Le Fonds Monétaire International est de retour

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Le Fonds Monétaire International est de retour
Le Fonds Monétaire International est de retour

Africa-Press – Comores. Cantonné à des appuis non conditionnés (Kenneth, Covid-19…) ces dernières années, le Fonds Monétaire International est de retour aux Comores, cette fois pour une assistance structurelle dans la mise en œuvre d’une vraie politique d’assainissement avec en point d’orgue l’augmentation des recettes budgétaires en élargissant l’assiette fiscale.

Ce retour intervient dans un moment charnier ou l’Etat comorien a engagé un certain nombre de réformes qui risquent d’être impactées par une conjoncture internationale des plus défavorables. « Après le cyclone Kenneth en 2019 et la pandémie de COVID-19 en 2020-21, la guerre en Ukraine a porté un nouveau coup dur au pays en provoquant une dégradation des termes de l’échange » comme ça été demandé dans la lettre d’intention du gouvernement comorien en sollicitant « l’achèvement de la deuxième et dernière revue au titre du programme de référence », l’appui du FMI dans le cadre d’un prêts de 43 millions de dollars étalé sur quatre ans au titre du programme Facilité Elargie de Crédit (FEC).

Cette nouvelle ère de coopération coïncide avec l’arrivée d’une nouvelle représentante résidente aux Comores, Rima Ariss Turk. Economiste formée à l’école libanaise plus particulièrement à l’Université Américaine de Beyrouth, elle a obtenu un doctorat en 2004 à la Cardiff Business School au Pays de Galles. Avant de rejoindre le FMI en 2013 en tant que Senior Economist, Rima Turk a enseigné les finances à l’Université Américaine de Beyrouth de 2004 à 2011. Concomitamment à son travail au FMI, la nouvelle représentante a aussi publié en compagnie d’autres chercheurs « Forte création de liquidités et faillites bancaires » ou encore « La religiosité contre effets de bien-être sur le comportement des investisseurs » des études dans des revues spécialisées (Journal of economic Behavior & organization , Journal of Financial stability forthcoming)*.

L’expérience et la compréhension des enjeux économiques de la nouvelle représentante d’origine libanaise peuvent être des atouts pour les autorités comoriennes dans la mise en œuvre des différentes réformes à venir et celles déjà demandées conformément aux engagements du gouvernement comorien. « Nous nous engageons de continuer à collaborer étroitement avec l’équipe du FMI au cours de l’exécution du budget et, si nécessaire, ferons des ajustements budgétaires. Étant donné que le fardeau de notre dette n’a cessé d’augmenter, reflétant les besoins substantiels du pays en matière de développement, nous tâcherons également de limiter les financements non concessionnels » peut-on lire dans le mémorandum de politiques économiques et financières (MPEF).

Dans ce document, le gouvernement comorien s’engage à limiter les effets néfastes. « Nos principaux objectifs à court terme seront de nous adapter aux chocs des prix des denrées alimentaires et du carburant tout en continuant à soutenir la reprise après la pandémie et à maintenir la viabilité de la dette » de l’inflation surtout auprès des populations les plus vulnérables. Sur le plan structurel, le gouvernement espère que la hausse des prix du riz ordinaire (20%) et des produits pétroliers de 25, 44, 40% pour l’essence, le diesel et le pétrole permettront à la SCH et l’ONICOR « d’être rentables à partir de 2023, et de commencer à rembourser leurs prêts, car la baisse attendue des prix mondiaux devrait faire baisser les coûts en dessous des prix de vente » et par effet d’entrainement de remettre à flot deux des anciens fleurons de l’économie comorienne qui sont depuis tombées dans un état de quasi-morbidité à cause d’un endettement sans précèdent.

Une situation symptomatique pour la plupart des sociétés d’Etat qui se retrouvent presque toutes dans le rouge, comme c’est le cas de la grande malade de l’Etat, la Société Nationale de l’Electricité (SONELEC). L’avenir de ce dernier reste hypothétique du moins dans sa forme actuelle. « La société d’électricité SONELEC mettra plus de temps à devenir rentable, en raison des coûts de production élevés et des inefficacités de la distribution. Un plan est en cours d’élaboration pour assurer la transition de la SONELEC vers des technologies plus efficaces » avance le mémorandum. Une perspective qui n’est pas pour éclairer la lanterne des comoriens qui ont pris l’habitude de vivre comme un éternel retour les aléas de l’électricité qui reste l’une des reformes (jamais achevée) prioritaires que se fixent les gouvernements successifs depuis presque trente ans.

Sur le plan du contrôle budgétaire, le gouvernement promet des efforts sur la gestion de la masse salariale « en s’appuyant sur la récente fusion de trois bases de données salariales insulaires distinctes en une seule base de données nationale » par l’unification d’un seul fichier. » Une réforme qui peut mettre fin du moins atténuer le phénomène des fonctionnaires fantômes au niveau de la fonction publique.

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