Africa-Press – Congo Kinshasa. Plus d’un an après la signature de l’avenant 5 du contrat chinois dit « minerais contre infrastructures », la société civile congolaise continue d’exiger des réponses sur l’utilisation et le décaissement des fonds. La Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco) appelle à une évaluation urgente de la mise en œuvre de cet accord.
Selon son secrétaire exécutif, Ernest Mapararo, la partie chinoise devait mobiliser 3 milliards USD pour financer les projets d’infrastructures. Cependant, le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) indique que seuls 822 millions USD ont effectivement été alloués. « La partie chinoise doit encore à la RDC environ 1,8 milliard USD, somme qui n’a pas été évoquée lors des dernières négociations », a-t-il déclaré.
La Licoco regrette que cette question ait été écartée des discussions officielles, alors que les deux parties s’étaient engagées à tenir des évaluations annuelles pour ajuster l’accord. « Plus de six mois après, aucune réunion n’a été convoquée », déplore l’organisation.
Des projets d’infrastructures en retard
Depuis la conclusion de l’avenant 5, trois projets routiers ont été lancés:
• une route de 73 km à Kinshasa,
• une route de 850 km reliant Nguba (Lualaba) à Mbuji-Mayi,
• et la route Kalamaba-Kananga de 220 km.
Toutefois, la Licoco s’inquiète de l’inégale répartition des financements. Sur les 624 millions USD débloqués, environ 400 millions USD ont été orientés vers le projet de Kinshasa, laissant à peine 200 millions USD pour les deux chantiers en provinces. Cette situation, selon l’organisation, explique le retard dans l’avancement des travaux.
La Licoco demande ainsi à la partie chinoise de libérer le reliquat de 1,8 milliard USD afin de garantir la réalisation effective des projets routiers, particulièrement ceux du Kasaï-Oriental et du Kasaï-Central, qui restent largement à la traîne.
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