Avenir de la RDC: Luanda, ECC, Cenco et dialogue

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Avenir de la RDC: Luanda, ECC, Cenco et dialogue
Avenir de la RDC: Luanda, ECC, Cenco et dialogue

Africa-Press – Congo Kinshasa. En début de cette semaine, le lundi 9 février, le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi s’était rendu une fois encore à Luanda, capitale de l’Angola pour y rencontrer ses homologues africains. Cette dernière étape s’inscrivait dans la lignée d’une longue tournée diplomatique qui l’a déjà conduit au Togo, au Congo-Brazzaville chez Sassou Nguesso, en Suisse à Davos, en France, aux Émirats arabes unis et aux États-Unis depuis le début de cette année 2026.

Au cœur de tous ces déplacements de travail du Président Congolais, la situation dans l’Est de son pays et la recherche des voies et moyens de mettre fin aux souffrances de la population d’une partie des provinces occupées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Auprès de son homologue angolais João Lourenço encore à la tête de l’Union africaine (UA) pour encore quelques jours, l’Angola doit en effet céder la place au Burundi lors du prochain sommet de l’organisation prévu les 13 et 14 février à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Autour de la table de Luanda, en dehors de l’angolais João Lourenço s’étaient joints le président togolais Faure Gnassingbé que l’UA a désigné comme son médiateur dans ce dossier, ainsi que l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo qui appartient à l’équipe de quatre autres facilitateurs, le Kenyan Uhuru Kenyatta, le Sud-africain Kgalema Motlanthe, l’Éthiopienne Sahle-Work Zewde, la Centrafricaine Catherine Samba Panza ; que le dirigeant togolais a pour mission de coordonner.

Comme un retour à la case départ sur le « Processus de Luanda » jadis largué en rase campagne par la volonté de Paul Kagame le 18 décembre 2024, le communiqué final des rencontres de la journée assez court –une dizaine de lignes tout juste-, comporte cependant plusieurs annonces importantes. L’Angola s’y voit d’abord donner un mandat, en l’occurrence celui d’engager des consultations avec « toutes les parties congolaises concernées » par le conflit au Nord et au Sud-Kivu avec pour objectif de: « créer les conditions nécessaires à la tenue du dialogue inter congolais ».

Le même texte appelle toutes les parties en conflit -le Rwanda et ses proxys de l’AFC/M23-Twirwaneho- d’un coté et la RDC de l’autre, à « déclarer un cessez‐le‐feu », qui « entrera en vigueur à une date et à une heure à convenir » fixées d’un commun accord et les ont encouragées à accélérer la mise en œuvre des mécanismes de vérification dudit cessez-le-feu tels convenus à la rencontre de Doha du 14 octobre 2025.

Le même texte a rappelé l’attachement aux compromis déjà entérinés, qu’il s’agisse de l’Accord de Washington ou encore l’application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies portant sur le retrait par le Rwanda de ses troupes du territoire congolais et à la RDC de neutraliser les FDLR encore présents sur son territoire.

L’ECC, la Cenco et le dialogue inter congolais

Dialogue, dialogue et encore dialogue inter congolais, c’est le nouveau mot magique qui semble intéresser tout le monde actuellement ; des religieux catholiques et protestants en premiers aux politiques et autres rebelles armés. De ce dialogue dont tout le monde parle et certains réclament à l’instar des chancelleries occidentales, aura-t-il finalement lieu ou non? Et s’il a lieu comme l’a dit Félix Tshisekedi devant les diplomates réunis à Kinshasa, quel en sera le cadre? Où se tiendra-t-il? Qui seront invités à la table? Quel en sera le thème? Quels résultats en attendre? Tels sont les questions auxquelles des réponses claires devraient être données.

Devant les ambassadeurs accrédités à Kinshasa, Félix Tshisekedi, lors de la cérémonie d’échange de vœux, le 31 janvier 2026, avait claire sur le cadre: « Si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national, et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des règles démocratiques qui fondent notre pacte national ».

Une manière pour lui de baliser « ce dialogue intérieur, aussi nécessaire soit-il, qui ne saurait tenir lieu de substitut aux obligations internationales. Il ne peut pas être invoqué pour relativiser une agression, ni pour diluer des responsabilités établies. La justice suivra son cours normal, avec rigueur, jusqu’au bout, et sans complaisance afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de l’agression » comme l’écrit notre confrère T. Matotu dans Le Soft International n°1657 du mercredi 4 février 2026.

L’essentiel étant la récupération des territoires occupés, la pacification des provinces en proie à l’insécurité, réaliser l’unité et la cohésion comme l’assurance vie absolue de notre pays aujourd’hui et demain ; tels devront été l’absolu à poursuivre. Mais aussi amorcer les réformes électorales nécessaires en vue d’assurer des bonnes élections générales en 2028.

Vue les propos tenus par le porte-parole des catholiques Mgr Donatien Nshole qui parlait de « posture » au lendemain du discours du Président Tshisekedi devant les diplomates, mais aussi la position des églises catholique et protestante qui n’ont jamais clairement condamné l’agression du pays par le Rwanda ; il y a à parier que leur partie prise les disqualifient déjà de conduire pareil forum. Lorsque l’on parvient de comparer les exactions des rebelles armés dans les parties occupées du pays aux actes du gouvernement légal de défendre son territoire national face au danger de l’occupation extérieure ; il faut clairement le reconnaître que les bornes de l’acceptable ont été franchies.

En dehors de l’auto discrédit des catholiques et protestants, il y a aussi des hommes qui peuvent prétendre participer au forum: les deux chefs de guerre pro-rwandais AFC/M23-twiraneho, Corneille Nangaa Yobeluo, Bertrand Bisimwa et le chef du PPRD-FCC, l’ancien président Joseph Kabila Kabange présenté par la justice d’être le soutien de ces rebelles. À lui s’ajoutent ses compagnons, deux hommes clés de l’ancien pouvoir PPRD-FCC aujourd’hui entre les mains des services: l’ancien président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku Ndjalandjoko et l’ancien vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadary.

Certes la crise qui s’evit dans l’Est du Congo depuis plus de 30 ans reste multiformes et que le cadre idéal pour les résoudre est bel et bien ce cadre de dialogue entre Congolais pour l’unité et la cohésion afin que le pays puisse assurer sa propre sécurité, demeure un pas dans la bonne direction. Même s’il faut qu’on y aille vite du fait que sur le terrain, la situation pour nos compatriotes qui perdent la vie chaque jour n’est guère bonne ; les crimes commis ne peuvent rester impunis. Et quid des décisions rendues par la justice avec les condamnations de certains individus en fuite du pays?

La dernière ligne rouge à ne jamais plus franchir de nouveau restant les « mixages et brassages » avec l’intégration d’ex-rebelles dans l’armée nationale et les services de sécurité qui ne sont que des faiblesses qui expliquent ces agressions et autres guerres récurrentes.

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