Au départ Ali soilihi a été comme tous ces hommes politiques que l’ancienne puissance coloniale essayait de manipuler dans la défense de ses intérêts. Il fut donc instrumentalisé pour la préparation du coup d’état du 3 août 1975 qui a renversé le président Abdallah.

Ceux qui utilisent son slogan « seul l’histoire est juge » se doivent de ne pas oublier de faire cet inventaire du grand homme et non de l’enfermer seulement sur les aspects qui le valorisent. Dans une certaine mesure, ce qui fait la grandeur d’Ali Soilihi, c’est le bilan négatif de ses successeurs, qui n’ont pas voulu ou pu mettre sur pied un Etat de droit.

La question relative à la volonté politique des gouvernants et l’état de droit, sont toujours au centre de la problématique de notre développement depuis notre accession à la souveraineté nationale. Dans cet article du Monde, cité plus haut, le journaliste Daniel Junqua, notait que « Certes, toute simplification demeure difficile et un peu discutable dans un territoire où la politique locale est traditionnellement assez embrouillée, pour avoir justifié, au sujet des Comores, l’expression d’archipel aux sultans batailleurs ».

Ali Soilih, reste cependant, malgré tout, une sorte de référence, pour tous ceux qui aiment sincèrement ce pays et qui sont prêts à faire des sacrifices pour que la vie devienne meilleure chaque jour. Le devoir de mémoire c’est aussi le courage d’assumer notre propre histoire, pour les générations présentes et futures.

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