Africa-Press – Comores. Des incidents survenus à Dar es Salam dans un navire battant pavillon comorien ont fait trois morts entre jeudi 29 février et dimanche 3 mars. Le flou règne encore sur l’origine de ces tristes épisodes.
Les victimes sont toutes de nationalité comorienne. Dimanche 3 mars deux marins travaillant pour la société comorienne de navigation maritime nationale maritime (Soconam) ont été tués dans une explosion sur le bateau Falki Ndjema, appartenant à l’État. C’est la deuxième explosion mortelle survenue dans ce porte-conteneur en seulement 72h. Le premier incident est survenu jeudi. Il a emporté un quadragénaire dont le corps est rapatrié aux Comores le samedi. « L’explosion est survenue pendant le soudage d’une structure métallique servant au transport des bovins. Une étincelle a du tomber dans la citerne qui sert à transporter des carburants », nous confie une source au sein de la Soconam. Elle précise que le conteneur « n’a pas été nettoyé » après avoir servi au transport de carburant entre Anjouan et Mohéli, avant que le navire ne mette le cap vers Dar es Salam le dimanche 25 février, où il a jeté l’ancre deux jours plus tard, soit mardi.
Quant aux deux décès survenus dimanche, les circonstances de l’explosion ne seraient pas liées aux travaux de soudage toujours selon la même source. Elles seraient plutôt d’origine « criminelle ». « Des hommes d’affaires de Zanzibar qui ont l’habitude de louer le bateau pour le transport de leurs marchandises, dont du ciment, réclamaient 60 millions de nos francs à Soconam. Ils sont partis à l’hôtel où loge notre directeur à Dar es Salam pour le voir. Ils lui ont dit que s’il ne rembourse pas l’argent qu’ils ont avancé, ils vont reproduire la même chose que ce qui s’est passé jeudi », rapporte notre source qui, si elle commence à émettre des doutes sur l’origine de l’incident du jeudi, est convaincue que celui du dimanche est d’origine criminelle: « Ils ont dissimulé des mines dans le bateau », tranche celle qui affirme que les contrats entre Soconam et ces hommes visiblement peu recommandables, « ne passent jamais dans le cadre légal. L’argent va directement dans les poches d’un clan de quatre personnes à la tête de la Soconam ».
Falik Ndjema a été loué par une entreprise égyptienne qui a obtenu le marché des travaux d’extension du port de Bangoma à Mohéli, la plus petite île de l’archipel, pour transporter des engins, entre autres, de Dar es Salam à Bangoma. Les bovins ne faisaient pas partie des marchandises à transporter. Si notre interlocuteur ignore le montant exact de la location, il affirme en revanche qu’il varie « entre 45 millions et 90 millions de nos francs ». « Tout cet argent ne va pas dans les comptes de la Soconam, mais dans des poches. Il y a des agents qui n’ont pas reçu leurs salaires depuis 2 ans. Et d’autres qui accusent des arriérées de 9 mois ». La Gazette des Comores a tenté d’entrer en contact avec le directeur de la Soconam, actuellement à Dar es Salam, sans succès. Nos appels et nos messages WhatsApp sont restés sans réponse. Le régulateur du transport maritime, l’Anam, nous a annoncé qu’une équipe d’enquêteurs sera dépêchée à Dar es Salam ce mardi. « Il est trop tôt pour avancer sur les causes des incidents. Nous attendons les rapports des enquêteurs », esquive Said Salim, son patron. Les deux marins décédés dimanche ont été inhumés à Dar es Salam quand leur collègue mort jeudi a eu droit à un rapatriement pris en charge par…Soconam.
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Comores, suivez Africa-Press





