France – Russie en Afrique…Un duel entre l’Ours et le Coq !

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France – Russie en Afrique…Un duel entre l’Ours et le Coq !
France – Russie en Afrique…Un duel entre l’Ours et le Coq !

Anouar CHENNOUFI

Africa-Press – Comores. La France, pays de l’Hexagone, et la Russie, pays des Bolchéviques, qui comptent parmi les grandes puissances sur la planète Terre, sont des « sœurs ennemies » représentées par des symboles, l’une « le Coq », et l’autre « l’Ours ».

Pourquoi l’ours est-il le symbole de la Russie ?

Symbole de force et donc de pouvoir, l’ours est aussi largement utilisé par la classe politique. Le parti Russie Unie du président actuel, Vladimir Poutine a pour emblème un ours qui, ici, symbolise l’union du peuple russe autour de son image.

Pourquoi le coq est-il le symbole de la France ?

Il faut savoir qu’avec le temps, les rois de France ont adopté le coq pour son courage et sa bravoure. Pendant la Révolution, il devient le symbole du peuple et de l’Etat : il apparaît même sur la monnaie. Napoléon lui a préféré l’aigle pendant un certain temps, emblème de la Rome impériale, mais le rapace a finalement cédé sa place au Coq.

Les deux pays s’arrachent l’Afrique

Poutine – Macron

Pour revenir à ce « DUEL », tout laisse à croire que les analystes s’attendent à ce que le retrait des forces françaises Barkhane du Mali ait des répercussions sur la région et le monde, car au fur et à mesure de l’entrée et de l’expansion de la Russie dans la région africaine pour tenter de combler le vide français, Paris a tout fait pour accroitre son insistance à vaincre la Russie en Ukraine et à fournir tout son soutien à Kiev.

Il faut reconnaître d’abord que la Russie a pénétré la région du Sahel africain pour brouiller les cartes et combler le vide français et dans une tentative de contourner l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) par le sud, comme un atout de pression devant sa quête pour se rapprocher de ses frontières occidentales.

Elle cherche à s’étendre dans les zones d’influence faibles des pays occidentaux en Afrique, à se faire de nouveaux amis, à restaurer de vieux amis de l’ancien bloc de l’Union soviétique (1917-1991) et à reconfigurer un système international multipolaire avec l’aide de la Chine, au lieu du système unipolaire actuellement dirigé par les seuls États-Unis.

Quelles conséquences de ce retrait

Le retrait français du Mali, décidé il y a environ un an, a atteint son stade de départ, après le retrait des forces françaises de Barkhane de la base de Ménaka le 13 juin, avant le dernier retrait définitif attendu en ce mois d’août 2022.

La base de Ménaka est située au sud-est du Mali dans la zone de sécurité enflammée des Trois Frontières, et représente le principal bastion de l’organisation Daech dans le Grand Sahara. Par conséquent, il est prévu que les forces maliennes, avec le soutien d’éléments de l’armée russe, notamment le groupe privé Wagner, s’empressera de s’y stationner pour prévenir tout vide sécuritaire.

A noter que ce retrait est intervenu après l’insistance des autorités de transition au Mali pour que les forces françaises quittent le pays “immédiatement” et “sans délai”, lui supprimant ainsi toute couverture légale ou juridique à leur présence sur ses terres, faute de quoi cela serait considéré une occupation.

Cela survient également après que Macron ait obtenu un deuxième mandat présidentiel en avril dernier, lui permettant d’initier un retrait discret du Mali.

Or, l’intensification des élections législatives françaises entre la coalition conduite par Macron et la coalition des partis de gauche conduite par Jean-Luc Melenchon, entre les deux élections (12 juin et 19 juin), ferait du retrait du Mali une carte que le président joue pour gagner les électeurs qui rejettent l’implication de l’armée de leur pays dans les sables mouvants africains, après que des dizaines d’entre eux aient été tués dans une guerre qui ne semble pas avoir de fin proche.

Le timing de l’annonce de ce retrait n’est pas sans agenda électoral, d’autant plus qu’il a également coïncidé avec l’arrestation d’un leader de Daech dans le Grand Sahara, et ce à la veille du premier tour des élections législatives.

Le 15 juin dernier, l’armée française avait annoncé l’arrestation d’Umayyah Ould Al-Beqai, un dirigeant éminent de l’Etat islamique dans le Grand Sahara, dans la soirée du 11 au 12 juin, lors d’une opération des forces de Barkhane.

Par cette annonce, l’armée française tente de dissimuler qu’elle a été contrainte de se retirer sous la pression populaire et officielle au Mali, sans atteindre pleinement ses objectifs, laissant le champ libre à la Russie pour prendre sa place.

Mais cette arrestation n’a pas suffi à accorder à la coalition des partis soutenant Macron, le maintien de leur majorité au Parlement, puisque l’alliance de la gauche dirigée par Mélenchon, et de l’extrême droite dirigée par Marine Le Pen, a gâché la joie de la victoire de Macron, l’obligeant à s’allier avec des partis rivaux pour former un gouvernement de coalition.

Qui encercle qui ?

La préoccupation de la Russie pour la guerre en Ukraine ne l’a pas empêchée de renforcer sa présence au Mali, malgré la convocation de membres de Wagner de Libye pour combattre dans la région du Donbass à l’est de l’Ukraine, selon les médias occidentaux.

Cela reflète l’importance du Mali dans la stratégie russe de recherche de nouveaux espaces vitaux pour éviter son encerclement dans son espace eurasien, en remportant des victoires sur la France sans affrontement direct sur la côte africaine.

Deux jours après le retrait des forces françaises de la base de Ménaka au Mali, Macron s’est rendu en Ukraine, accompagné des dirigeants allemand et italien pour confirmer le soutien des trois plus grandes économies européennes à Kiev face à l’armée russe.

Macron a laissé de côté la campagne électorale de son parti et a jeté son poids dans la guerre ukrainienne contre la Russie, et a fait des déclarations à la presse aux implications profondes, depuis Kiev, dans lesquelles il a déclaré : « L’Ukraine appartient à la famille européenne, et c’est un signal fort que nous envoyons en Russie, nous soutenons l’Ukraine et nous ferons tout notre possible pour remporter la victoire ».

C’est un message français destiné à Moscou, ses connotations peuvent se résumer en une phrase que : « Vous les Russes, si vous nous avez gagnés au Mali… nous vous ferons souffrir en Ukraine ».

L’affrontement russo-français ne s’arrêtera pas en Afrique, mais sera transféré en Europe de l’Est, où Paris estime que la bataille y sera plus juste, et les Russes seront vidés militairement, médiatiquement et des droits de l’homme.

L’opération française Barkhane au Mali a fait, certes, l’objet d’attaques médiatiques et cybernétiques russes, d’accusations de ciblage de civils innocents et de violations des droits de l’homme dans la région.

Sans le moindre doute, ces accusations ont embarrassé Paris à l’international, d’autant plus que des enquêtes indépendantes ont confirmé le bien-fondé de certaines d’entre elles, ce qui a déformé l’image de la France, qui a toujours « fait craquer » les pays du monde en défendant les droits de l’homme, alors que ses pratiques sur le territoire étaient « laides », selon les observateurs.

La force internationale MINUSMA en sera-t-elle la victime ?

Les forces onusiennes au Mali, rassemblées au sein de la “MINUSMA”, représentent le maillon le plus faible du conflit entre la France et la Russie, malgré leur nombre important d’environ 12.000 soldats, plus de 1.700 policiers et plus de 1.800 civils, soit un total de plus de 15.500 éléments , selon les médias français.

On sait qu’il n’appartient pas aux forces de l’ONU de traquer les groupes armés, et elles peuvent difficilement se défendre, et encore moins protéger les civils dans le nord du Mali, ce qui les rend plus vulnérables aux attaques des terroristes.

L’intensification des attentats commis par des groupes armés contre les forces des Nations Unies coïncide avec le retrait français, d’une part, et le conflit avec les Russes, d’autre-part, qui s’est étendu jusque dans les couloirs du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a débattu le 13 juin du renouvellement du mandat de la MINUSMA au Mali pour une année.

MINUSMA au MALI

L’armée malienne cherche à étendre son contrôle sur le nord du pays, où les militants touaregs sécurisent la zone en coordination avec les forces françaises et internationales.

Après le départ des Français, l’entrée de l’armée malienne dans les régions du nord sans coordination avec les Touareg entraînerait des frictions entre les deux parties menaçant de saper l’accord d’Alger signé en 2015.

C’est pourquoi l’on juge que la situation au Mali est critique et a besoin de nouvelles dispositions sécuritaires pour éviter son effondrement, face à l’intensification des attaques perpétrées par les groupes armés contre les forces onusiennes, comme les Touareg, et l’escalade du conflit russo-français en essayant de lier le Front de l’Europe de l’Est avec le Sahel africain.

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