L’avocate Maliza Youssouf saisit la Cour Suprême

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L’avocate Maliza Youssouf saisit la Cour Suprême
L’avocate Maliza Youssouf saisit la Cour Suprême

Africa-Press – Comores. Dans sa requête, Me Maliza Youssouf Said Soilihi requiert à la Cour Suprême, section constitutionnelle et électorale de reconnaitre et d’affirmer le droit de la diaspora comorienne à participer pleinement et effectivement aux prochaines élections conformément aux dispositions constitutionnelles et au code électoral. L’audience est prévue de se dérouler ce samedi matin.

L’avocate issue de la diaspora a déposé le 20 aout dernier une requête auprès de la Cour Suprême des Comores, visant à garantir l’effectivité du droit de vote pour la diaspora à l’approche des échéances électorales présidentielles de janvier 2024. L’enjeu est de taille. Les Comoriens de la diaspora, dispersés principalement en France, au Maroc, au Sénégal, à Madagascar et dans d’autres pays, constituent une partie significative de la nation comorienne. Ils ont, au fil des décennies, contribué au développement économique, culturel et social du pays, envoyant des fonds, soutenant leurs familles restées au pays et propageant la culture comorienne à l’étranger. Mais malgré leur contribution, ils demeurent en marge de l’un des processus les plus essentiels de la démocratie : le vote. « La question du droit de vote pour la diaspora n’est pas nouvelle. Elle a été soulevée à plusieurs reprises, notamment lors des élections précédentes. Néanmoins, alors que d’autres pays ont réussi à intégrer leur diaspora dans le processus électoral, les Comoriens de l’extérieur attendent toujours de participer pleinement aux décisions qui façonnent l’avenir de leur patrie », avance-t-elle.

Et d’enchainer : « Nous avons déposé une requête auprès de la Cour suprême visant à obtenir l’effectivité du droit de vote de la diaspora. Il faut savoir que cette question est cruciale et qu’elle est anciennes. J’en veux pour preuve le fait que une loi avait déjà été votée sous la présidence de Dhoifir Bounou qui était là alors président de l’Assemblée nationale et qu’à ce jour, ce droit de vote n’est toujours pas effectif. Pourtant la Constitution le prévoit et le code électoral qui a été récemment promulgué, le prévoit également mais aucune mesure n’avait été prise afin que ce droit soit effectif ». Sur les mesures qui doivent être mises en place, Me Maliza a parlé du recensement des électeurs potentiels.

« Il a fallu que la CENI propose au ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères de prendre un arrêté conjoint afin de définir les modalités de mise en œuvre du vote de la diaspora. Cette question est cruciale à la veille des élections. Il me semble que nous pouvons mettre en œuvre les bases nécessaires pour que ce vote soit effectif et ça permettra également de réfléchir aux prochaines échéances », indique-t-elle. Et d’ajouter : « Il faut rappeler qu’en 2025 auront lieu les élections législatives et que la loi prévoit deux siège pour la diaspora et le découpage électoral a omis de préciser. Comment vont être attribués ces sièges au sein de la diaspora parce que vous le savez, elle est éparpillée un peu partout dans le monde. Donc ce sont des sujets cruciaux. La diaspora a des droits, il faut les respecter ».

Avec les élections présidentielles prévues pour janvier 2024, l’urgence de la question est plus palpable que jamais. C’est pourquoi dans sa requête, elle demande à la Cour Suprême, section constitutionnelle et électorale de reconnaître et d’affirmer le droit de la diaspora comorienne à participer pleinement et effectivement aux prochaines élections, conformément aux dispositions constitutionnelles et au Code électoral, d’instruire et d’ordonner aux autorités compétentes de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’inscription des citoyens comoriens résidant à l’étranger sur les listes électorales, assurer l’organisation des bureaux de vote à l’étranger pour les prochaines échéances électorales prévues en janvier 2024 et de veiller à ce que tous les obstacles, qu’ils soient administratifs, techniques ou logistiques, entravant la participation électorale de la diaspora soient éliminés. L’audience est prévue de se dérouler ce samedi 02 septembre concernant sa requête.

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