« La Russie est prête à entendre et à examiner les propositions de tous avec la prise en compte de la réalité du terrain et des préoccupations Russes »

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« La Russie est prête à entendre et à examiner les propositions de tous avec la prise en compte de la réalité du terrain et des préoccupations Russes »
« La Russie est prête à entendre et à examiner les propositions de tous avec la prise en compte de la réalité du terrain et des préoccupations Russes »

par AS Badraoui

Africa-Press – Comores. En visite à Moroni pour une rencontre avec le ministre des affaires étrangères Dhoihir Dhoulkamal, l’Ambassadeur de la Fédération de Russie en Union des Comores avec résidence à Antananarivo, Andrey Andreev a accordé une interview à La Gazette des Comores / HZK-Presse. C’était l’occasion de revenir sur les relations entre les deux pays.
Question : Depuis trois mois la Russie mène une intense activité diplomatique aux Comores, par des visites de haut niveau. Que doit-on comprendre de ce regain d’activité diplomatique ? Est-ce que c’est ce qui vous amené à rencontrer le ministre Dhoulkamal ?
Andrey Andreev : Je voudrais tout d’abord dire que la Russie et les Comores sont liées par une longue tradition de relations amicales et la Russie a toujours gardé des contacts politiques avec les Comores. Moi en tant qu’ambassadeur de la Fédération de Russie à Madagascar accrédité en Union des Comores, j’ai toujours fait en sorte que ces relations soient meilleures, c’est ce qu’on a évoqué d’ailleurs avec le président Azali quand il m’a reçu mardi dernier. Avec le ministre Dhoulkamal, nous avons évoqué le prochain sommet de Saint-Pétersbourg où les Comores vont prendre part avec une forte délégation conduite par le président Azali en personne.

Question : Sur une échelle de 1 à 10, ou doit-on placer la relation Comores-Russie ?
A.A : C’est très difficile de quantifier et de mesurer sur une échelle nos relations, mais je sais que nous entretenons des relations amicales avec les Comores, et que nous avons toujours soutenu les initiatives de l’Etat comorien vers le développement.

Question : La présence de la Russie est plus visible dans les pays en crise comme en République Centrafricaine ou en Afrique de l’Ouest. La Russie se nourrit-elle du malheur des africains ? Concrètement quelle est aujourd’hui la politique africaine de la Russie ?

A.A : Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses. La Russie a toujours entretenue des relations amicales avec les pays africains dans l’égalité et dans le respect de leur souveraineté. C’est une vision occidentale de présenter les choses pour accuser la Russie à tort. La Russie lutte aujourd’hui pour avoir des relations stables avec les pays africains. La présence du groupe Wagner en Afrique ne relève pas de l’Etat Russe, c’est une organisation privée qui traite avec des pays souverains en suivant les normes de ces pays.

Question : La Russie va accueillir fin juillet le deuxième sommet Russie-Afrique. Au fond que va proposer la Russie aux africains comme modèle de développement à Saint-Pétersbourg ?
A.A : Nous allons élaborer avec les pays africains, lors de ce sommet une vision commune du monde. La Russie et les pays africains partagent ensemble la vision multipolaire du monde, donc nous allons continuer dans ce sens, nous allons continuer à développer nos relations de façon amicale avec les pays africains dans le respect mutuel sans vouloir s’ingérer dans les affaires intérieurs de ces pays. Ca a toujours été le principe qui a prévalu auparavant, qui existe et qui va exister et prévaloir dans la politique étrangère de la Russie en ce qui concerne sa relation avec les pays africains.

Question : Justement en parlant de la relation de Russie avec l’Afrique, une forte délégation de chefs d’Etats africains dont le président Azali se rendra à Moscou et à Kiev pour chercher des voies de solution pour sortir de la guerre. Quelle est votre appréciation de cette implication africaine ?
A.A : La Russie sera ravie d’accueillir cette délégation de chefs d’Etats africains étant donné notre vision commune sur le sujet. La Russie partage l’initiative des pays africains à trouver une issue pacifique à la guerre en Ukraine. En temps, la Russie rejette la position occidentale qui met en avant des ultimatums qui visent à infliger une défaite et une capitulation de la Fédération de Russie. La Russie est prête à entendre et à examiner les propositions de tous avec la prise en compte de la réalité du terrain et des préoccupations Russe en ce qui concerne sa sécurité, tout ça dans l’optique de rechercher la paix dans des négociations et un dialogue équitable. Dans ce contexte, nous croyons que la mission de l’Union Africaine sera très difficile de l’autre côté à Kiev, car avec l’instigation des pays occidentaux l’Ukraine n’aspire pas à la paix mais vise à infliger une défaite à la Russie. Les pays occidentaux qui dirigent on peut dire l’Ukraine se sont prononcés à plusieurs reprises contre toute initiative de paix et ont rejeté de prendre en compte les préoccupations Russes en matière de sécurité. Actuellement, il sera fort difficile de faire convaincre le président Zelinsky de faire preuve d’une certaine sensibilité qui va nous amener à la Paix

Question : Les Comores assurent actuellement la présidence de l’Union Africaine, parmi les missions assignées au président Azali, c’est de faire avancer le dossier de l’intégration de pays africains au conseil de sécurité des Nations Unies. Quelle est la position de la Russie sur ce dossier ?
A.A : La position de la Russie est bien connue la dessus, nous soutenons complètement l’inclusion de pays africain au sein du conseil de sécurité de l’ONU. On croit vraiment que les pays en développement doivent être plus représentés au conseil de sécurité.

Question : On vous accuse d’utiliser des forces paramilitaires comme milices supplétifs en Afrique, on parle du groupe Wagner. Certains n’hésitent pas à faire le rapprochement avec une période très sombre de l’histoire politique de l’Afrique, celle du mercenariat. Quelle est votre réponse face à ces accusations ?
A.A : Malheureusement cette question a été soulevée par les occidentaux, c’est une façon pour eux d’entraver le développement des relations amicales avec les pays africains en accusant la Russie sans fondement de mener ces activités. Particulièrement, il y’a ces rumeurs très rependues actuellement sur les activités du groupe paramilitaire Wagner qui essaierait de s’immiscer dans les affaires intérieurs de pays africains. A maintes reprises, la partie Russe a réfuté ces accusations. En fait, le groupe Wagner mène ses activités dans des pays africains, mais je voudrais souligner que c’est une compagnie privée qui n’a rien avoir avec l’Etat Russe, en plus ce groupe mène ses activités en pleine conformité avec les accords conclus entre les dirigeants des pays africains pour former du personnel et assurer la sécurité des pays africains. Tout ce que ce groupe fait en Afrique a été préalablement défini par des accords avec les pays où il se trouve. La Russie a toujours bâti ses relations avec les pays africains sur la base d’égalité, du respect mutuel et de la non-ingérence des affaires intérieures des pays africains.

Question : Les BRICS en tant qu’organisation politique attirent de plus en plus de candidats qui veulent intégrer ce club fermé. Est-ce que les BRICS n’est pas une sorte de revanche de la Russie après avoir été chassé du G7 ? A terme est-ce que les BRICS peuvent-ils jouer le rôle de contre poids face à des organisations telles que le G7 ou le G20 ?
A.A : Absolument pas, on ne peut dire cela. En même temps, je voudrais souligner qu’il a été créé sur la base du renforcement de la coopération mutuellement avantageuse entre ses membres, il n’y a pas d’engagement politique que la Russie pourrait utiliser pour imposer sa vision à d’autres pays. Quand on prend l’exemple d’organisation telles l’Union Africaine, l’OTAN ou le G7, il y’a des puissances occidentales qui essaient dans ces structures d’imposer leurs engagements à d’autres pays, par exemple dans leur position face à la Russie, alors que dans le BRICS les pays ont chacun leur vision sur n’importe quel sujet même face à leur relation avec la Russie. L’attraction du BRICS actuellement est dû au faite qu’il y’a un principe de renforcement de la coopération avantageuse entre les membres. Aucun pays dans les BRICS n’essaye d’imposer sa vision sur les autres membres, toutes les questions sont réglées sur la base d’un consensus commun.

Question : Monsieur l’Ambassadeur, est ce que vous pensez que nous sommes face à un nouvel ordre mondial et quels sont les relents ?
A.A : Oui, c’est une chose certaine, actuellement le monde traverse une période difficile. On vit actuellement la transition du monde unipolaire à un mode multipolaire, et cette transition se passe mal car les pays occidentaux utilisent tous les moyens y compris mensongers et provocateurs pour garder leur hégémonie dans le monde, pour entraver l’émergence d’autres centres vers une multipolarité. La situation en Ukraine est un bon exemple car, les pays occidentaux voient la Russie comme quelque chose qui peut stopper leur hégémonie, c’est la cause de la crise en Ukraine. Néanmoins, on est sûr que la transformation du monde vers la multipolarité a déjà commencé, c’est une question de temps et de circonstance.

Question : Monsieur l’Ambassadeur a votre avis, quel est l’avenir de la Russie dans les relations internationales dans la forme actuelle ?
A.A : Comme je l’ai déjà dit, le processus pour l’installation de ce nouvel ordre mondial est inévitable. Je suis sûr qu’il y’aura un renforcement de la Russie dans la communauté internationale. Je pense que nous pouvons atteindre nos objectifs dans cette confrontation avec les pays occidentaux. Comme nous l’avons dans la nouvelle conception de la politique extérieure de la Russie, nous allons être parmi les pays avancés dans la communauté internationale étant donné sa participation au conseil de sécurité des Nations-Unies ainsi que sa participation dans d’autres organisations internationales. Une légitimité que la Russie continuera à avoir étant donné sa victoire lors de la seconde Guerre mondiale.

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