Xénogreffe : un foie porcin a été testé avec succès chez une personne en mort cérébrale

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Xénogreffe : un foie porcin a été testé avec succès chez une personne en mort cérébrale
Xénogreffe : un foie porcin a été testé avec succès chez une personne en mort cérébrale

Africa-Press – Congo Brazzaville. La révolution des xénogreffes, ces greffes réalisées chez des humains avec des organes provenant d’une autre espèce, poursuit son cours. Après le rein et le cœur, c’est au tour d’un foie de cochon d’être “transplanté” avec succès.

Cette greffe n’en est en fait pas vraiment une: l’organe porcin n’a pas été implanté dans le corps du patient. Mais elle montre qu’un foie de cochon pourrait bien remplacer celui d’un humain, au moins pendant une courte période. Pour cette nouvelle xénogreffe, des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis) ont connecté l’organe au système vasculaire d’une personne en mort cérébrale pendant 3 jours, sans signes apparents de rejet ni de malfonctionnement du foie.

L’intervention, qui a eu lieu le 22 décembre 2023, a été annoncée le 18 janvier 2024 dans un communiqué de l’université.

Le foie de cochon utilisé comme machine externe au corps

Pour cette première transplantation de foie porcin chez un humain, les chercheurs ont fait le choix de ne pas l’implanter dans le corps, mais de simplement le connecter comme s’il s’agissait d’une machine à l’extérieur du corps (comme cela a été le cas aussi pour les premières xénogreffes de rein).

Dans cette approche, nommée perfusion extracorporelle, le système vasculaire du patient est branché au foie qui repose dans une machine normalement utilisée pour garder les greffons en bon état en attente d’être implantés. Ainsi, le sang du patient passe par le foie avant de réintégrer le corps.

Selon les auteurs, cette technique pourrait être utilisée pour aider les personnes souffrant d’un dysfonctionnement aigu du foie, à cause d’une infection, un empoisonnement ou un excès d’alcool.

Le foie porcin prendrait donc le relais pendant quelques jours, le temps que le foie du patient se rétablisse, ou qu’un foie humain soit trouvé pour réaliser une greffe. “Le succès de cette première partie de notre étude est significatif pour ceux qui souffrent d’un dysfonctionnement du foie, et permet d’entrevoir un futur où des solutions innovantes peuvent donner de l’espoir à des patients qui autrement seraient destinés à mourir dans l’attente d’une greffe, explique au MIT Technology Review Abraham Shaked, directeur de l’étude. Et ainsi on élimine le risque de rejet, car l’organe n’est pas utilisé longtemps”.

Un risque de rejet plus élevé qu’avec les autres organes déjà transplantés

Car une greffe d’un foie porcin est plus complexe que celle d’un rein ou d’un cœur de cochon, à cause de la fonction particulière de cet organe, chargé de nettoyer le sang, mais aussi de produire de grandes quantités de molécules, dont des protéines.

Cette production augmente le risque de rejet immunitaire, lorsque le système immunitaire reconnaît l’organe comme étant étranger et l’attaque. Un risque réel, vu que des signes de rejet avaient déjà été détectés dans les premières xénogreffes de rein réalisées.

Pour diminuer davantage ce risque de rejet, le cochon dont provenait le foie avait été modifié génétiquement par l’entreprise eGenesis, avec au total 69 modifications génétiques (contre une dizaine pour le cœur porcin avec lequel David Bennet a vécu pendant 2 mois).

Ce cochon ultra modifié génétiquement avait été présenté le 11 octobre 2023 par des chercheurs d’eGenesis dans un article publié dans le journal Nature, lors d’une greffe réussie d’un rein porcin dans un singe. Le but de ces modifications était de réduire le plus possible le risque de rejet, en éliminant certaines molécules pouvant déclencher ce rejet et en ajoutant des gènes humains rendant l’organe plus similaire à celui d’un homme.

Des essais cliniques pourraient débuter en 2024

Suite à cette première réussite, l’entreprise eGenesis prévoit de peaufiner sa technique avec trois autres personnes en mort cérébrale à qui on aura retiré le foie, afin de vérifier que l’organe de cochon peut bien remplacer complètement le foie humain temporairement.

Leur objectif est ensuite de demander la permission des autorités sanitaires pour pouvoir démarrer un essai clinique de leur système de foie porcin externe en 2024. Cette année pourrait donc marquer le début des essais cliniques sur des xénogreffes, car cette annonce vient s’ajouter à celle d’autres équipes qui souhaitaient aussi commencer des essais pour des transplants de rein ou de cœur porcins en 2024.

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