Africa-Press – Congo Kinshasa. La réforme de l’impôt sur les sociétés (IS) et de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) entre en vigueur à partir du 1er janvier 2026, selon la Direction générale des impôts (DGI). Présentée comme une avancée vers une fiscalité plus équitable, son application soulève toutefois des interrogations.
L’IS concerne les bénéfices réalisés par les sociétés et autres personnes morales exerçant une activité lucrative. Il s’applique notamment aux sociétés anonymes, SARL, sociétés par actions simplifiées, coopératives à caractère économique, sociétés civiles commerciales, sociétés de fait et certaines entités publiques engagées dans des opérations lucratives. Les sociétés de personnes peuvent également opter pour l’IS.
L’IRPP vise le revenu net global des personnes physiques, résidentes ou non, établies en RDC ou percevant des revenus de source congolaise. En pratique, la charge fiscale repose principalement sur les salariés du secteur formel, l’impôt étant prélevé à la source, tandis que le secteur informel reste largement en marge du système fiscal.
La réforme prévoit plusieurs exemptions. Pour l’IS, sont exonérés notamment l’État, certaines entités publiques, les coopératives agricoles, les ONG et les établissements d’enseignement technique ou professionnel. Pour l’IRPP, les diplomates, agents internationaux et certains petits commerçants bénéficient également d’exonérations. Toutefois, le manque de contrôle alimente des soupçons d’abus et renforce le sentiment d’une fiscalité inégalitaire.
En dépit de leur importance pour les finances publiques, l’IS et l’IRPP peinent à atteindre leurs objectifs sans une meilleure gouvernance fiscale, une lutte effective contre l’évasion et une intégration progressive du secteur informel. À défaut, cette réforme risque de rester largement théorique.





