Ce qui dit France Diplomatie sur le Fcfa (discours officiel)

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Ce qui dit France Diplomatie sur le Fcfa (discours officiel)
Ce qui dit France Diplomatie sur le Fcfa (discours officiel)

Africa-Press – Comores. La coopération monétaire entre l’Afrique et la France : le franc CFA

La France est liée par des accords de coopération monétaire avec trois zones monétaires africaines : l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et l’Union des Comores.

Le franc dit « CFA » désigne en réalité 3 monnaies distinctes et suscite parfois des interrogations, voire peut faire l’objet de certaines contre-vérités.

Retour sur les questions fréquemment posées.

Sommaire
1/ Franc CFA : quels sont les pays concernés ?
2/ Quel est l’intérêt de cette coopération monétaire pour les pays africains ?
3/ Le franc CFA est-il une monnaie imposée par la France ?
4/ Quelle est la place de la France dans ces dispositifs ?
5/ Pourquoi réformer la coopération monétaire en UEMOA ?
6/ Pourquoi les francs CFA sont-ils imprimés en France ?
1/ Franc CFA : quels sont les pays concernés ?
Le franc CFA est la monnaie commune aux États de la « zone franc » créée à la fin des années 1930, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Elle est constituée de 3 zones qui disposent chacune d’une banque centrale et de leur propre monnaie :

la zone de l’Union monétaire Ouest africaine (UMOA) est composée de 8 États membres : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Ces pays utilisent le franc CFA d’Afrique de l’Ouest (ou XOF),
la zone de l’Union monétaire d’Afrique centrale (UMAC) est composée de 6 États membres : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad. Ces pays utilisent le franc CFA d’Afrique centrale (ou XAF),
l’Union des Comores utilise le franc comorien (ou KMF).
2/ Quel est l’intérêt de cette coopération monétaire pour les pays africains ?
La coopération monétaire offre un cadre économique stable pour la conduite des politiques économiques des 3 zones.

L’ancrage à l’euro a plusieurs avantages : il offre aux économies une meilleure résistance aux chocs macroéconomiques et permet de maitriser l’inflation en assurant la stabilité de la devise, ce qui est favorable aux échanges et aux investissements.

La relative résilience des pays de de la Zone franc face à la crise sanitaire en 2020 par rapport au reste de l’Afrique subsaharienne en témoigne : +0,3% de croissance en 2020 contre -1,7% de récession en Afrique subsaharienne (FMI, octobre 2021). L’ancrage à l’euro n’est pas problématique pour les exportations de la zone en particulier pour les économies exportatrices de matières premières dont les cours sont fixés sur les marchés internationaux.

3/ Le franc CFA est-il une monnaie imposée par la France ?
Non. Chaque pays est libre de quitter la zone franc de manière temporaire (comme l’a fait le Mali) ou définitive (comme la Guinée, la Mauritanie et Madagascar).

Les États ont souverainement décidé de créer ou de rejoindre la zone franc (comme la Guinée Bissau, seul pays non francophone de la zone) et de s’y maintenir.

La participation des pays membres repose sur des accords bilatéraux et, depuis 1962, sur des accords de coopération avec les Unions monétaires régionales.

4/ Quelle est la place de la France dans ces dispositifs ?
La souveraineté monétaire et les décisions sont de la responsabilité des 3 Banques centrales communes et indépendantes, où siègent les États membres de la zone franc :

la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Sénégal ;
la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) au Cameroun ;
la Banque Centrale des Comores (BCC).
Les décisions de politique monétaire sont prises à l’échelle régionale.

Avec la réforme de la coopération monétaire en zone UEMOA annoncée en 2019 (lire ci-dessous), la France n’est plus présente dans les instances de gouvernance de la BCEAO.

La France ne dispose que d’une représentation minoritaire au sein du Comité de Politique monétaire et du Conseil d’administration de la BEAC (1 administrateur français sur 7).

Le Conseil d’Administration de la BCC est quant à lui composé de 8 membres désignés pour moitié par le gouvernement français.

Pour la France, la coopération monétaire offre une instance de dialogue avec l’ensemble des États de la zone et permet de promouvoir un cadre macroéconomique stable pour la conduite des politiques économiques. La France est naturellement attachée au développement, notamment économique, de ses partenaires.

5/ Pourquoi réformer la coopération monétaire en UEMOA ?
La coopération monétaire entre la France et l’UEMOA s’exerçait dans le cadre d’un accord datant de 1973.

A la demande des partenaires africains, il est apparu que moderniser cette coopération était nécessaire. La nécessité de cette réforme a été mentionnée par le président de la République dans son entretien avec le magazine Jeune Afrique en novembre 2020. Elle s’inscrit dans le prolongement de son discours à l’Université de Ouagadougou en novembre 2017 et a été rappelée lors du Nouveau Sommet Afrique-France en octobre 2021.

Les discussions entre les parties prenantes initiées depuis plusieurs années ont abouti à la signature, le 21 décembre 2019, en marge d’une visite présidentielle en Côte d’Ivoire, d’un nouvel accord de coopération monétaire entre la France et l’UEMOA.

La réforme repose sur les 4 axes suivants :

le changement de nom de la devise : les autorités de l’UEMOA ont indiqué leur souhait de passer du « franc CFA » (XOF) à l’« ECO ». Le choix du nom de la devise est du seul ressort de nos partenaires de l’UEMOA ;
la suppression de l’obligation de centralisation des réserves de change sur le compte d’opérations au Trésor français ;
le retrait de la France des instances de gouvernance de la Zone, ;
la mise en place concomitante de mécanismes ad hoc de dialogue et de suivi des risques (notamment reporting).
Le régime de change reste toutefois inchangé, avec le maintien de la parité fixe entre l’euro et la devise de l’Union, ainsi que le maintien de la garantie de convertibilité assurée par la France.

L’accord du 21 décembre 2019 est complété par une convention de garantie, texte d’application de l’accord signé avec la BCEAO.

Le changement du nom de la monnaie, ses modalités comme son calendrier relèvent exclusivement des attributions souveraines de l’UEMOA.

6/ Pourquoi les francs CFA sont-ils imprimés en France ?
Ce sont les banques centrales africaines qui émettent les ordres d’impression de billets et pièces dans le cadre d’un contrat passé avec un opérateur, en l’occurrence la Banque de France.

L’impression des francs CFA, ainsi que des devises d’une vingtaine de pays, se fait ainsi à Chamalières par la Banque de France depuis sa création en 1945.

Les chefs d’État des pays de la Zone franc peuvent décider d’un commun accord de changer le lieu de fabrication.

De nombreuses autres monnaies en Afrique sont fabriquées dans des pays tiers car tous les pays ne disposent pas d’imprimeries dédiées :

le franc guinéen, le birr éthiopien, le shilling ougandais ou le pula botswanais sont ainsi fabriqués en Angleterre ;
l’ouguiya mauritanien, le nakfa érythréen, le shilling tanzanien ou le kwacha zambien sont fabriqués en Allemagne ;
le dollar libérien est imprimé aux États-Unis.
De la même manière, l’euro n’est pas fabriqué par les 19 pays membres de la zone euro : 11 imprimeries dans l’Union européenne sont ainsi chargées de la production de l’ensemble des billets.

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