CE Qu’Il Faut Savoir
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, les Comores ont célébré l’engagement pour une presse libre. La ministre Fatima Ahamada a souligné l’importance de la réflexion sur la démocratie, tandis que le SNJC a plaidé pour l’application du code de l’information et la protection des journalistes face aux menaces actuelles.
Africa-Press – Comores. À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée ce dimanche 3 mai, journalistes, autorités et citoyens ont affiché leur engagement commun en faveur d’une presse libre et protégée. Au-delà de la mobilisation, le Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC) appelle à l’application effective du code de l’information, condition essentielle pour structurer le paysage médiatique, soutenir la presse privée et renforcer la professionnalisation du métier.
Dans une atmosphère empreinte d’engagement, la ministre Fatima Ahamada a profité de cette tribune pour rappeler que cette journée est avant tout un moment de réflexion sur les fondements de notre démocratie. Placée sous le thème « Liberté et État de droit: trente ans de citoyenneté démocratique », cette célébration a mis en lumière des piliers essentiels comme le droit de savoir et celui d’informer sans crainte. Si le contexte international reste préoccupant avec un recul global de la liberté selon Reporters sans frontières, la ministre s’est réjouie de voir les Comores progresser de trois places pour atteindre le 72e rang mondial, un signe encourageant malgré des défis persistants.
Selon elle, deux grandes menaces pèsent aujourd’hui sur l’exercice du métier: l’insécurité liée aux tensions politiques, qui pousse certains États à restreindre les libertés, et la montée fulgurante de la désinformation sur les réseaux sociaux. Face à ces périls, le gouvernement dit privilégier une voie d’équilibre entre liberté et responsabilité, notamment à travers la réforme récente du code de l’information. Fatima Ahamada a d’ailleurs insisté sur le fait que défendre la vérité revient à défendre la nation, appelant les professionnels à une vigilance accrue pour préserver la crédibilité de leur mission.
Le président du SNJC, Chamsoudine Saïd Mhadji, a ensuite livré un plaidoyer vibrant, qualifiant la liberté de la presse de souffle vital de toute démocratie. Son intervention a été marquée par un hommage poignant aux figures disparues, notamment Ali Abdou, ancien président du syndicat dont l’engagement sera désormais perpétué par la création d’un prix annuel du meilleur journaliste engagé. Une pensée émue a également été adressée à Binti Mhadjou, ancienne chargée de la communication, ainsi qu’aux nombreux journalistes tués dans les zones de conflit à travers le monde.
Face à l’émergence de l’intelligence artificielle et à la prolifération de faux acteurs de l’information, le président du SNJC a rappelé l’urgence de garantir une information fiable par le respect du cadre légal et de la carte professionnelle. Tout en saluant le nouveau code de l’information promulgué en février 2026, il a plaidé pour son application effective et pour le déblocage de l’aide publique aux médias privés, condition sine qua non de leur survie économique. En annonçant une « Semaine de la liberté » pour août 2026, le syndicat a réaffirmé que si des progrès sont visibles, la liberté de la presse aux Comores demeure une conquête fragile exigeant un effort collectif et sincère. Il a profité de l’occasion appelle à une application du code de l’information, afin de permettre la mise en place de l’aide de l’État à la presse privée ; la régularisation des médias en ligne et le lancement d’une nouvelle campagne de délivrance des cartes de presse.
La Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque année le 3 mai pour promouvoir la liberté d’expression et le droit à l’information. Dans de nombreux pays, cette journée est l’occasion de réfléchir aux défis auxquels sont confrontés les journalistes, notamment la désinformation et les restrictions gouvernementales. Aux Comores, le Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC) joue un rôle clé dans la défense des droits des journalistes et la promotion d’un environnement médiatique sain. La situation de la presse dans le pays a connu des avancées, mais des défis persistent, notamment en matière de sécurité et de liberté d’expression.





