Le ShiKomori, riche d’adjectifs complexes

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Le ShiKomori, riche d'adjectifs complexes
Le ShiKomori, riche d'adjectifs complexes

Africa-Press – Comores. Une séance de description de la langue nationale (Shikomori) a été organisée le 7 mars dernier par l’association UONI au centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs). Cette séance a permis au responsable du laboratoire linguistique dudit centre, Djohar Abdou d’apporter une lumière sur les adjectifs complexes du Shikomori et leurs utilisations.

Afin de promouvoir le Shikomori au niveau du pays, le CNDRS et UONI ont organisé un moment de partage d’expériences liées à l’écrit et à l’oral de la langue comorienne. Lors de cet échange, le responsable du laboratoire linguistique du Cndrs, Djohar Abdou a montré que tout comme en français, il existe en Shikomori un bon nombre de séquences adjectivales qui s’utilisent uniquement à l’oral. « Ces adjectifs complexes n’ont jamais fait l’objet d’études dans le milieu linguistique comorien. Dans nos discours, ils sont en emploi prédicatif. Ils ont la même propriété syntaxique d’un adjectif qualificatif simple. Ces adjectifs sont remarquables du sous-type harumwa N. Par exemple: Harumwa kongoo. Harumwa mswimba ou du sous-type N+ni. Exemple: kongooni, Mswibani. Ces séquences adjectivales complexes expriment un état. Ils sont à la fois pronominale compatibles avec la position épithète et attribut. L’emploi de ces adjectifs complexes a également un certain degré de figement », explique-t-il

La langue comorienne est hybride dans la mesure où, elle est issue de plusieurs langues. « La langue comorienne est influencée par diverses langues africaines, arabes et européennes en raison de l’histoire de la région », poursuit le conférencier avant de rectifier que: « A l’écrit de Shikomori, on n’utilise pas de lettres françaises. On utilise des lettres latines qui s’utilisent en français, en anglais etc. ». Ce linguiste en sciences du langage a ainsi déclaré que la langue comorienne est agglutinante. « Le Shikomori est une langue agglutinante, c’est-à-dire que les affixes s’écrivent collés. Contrairement aux autres langues comme le français et l’anglais par exemple. Tout comme les langues vivantes, le Shikomori a des contraintes syntaxiques qui s’observent à l’écrit. La contrainte syntaxique s’observe lorsqu’on écrit car l’écriture obéit à des règles grammaticales obligatoires », souligne-t-il. La langue comorienne a connu des avancées extraordinaires mais le docteur Djohar a soutenu que plusieurs recherches sont encore inachevées.

Cette initiative rentre dans le cadre de la promotion et la valorisation de la culture et de la langue comorienne liée à plusieurs facteurs, notamment l’interaction avec d’autres langues, les échanges culturels et l’histoire politique des Comores. Le Shikomori connaît des évolutions au fil du temps, mais elle reste un élément important de l’identité culturelle des Comores. Le CNDRS s’engage dans ce processus afin de promouvoir l’éducation, la littérature et la musique. Et comme beaucoup de langues minoritaires, le comorien fait face à des défis tels que la mondialisation et la domination des langues plus largement utilisées. Malgré ces défis, elle continue de jouer un rôle vital dans la communication et l’expression culturelle des habitants des Comores, et son développement reste un aspect important de l’identité nationale et de la diversité linguistique de la région.

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