Africa-Press – Congo Kinshasa. Lors de la 79e réunion du Conseil des ministres, tenue ce vendredi 20 février à la Cité de l’Union africaine, le président Félix Tshisekedi a remis au centre du débat la question sensible du retard dans la paie des agents et fonctionnaires de l’État. Une situation récurrente qui, au-delà des désagréments administratifs, touche directement la stabilité sociale et la crédibilité budgétaire du pays.
Selon le compte rendu du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le chef de l’État a ordonné un audit complet de l’état liquidatif de la paie, avec des résultats attendus dans un délai de 30 jours. L’objectif affiché: garantir la soutenabilité des finances publiques et assurer la continuité des opérations financières de l’État, notamment le paiement régulier et ponctuel des salaires.
Une masse salariale en constante augmentation
Au cœur des préoccupations présidentielles figure l’augmentation continue de la masse salariale, liée notamment à l’engagement de nouvelles unités (NU), parfois sans maîtrise suffisante des effectifs ni mécanismes de vérification adéquats.
Cette dynamique, a souligné le chef de l’État, exerce une pression croissante sur la trésorerie publique, fragilisant l’équilibre budgétaire et exposant le système de paie à des tensions « préjudiciables à la stabilité sociale ».
Un audit pour identifier les irrégularités
L’audit de l’état liquidatif apparaît ainsi comme un instrument de clarification: identifier les irrégularités éventuelles, vérifier la concordance entre effectifs budgétaires et effectifs réellement rémunérés, et contenir les charges indues qui pèsent sur les finances publiques.
Pour Félix Tshisekedi, il ne s’agit ni d’une mesure conjoncturelle ni d’un simple correctif administratif. Le président inscrit cette décision dans la continuité d’une orientation plus large en faveur de la discipline budgétaire.
Une exigence de rigueur déjà réaffirmée
Il a rappelé qu’à l’occasion de la 42e réunion du Conseil des ministres du 2 mai 2025, il avait déjà appelé à des mesures urgentes d’assainissement, dans un contexte marqué par la hausse des dépenses sécuritaires et les engagements pris auprès des institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international, dans le cadre de la facilité élargie de crédit et de la facilité pour la résilience et la durabilité.
Cette exigence de rigueur avait été réaffirmée lors de la 58e réunion du 12 septembre 2025, le chef de l’État insistant alors sur la transparence et la responsabilité dans la gestion des deniers publics, érigées en « devoir républicain incontournable ».
Le salaire, un droit social fondamental
« Le salaire des fonctionnaires n’est pas une simple variable budgétaire. Il est un droit social fondamental, garant de la dignité des agents publics et de la stabilité des ménages », a rappelé Félix Tshisekedi, cité par Patrick Muyaya.
Assainir la paie, a-t-il précisé, ne vise pas à fragiliser les agents régulièrement engagés, mais à les protéger contre les dysfonctionnements et les charges indues qui compromettent la soutenabilité du système et provoquent des retards « socialement inacceptables ».
L’audit poursuit ainsi un double objectif: s’assurer que chaque rémunération versée corresponde à un droit légitime et à un service effectivement rendu, et sécuriser durablement le paiement régulier des salaires.
Une coordination confiée à la Primature et aux organes de contrôle
Pour mener à bien cette opération, le chef de l’État a instruit la Première ministre d’en assurer la coordination stratégique, avec le concours de l’Inspection générale des finances (IGF) et des autres services de contrôle compétents.
Le vice-Premier ministre en charge du budget est appelé à garantir la stricte concordance entre les effectifs budgétaires et les effectifs rémunérés, tandis que le ministre des finances devra renforcer le mécanisme conjoint de liquidation des paiements, fondé sur la disponibilité réelle de la trésorerie.





