Cargo à voile : solution d’avenir pour le commerce entre La Réunion, Madagascar, les Comores, Mayotte et les Seychelles

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Cargo à voile : solution d’avenir pour le commerce entre La Réunion, Madagascar, les Comores, Mayotte et les Seychelles
Cargo à voile : solution d’avenir pour le commerce entre La Réunion, Madagascar, les Comores, Mayotte et les Seychelles

Africa-Press – Comores. Si une ligne maritime à la voile reliera Marseille à cinq ports de Madagascar et Mayotte dans 3 ans avec des marins payés selon le Code du travail français, pourquoi ne pas envisager un tel mode de transport pour relier les ports de notre région ? Les distances sont beaucoup plus courtes, et mettent La Réunion à quelques jours de mer à la voile de tous les ports de nos voisins. C’est une alternative à ne pas négliger dans le cadre de la création d’une compagnie maritime régionale. Elle placerait notre région dans le peloton de tête de la nouvelle civilisation, économe en CO2, qui organise ses échanges commerciaux dans la proximité, autour d’un moyen de transport écologique et pas cher.

Le 21 juillet dernier, « Made in Marseille » annonçait l’ouverture pour 2025 d’une ligne entre Marseille et plusieurs ports de Madagascar assurée par un cargo à voile, avec des marins mieux payés car pas sous le régime d’un pavillon de complaisance :

« Windcoop, une nouvelle compagnie maritime coopérative et militante. En 2025, elle compte faire partir de Marseille la première cargaison de son futur porte-conteneurs à voiles, pour relier Madagascar.Windcoop veut mettre la barre encore plus haut avec son futur porte-conteneurs de 85 mètres dont la construction est prévue en 2023 pour 20 millions d’euros. La cime des mâts atteindra 62 mètres de hauteur. Grâce à 2 340 m² de voiles, il pourra transporter jusqu’à 100 conteneurs pour 1 400 tonnes de marchandises. », annonçait le 21 juillet dernier « Made in Marseille ».

« Avec une vitesse moyenne de 8 nœuds (15 km/h), les trajets risquent d’être trois fois plus lents que pour le transport maritime à moteur, plus proche des 25 nœuds (45 km/h). La coopérative annonce une différence de coût pour le transport de conteneur « quasi nulle à l’exploitation entre Windcoop et un porte-conteneur de taille équivalente ». La gratuité du vent, non indexé sur le cours pétrolier et ses fluctuations, explique en partie ce résultat.

La compagnie entend donc être attractive sur d’autres aspects. Comme la rapidité et la facilité de chargement et déchargement grâce aux grues embarquées de son navire. Mais surtout sur la question écologique : la propulsion vélique « permettra d’économiser jusqu’à 90 % en énergie fossile sur une ligne transatlantique », rappellent les fondateurs de Windcoop ».

Dimension sociale

L’aspect social n’est pas oublié :

« Le nouvel acteur bouscule le transport maritime de marchandises en proposant une compagnie maritime en coopérative ouverte à tous et militante :

– L’engagement écologique et social : Windcoop a pour objectif de définir un modèle de compagnie maritime vertueux pour ses employés, ses membres d’équipage, de faire des choix stratégiques pertinents pour les territoires, d’oeuvrer pour la réduction de l’impact du transport maritime

– L’implication citoyenne : Windcoop ambitionne d’être la première compagnie maritime composée de milliers de sociétaires rassemblés pour développer un nouveau modèle économique du transport de marchandises plus durable et plus réaliste.

– La transparence : chez Windcoop la gouvernance est partagée, ainsi l’ensemble des sociétaires (clients, consommateurs, partenaires…) seront impliqués et accèderont au même niveau d’information stratégique et financière. »

Une délégation de Windcoop visite le port de Toamasina

Hier, l’Agence Taratra annonçait que la Société du Port autonome de Toamasina (SPAT) à Madagascar a confirmé l’information. Sur sa page Facebook, la SPAT présente depuis hier la visite d’une délégation de la compagnie Windcoop :

« « Cette semaine nous avons eu la visite de l’équipe de Windcoop au Port de Toamasina.

Dirigée par sa Directrice Générale, Louise Chopinet, accompagnée par l’équipe d’Alexandre Malheiro, Représentant de FTL (Freight and Transit Company Limited) Madagascar et RAFANOELY Hery Lalaina Branch Manager de JET TRANSIT ; cette délégation a effectué une première visite auprès du Directeur Général de la SPAT – Port Toamasina dans le cadre la mise en place de la route maritime directe reliant Marseille et Madagascar prévue pour 2025 ». »

« L’unique ligne directe France-Madagascar »

Le 7 septembre, le Port autonome de Toamasina décrivait le projet :

« Les temps de transports sont, de fait, très longs et surtout irréguliers pour ceux qui exportent ou importent de Madagascar. Trois entrepreneurs (la Coopérative Energétique ENERCOOP, l’Entreprise Zéphyr & Borée et la Société d’Importation d’épices et des plantes médicinales ARCADIE) ont décidé de se lancer dans un projet Inédit sous forme de SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) dont voici l’aperçu :

– Transport décarboné

– Propulsé majoritairement par 2.350m² de voiles reparties sur deux mâts

– Cargo de 85 mètres de long pour 100 conteneurs de 20 pieds, soit environ 1.400 T de fret

– Lentement mais sûrement, vitesse de croisière autour de 8 nœuds (15km/h)

– 35 jours pour faire le trajet Marseille-Madagascar

– Moins rapide mais moins de 724 T de CO² par trajet par rapport aux porte-conteneurs les plus récents

– L’unique ligne directe France-Madagascar

– WINDCOOPCARGO collaborera avec Jet Transit de FTL pour les escales Malagasy »

Idée révolutionnaire pour une compagnie maritime régionale

Qui peut le plus peut le moins. En effet, si une ligne maritime à la voile reliera Marseille à cinq ports de Madagascar et Mayotte dans 3 ans, pourquoi ne pas envisager un tel mode de transport pour relier les ports de notre région ?

Les distances sont beaucoup plus proches, et un temps de trajet multiplié par trois n’a pas un impact important. Entre Madagascar et les Comores, moins de deux jours de mer sont possibles à la voile. Entre Maurice et La Réunion, cette durée tombe à un peu plus d’une demi-journée. Madagascar sera à trois jours de mer de La Réunion au maximum.

La mise de fonds est connue également : 20 millions d’euros pour un cargo capable de transporter 100 containers de 20 pieds, jusqu’à 1400 tonnes de marchandises. Le carburant est le vent, et la société coopérative Windcoop va payer ses marins selon les lois françaises, c’est-à-dire une rémunération bien plus importante que celle des marins qui ravitaillent les Réunionnais et qui travaillent sous des pavillons de complaisance. Pour le prix d’un cargo à moteur, il est ainsi possible d’avoir toute une flotte de voiliers capables de relier La Réunion à tous les ports malgaches ainsi que celui de Maurice en quelques jours, et ceux des Comores en moins de deux semaines.

C’est une alternative à étudier dans le cadre de la création d’une compagnie maritime régionale. Elle permettrait de garantir aux marins des revenus suffisants pour vivre à La Réunion. Elle placerait notre région dans le peloton de tête de la nouvelle civilisation, économe en CO2, qui organise ses échanges commerciaux dans la proximité, autour d’un moyen de transport écologique et pas cher.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Comores, suivez Africa-Press

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