Friches industrielles : la difficile dépollution

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Friches industrielles : la difficile dépollution
Friches industrielles : la difficile dépollution

Africa-PressCongo Brazzaville. Paris, Lille ou Marseille… Presque toutes les grandes villes françaises ont un passé industriel. Aujourd’hui, les usines ont fermé, mais il reste les cicatrices de la désindustrialisation : des hydrocarbures, solvants, métaux lourds, voire parfois des traces de radioactivité. Il y a près de 7 000 anciens sites industriels pollués ou potentiellement pollués en France. Quelque 300 000 autres doivent encore être répertoriés. Un trésor pour les entreprises spécialisées et les promoteurs immobiliers.

Alors que les villes continuent de gagner du terrain, les friches industrielles urbaines sont convoitées par les promoteurs immobiliers. Ces anciens sites industriels, bien que toujours pollués, valent cher et sont souvent bien situés. La dépollution leur offre une nouvelle vie. Des athlètes à la place des hydrocarbures

Les Jeux olympiques de Paris en 2024 vont changer le visage de certains d’entre eux, aux portes de Paris. Sur cet ancien dépôt d’hydrocarbures à Saint-Ouen, au nord de la capitale, se dressera bientôt le village des athlètes, suivi d’un quartier durable, une fois l’événement sportif terminé.

Laurent Galdemas, Président d’EODD Ingénieurs conseils nous explique : “Pour dépolluer les sols, très simplement, on creuse”. Les terres sont excavées, transportées par la Seine. “On contrôle les sols au fur et à mesure de l’avancement du chantier en prélevant de la terre, en analysant cette terre en laboratoire et en vérifiant que les concentrations en polluant correspondent parfaitement aux usages qu’on a définis.” Cette terre excavée ne revient pas sur place, une petite partie est traitée, la grande majorité stockée dans des sites dédiés.

Dépolluer coûte cher : en moyenne, 500 000 euros par hectare, mais l’opération donne une valeur au site, dans une zone où le prix au mètre carré est en explosion. “Reconvertir les friches, c’est limiter l’étalement urbain, l’artificialisation des sols à l’extérieur de la ville (…), passer d’une vision des années 1980 à une vision des années 2050.”

Les plantes au secours des dépollueurs Bien souvent, “dépolluer” signifie seulement enlever la terre, la déplacer et la stocker. Mais une start-up lyonnaise aimerait aller plus loin : utiliser des plantes pour dépolluer in situ.

Ludovic Vincent, PDG de Biomede, nous explique le principe : “Les végétaux, en s’adaptant, ont trouvé des mécanismes pour retirer certains éléments du sol. On peut voir ça un petit peu comme une éponge vivante. On utilise cette capacité d’extraction des plantes.”

Le jeune ingénieur agronome étudie avec son équipe le site de l’ancienne mine de Chessy, au nord-ouest de Lyon, dont les terres sont polluées par le cuivre, le plomb et les métaux lourds, après des siècles d’extraction.

“On regarde quelles sont les plantes qui poussent sur ce site et quelles sont celles qui présentent des métaux lourds qu’elles ont dans leurs feuilles ou les tiges.”

Sa technique, encore peu connue, la “phytoremédiation”, date d’une vingtaine d’années. Bien sûr, dépolluer un terrain de cette façon peut prendre plusieurs décennies, le temps que les plantes fassent leur travail. Ludovic Vincent est conscient des limites : “Oui, c’est une méthode qui est quand même plus lente. Sur d’autres sites, où il va falloir travailler rapidement, ce sera d’autres méthodes qui vont être privilégiées comme éventuellement l’excavation ou des traitements physicochimiques. Mais avec notre méthode, on ne va pas dégrader les propriétés du sol.”

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