Une banque africaine de l’énergie, pour quoi faire ?

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Une banque africaine de l’énergie, pour quoi faire ?
Une banque africaine de l’énergie, pour quoi faire ?

Africa-Press – Congo Brazzaville. Face à la pénurie des financements, l’Organisation des producteurs de pétrole africains (Appo) s’apprête à lancer une institution panafricaine pour que le continent finance lui-même ses projets fossiles à l’horizon 2024.

Bien décidé à ne plus dépendre des bailleurs occidentaux, engagés pour leur part à fermer les vannes dans le cadre de leur engagement pour le climat, le Conseil des ministres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (Appo, en anglais), réuni au début de novembre à Cotonou, veut accélérer le processus de création de la Banque africaine de l’énergie (Africa Energy Bank).

Une initiative dont l’objectif est de relancer la machine de financement et de développement des projets de combustibles fossiles, en suspens faute de moyens financiers, sur le continent. Par ailleurs, tous les pays membres sont appelés à apporter leur plein soutien à la banque pour relever le défi de la sécurité énergétique, révèle une communication de l’Appo, datée du 5 novembre.

Afreximbank à la manœuvre

« C’est l’émanation de la volonté commune des pays africains producteurs de pétrole et de Afreximbank », a souligné, pour sa part, Mamadou Sangafowa Coulibaly, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, dans une note relayée par son cabinet. En effet, la Banque africaine d’import-export dirigée par Benedict Oramah a conclu un pacte avec Appo, en 2022, pour la création d’une banque de l’énergie en Afrique.

Les deux institutions ont convenu de travailler ensemble pour trouver « une solution africaine » à « la menace » que représente la pénurie des financements pour l’industrie pétrolière et gazière africaine, et assurer « une transition énergétique ordonnée en Afrique en vue de promouvoir une solution durable et équilibrée ».

D’après Omar Farouk Ibrahim, le secrétaire général de l’Appo, l’étude de faisabilité, le plan d’affaires, le chronogramme de démarrage des opérations de la banque et l’étude de marché seront soumis aux pays membres, au plus tard le 30 novembre, pour examen. Un nouveau conseil des ministres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains se tiendra à ce sujet avant le 31 mars 2024, tandis que l’entrée en œuvre de la banque est fixée pour le 30 juin 2024.

Algérie, Côte d’Ivoire, Nigeria…

Les discussions sont actuellement en cours entre les pays membres pour l’établissement du siège de la banque africaine de l’énergie, créée donc conjointement avec Afreximbank. Plusieurs pays ont exprimé leur intérêt et se sont dits prêts à accueillir cette nouvelle institution financière, notamment l’Algérie, le Bénin, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Nigeria ou encore l’Afrique du Sud.

Pour accroître les investissements du secteur privé dans les projets pétroliers et gaziers africains, Omar Farouk Ibrahim espère voir les autres pays producteurs non africains investir dans la banque, « car son succès sera un victoire pour l’industrie ». Le secrétaire général de l’Appo vise, en effet, les pays du Moyen-Orient pour mobiliser les fonds nécessaires au développement des projets pétroliers et gaziers sur le continent.

Alors que les investisseurs occidentaux se retirent progressivement du financement des projets pétrogaziers en Afrique, en raison de la crise climatique, ils continuent, paradoxalement, de mobiliser les capitaux pour les géants du pétrole et du gaz, selon une enquête menée par une dizaine de médias européens. La levée de 600 millions d’euros, au printemps dernier, par le pétrolier norvégien Var Energi a par exemple fait l’objet de vives critiques.

Source: JeuneAfrique

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