Africa-Press – Comores. À partir du 1er août 2026, les États-Unis mettront en œuvre un plan ambitieux pour réorganiser les services de délivrance de visas en Afrique subsaharienne. Ce plan prévoit l’arrêt du traitement des demandes de visa dans plus de 25 ambassades et consulats, et la centralisation de ces services dans 20 centres régionaux répartis sur 19 pays. Cette initiative est considérée comme la plus importante de ce type dans le cadre de la réorganisation de la présence diplomatique américaine au cours des dernières années.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un plan lancé par le département d’État américain dans le cadre d’une réorganisation globale adoptée par l’administration de Donald Trump, qui inclut la réduction du nombre d’ambassades et de consulats américains habilités à délivrer des visas dans le monde, avec la fermeture d’environ 30 missions diplomatiques, marquant ainsi la plus grande réduction de la présence diplomatique américaine dans l’histoire récente.
Les pays d’Afrique subsaharienne seront les plus touchés par cette mesure, tandis que la réorganisation n’affectera pas les pays d’Afrique du Nord, car le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte ne seront pas concernés par ces nouvelles procédures.
Selon la décision, 25 ambassades et consulats américains dans 25 pays africains cesseront d’accepter et de traiter les demandes de visas d’immigration et de non-immigration à partir du 1er août 2026. Le département d’État américain a invité les candidats ayant des rendez-vous prévus dans ces missions à surveiller leur courrier électronique pour obtenir des instructions concernant le transfert ou la reprogrammation de leurs rendez-vous, ou toute autre démarche liée à leurs demandes.
De plus, le département a précisé que les candidats ayant déjà payé les frais de visa dans les consulats qui cesseront de fournir ce service devront prendre rendez-vous avant le 31 juillet 2026.
Ainsi, le nombre d’ambassades et de consulats américains traitant les demandes de visas en Afrique subsaharienne sera réduit d’environ 50 missions à seulement 20 centres régionaux, répartis sur 19 pays, avec deux centres en Afrique du Sud, l’un à Cape Town et l’autre à Johannesburg.
Les villes où les services de visa seront interrompus comprennent: Antananarivo (Madagascar), Abuja (Nigeria), Asmara (Érythrée), Bamako (Mali), Banjul (Gambie), Brazzaville (Congo), Bujumbura (Burundi), Conakry (Guinée), Cotonou (Bénin), Durban (Afrique du Sud), Freetown (Sierra Leone), Gaborone (Botswana), Harare (Zimbabwe), Juba (Soudan du Sud), Libreville (Gabon), Lilongwe (Malawi), Lusaka (Zambie), Maputo (Mozambique), Maseru (Lesotho), Mbabane (Eswatini), N’Djamena (Tchad), Niamey (Niger), Nouakchott (Mauritanie), Ouagadougou (Burkina Faso), et Windhoek (Namibie).
De nouveaux centres régionaux traiteront les demandes de visa dans les villes suivantes: Abidjan, Accra, Addis-Abeba, Cape Town, Johannesburg, Dakar, Dar es Salaam, Djibouti, Kampala, Kigali, Kinshasa, Lagos, Lomé, Luanda, Malabo, Monrovia, Nairobi, Port-Louis, et Praia, ainsi que Yaoundé.
Chaque centre régional sera chargé de recevoir les demandes de visa en provenance de plusieurs pays voisins. Par exemple, le centre de Dakar traitera les demandes des candidats en provenance de Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, de la Gambie et de la Guinée.
La région du sud de l’Afrique sera la plus touchée par cette réorganisation, car elle ne comptera que trois centres, dont deux en Afrique du Sud et le troisième dans la capitale angolaise, Luanda, tandis que la région de l’Afrique de l’Ouest disposera de sept centres régionaux pour servir 16 pays.
Il est prévu que le nouveau système impose des charges financières et logistiques supplémentaires aux candidats à un visa américain, car les citoyens des pays où les centres de visa ont été fermés devront se rendre dans un autre pays pour passer des entretiens et enregistrer leurs données biométriques, que ce soit pour obtenir des visas de tourisme, d’études ou d’immigration. Cela implique des coûts de voyage et d’hébergement, et dans certains cas, l’obtention d’un visa d’entrée dans le pays où se trouve le centre régional.
Des observateurs estiment que ces mesures s’inscrivent dans la politique de l’administration Trump visant à renforcer les contrôles en matière d’immigration, en rendant l’obtention d’un visa plus complexe, en plus des autres restrictions imposées par Washington, telles que l’interdiction de voyager pour les citoyens de certains pays africains et l’obligation pour les citoyens d’autres pays de fournir une garantie financière pouvant atteindre 15 000 dollars lors de la demande de visa, montant qui sera restitué après leur retour dans leur pays d’origine s’ils respectent la durée de séjour prévue.
Le département d’État américain a confirmé que cette réorganisation ne conduira pas à la fermeture complète d’une ambassade ou d’un consulat, précisant que les missions concernées par le plan continueront à fonctionner, mais se limiteront à fournir des services consulaires limités, y compris l’assistance aux citoyens américains et le traitement des cas exceptionnels liés à l’intérêt national ou aux visas diplomatiques.





