Le Visa Schengen Freine-T-Il la Migration Africaine?

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Le Visa Schengen Freine-T-Il la Migration Africaine?
Le Visa Schengen Freine-T-Il la Migration Africaine?

Africa-Press – Congo Brazzaville. Avec chaque tour de vis européen sur l’octroi de visas, la question qui hante la politique migratoire de l’Union européenne se pose à nouveau: le système de visa Schengen réduit-il le nombre d’Africains arrivant en Europe, ou redistribue-t-il ces derniers vers d’autres itinéraires? En se référant aux chiffres officiels publiés en 2025 et 2026, on constate qu’ils offrent une image contrastée, ne permettant pas une réponse unique.

Chiffres des refus

Des données publiées par une source locale indiquent que les consulats de l’Union européenne et des pays associés à l’espace Schengen ont reçu plus de 12 millions de demandes de visa de court séjour en 2025, soit une augmentation de 4,3 % par rapport à 2024, et plus de 10 millions de visas ont été délivrés, bien que le nombre de demandes soit resté en dessous du niveau de 2019 (17 millions de demandes).

Selon la source, le taux de refus mondial a légèrement diminué à 14,6 % contre 14,8 % en 2024, mais les taux africains restent beaucoup plus élevés et évoluent dans deux directions. Ils ont augmenté au Sénégal à 51,9 % (contre 46,8 %), au Burundi à 53,4 % (contre 40 %), en République démocratique du Congo à 40,1 % (contre 29,9 %), et au Cap-Vert à 21,4 % (contre 13,4 %). En revanche, ils ont diminué en Algérie à 31 % (contre 35 %), et en Éthiopie à 34 % (contre 36,1 %).

Ces taux entraînent un coût financier direct, car les frais de demande de 90 euros (environ 97 dollars) ne sont pas remboursables en cas de refus. Une organisation non gouvernementale britannique s’intéressant aux questions migratoires a estimé que les Africains ont perdu environ 60 millions d’euros (environ 65 millions de dollars) en 2024 à cause des demandes refusées, concluant que le taux de refus augmente à mesure que le PIB par habitant diminue dans le pays d’origine.

Chiffres des frontières

Concernant les flux irréguliers, une source locale a annoncé que les passages irréguliers aux frontières extérieures de l’Union ont diminué de 26 % en 2025, atteignant environ 178 000, le niveau le plus bas depuis 2021.

La route de l’Afrique de l’Ouest vers les îles Canaries a enregistré la plus forte baisse avec 63 %, que la source a liée à la diminution des départs de Mauritanie, du Maroc et du Sénégal, et non à la politique des visas. La Méditerranée centrale reste l’itinéraire le plus actif, représentant 37 % du total des arrivées.

Cependant, une analyse publiée par une organisation britannique a rapporté que la Guinée est devenue un point de départ principal sur la route atlantique, en partie en raison du renforcement de la surveillance des frontières soutenue par l’Europe autour du Sénégal et de la Mauritanie.

Le visa comme outil de pression

La source locale utilise l’article 25(a) du code des visas pour restreindre l’octroi de visas aux citoyens de pays qui ne coopèrent pas suffisamment en matière de réadmission. Ce mécanisme a été appliqué à la Gambie en 2021 et à l’Éthiopie en 2024, et la source a proposé le 15 juillet 2025 de l’appliquer à la Guinée, incluant l’annulation des visas à entrées multiples et l’extension du délai de traitement de 15 à 45 jours.

Un responsable de la source a déclaré devant le parlement européen en janvier dernier que « les progrès observés avec la plupart des pays concernés montrent que le mécanisme est efficace pour renforcer la coopération en matière de réadmission », tout en reconnaissant que la seule menace n’a pas eu l’effet escompté dans des cas comme ceux du Sénégal, de la Somalie et de la Guinée. L’organisation a noté que les sanctions contre la Guinée n’avaient pas été effectivement mises en œuvre à la date de publication de son analyse, et que l’Éthiopie avait été exemptée des restrictions après une « amélioration substantielle et durable » de sa coopération.

Dans une étude publiée par une revue spécialisée, deux chercheurs ont conclu que l’exigence de visa réduit effectivement le nombre d’arrivées, mais diminue également le nombre de départs des mêmes pays, ce qui réduit l’impact net des restrictions.

Ils ont expliqué que les restrictions réduisent la mobilité aller-retour et poussent les migrants à s’établir de manière permanente plutôt qu’à revenir, rendant ainsi leur effet sur la migration nette ambigu.

Coût humain et contexte continental

Une organisation internationale a annoncé qu’au moins 7667 personnes sont mortes ou ont disparu sur les routes migratoires dans le monde en 2025, dont 2185 en Méditerranée et 1214 sur la route atlantique de l’Afrique de l’Ouest vers les îles Canaries, notant que le bilan réel est probablement plus élevé.

Cependant, ce débat ne représente qu’une partie de l’image, car un rapport sur la migration africaine publié par l’Union africaine et l’organisation internationale indique qu’environ 80 % de la migration des Africains se déroule à l’intérieur du continent.

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