Africa-Press – Comores. Les propriétaires de la maison dans laquelle est enfermé l’ancien gouverneur d’Anjouan Abdou Salami Abdou réclament la fin du contrat de bail « même si les arriérés de loyer sont réglés en totalité ».
Le gouverneur déchu d’Anjouan, Abdou Salami Abdou, est sur le point de changer de lieu de détention. Et pour cause, les propriétaires de la résidence qu’il occupe depuis son arrestation en octobre 2018, transformée en prison annexe par les autorités judiciaires, exigent la fin du contrat de bail. « Depuis janvier de cette année, ils n’ont versé aucun centime pour un loyer qui s’élève 300.000 Fc/mois. En plus de ces arriérés inacceptables, l’état de la maison se dégrade de plus en plus faute d’entretien », fait savoir une source proche du dossier, contacté par nos soins. Un membre de cette famille propriétaire de ce duplex situé dans les hauteurs de Mutsamudu se trouve actuellement à Moroni à cet effet. Contacté, le ministre de la justice Djae Ahamada Chanfi nous a recommandé de nous approcher du procureur de la République de Mutsamudu car « c’est lui qui en sait plus sur ce dossier ». Son collaborateur, lui, bottera en touche nos sollicitations.
Abdou Salami Abdou était élu gouverneur d’Anjouan en 2016 sous les couleurs de Juwa, le parti de l’ancien président de la République Ahmed Sambi, lui aussi en détention depuis 2018. Il est déchu de ses fonctions fin 2018 après une manifestation transformée en guérilla urbaine entre civils armés et forces de l’ordre dans la médina de Mutsamudu. Poursuivi pour « atteinte à l’unité nationale, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à la sécurité publique », l’ex gouverneur est condamné à une peine de 12 ans de prison ferme à l’issue de son procès tenu au mois de mars 2020. Il est, avec quelques fidèles alliés, le grand absent dans la liste des personnes impliquées dans cette affaire dite de la médina, graciées par le chef de l’État Azali Assoumani à l’occasion de la fête nationale du 6 juillet. Comme nous l’avions indiqué dans notre édition du 11 juillet, l’ancien gouverneur pourrait être transféré dans un des domiciles de ses femmes.
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