Ressentir L’Espace: Défi de Seehaptic pour Malvoyants

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Ressentir L’Espace: Défi de Seehaptic pour Malvoyants
Ressentir L’Espace: Défi de Seehaptic pour Malvoyants

Africa-Press – Comores. Du haut du dernier étage de l’Institut National des Jeunes Aveugles (INJA) à Paris, la start-up SeeHaptic, membre du campus Louis-Braille, s’est donnée un défi un peu fou: faire ressentir l’espace à des personnes malvoyantes.

Sur un large bureau sont disposés une ceinture lombaire noire ainsi qu’une tête de mannequin, équipée de lunettes. Lorsque quelqu’un passe devant elles, ce n’est plus le grincement du vieux parquet que l’on entend, mais une symphonie de cliquetis. Tout part de cette mini-caméra, perchée sur une des branches des lunettes, qui traque les faits et gestes de quiconque croise son chemin.

Une résolution de 1000 images par secondes

Une intelligence artificielle déterministe s’appuyant sur des réseaux de neurones traduit l’environnement de l’usager malvoyant ou non-voyant en une image tactile structurée: les impulsions dans la ceinture haptique (du grec háptô qui signifie le toucher). Cette dernière est composée de 256 petites bobines – des solénoïdes – réparties en huit unités. Le taux de rafraîchissement peut atteindre les 1000 images par seconde, dépassant celui d’un écran d’ordinateur ou de smartphone. Escalier, humains ou porte: le paysage se dessine dans le dos de manière continue, fluide et lisible.

Le dispositif SeeHaptic est enrichi par un module de reconnaissance optique de caractères et d’enseignes ou de panneaux. L’usager peut ainsi demander à une intelligence artificielle conversationnelle la couleur du T-shirt de son interlocuteur, ou les horaires d’ouverture d’une boulangerie, écrits sur sa devanture.

La substitution sensorielle, un concept qui ne date pas d’hier

C’est dans l’esprit de Rémi du Chalard qu’est née cette idée, en 2017. L’ingénieur se renseigne alors sur la substitution sensorielle et étudie les travaux du neurologue et inventeur de ce concept: Paul Bach-y-Rita. Dans les années 1980, le docteur américain réalise notamment de nombreuses expériences de remplacement de la vue par le toucher. “SeeHaptic ne montre pas ce que l’œil voit, mais ce que le cerveau s’attend à voir par le toucher, un sens plus créatif que la vision”, explique le fondateur de SeeHaptic. En 2024, l’invention a remporté la plus prestigieuse distinction du concours Lépine.

L’équipe de SeeHaptic a annoncé la pré-commercialisation de sa technologie au Consumer Electronics Show (CES), à Las Vegas, le lundi 5 janvier 2026. Après huit années de recherche et développement et plus de 300 tests utilisateurs, une étude clinique sera prochainement lancée pour documenter l’efficacité du dispositif. L’objectif, à terme, est que la technologie soit éligible au remboursement de l’Assurance Maladie.

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