Africa-Press – Comores. Dans la nuit du 3 mars, un incendie s’est déclaré au Coraya, le restaurant situé en bord de mer, à Bandamadji, à quelques encablures d’Itsandra. D’importants dégâts matériels ont été enregistrés. Pour l’heure, la cause du sinistre n’est pas connue. La piste criminelle est tout de même privilégiée.
Le Coraya, célèbre restaurant et spot préféré de beaucoup de Comoriens et d’étrangers a été détruit par un terrible incendie. Les flammes ont consumé mobilier et appareils ménagers. Le restaurant qui a brillé de mille feux, a été réduit en cendres. L’origine du sinistre reste pour l’heure inconnue même si la piste criminelle est privilégiée.
Le drame a eu lieu dans la nuit du dimanche 3 mars à Bandamadji, un village situé au nord d’Itsandra et de Moroni, la capitale. C’est là, dans un décor de carte postale, avec une vue sur la mer et la médina d’Itsandra qu’est niché le Coraya depuis presque une décennie. En 9 ans d’existence, il a su se faire un nom et se hisser au sommet de la scène bistronomique comorienne, grâce au dévouement d’un couple de restaurateurs, Tahera et Mourtaza Mamadaly. Ils sont d’ailleurs déjà à pied d’œuvre pour le remettre en selle, une cagnotte a même été lancée pour collecter des fonds à cet effet sur Leetchi (https://www.leetchi.com/fr/c/le-coraya-a-pris-feu-sauvons-la-bistronomie-comorienne-1259781).
Ce drame a choqué le petit monde du tourisme. « Depuis de nombreuses années, Le Coraya a été bien plus qu’un simple restaurant. Il a été un partenaire précieux de l’Office national du tourisme des Comores (Ontc), s’engageant activement dans les différentes actions de promotion de notre belle destination. Son dévouement envers le tourisme aux Comores a été inestimable, et son excellence gastronomique a toujours été largement saluée, faisant de lui l’un des restaurants les plus appréciés de notre archipel », écrit dans un communiqué Mohamed Rachidi, le patron de l’Office du tourisme qui rappelle au passage que le restaurant a, à plusieurs reprises, obtenu une certification TripAdvisor avec des notes positives de nombreux voyageurs « grâce à son service exceptionnel et sa cuisine raffinée ».
Fort de son succès, Le Coraya a en effet accueilli plusieurs personnalités du monde entier et de chez nous. La sous-secrétaire d’État américaine Lynda Thomas en 2015, l’homme d’affaires français Éric Duval en 2017, la secrétaire générale de l’OIF Michaëlle Jean en 2018 ou encore le président de la République Azali Assoumani. Voilà qu’à la veille de son 10ème anniversaire, tout s’écroule. La romancière française Virginie Grimaldi n’a-t-elle pas écrit que « la vie c’est comme un château de cartes. On met un temps infini à le construire, on essaie de poser des bases solides, on monte un étage après l’autre, et puis, un jour, tout s’effondre » ?
Le Coraya, ce n’était pas que les fruits de mer, la vue imprenable sur la plage d’Itsandra, ou encore le clapotis des vagues. L’établissement a formé une quarantaine de jeunes dans le domaine de la restauration. L’actuel gérant du Coraya Express à l’aéroport de Hahaya a été recruté en tant que…plongeur, s’en souvient encore Mourtaza Mamadaly. « Nous lui avons appris à cuisiner et aujourd’hui il est parmi nos meilleurs cuisiniers. Il est le manager de notre équipe de Hahaya ».
Ce n’est pas la première fois que le restaurant fait face à un malheur. En 2019, il est victime du cyclone Kenneth, qui fait perdre au couple « 17 millions de nos francs ». Il l’avait alors fait renaitre de ses cendres. Aujourd’hui encore, Tahera et Mourtaza comptent le faire revenir à la vie. Pour cela, ils peuvent compter sur le « soutien » et la « solidarité » de l’ambassadeur de France aux Comores, Sylvain Riquier, qui, admirativement, décrit le restaurant comme « une institution qui mêle avec talent cuisine comorienne, française et de l’océan indien ».C’est sur X (anciennement Twitter) que le diplomate français s’est exprimé.
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