des militants de la Lucha ont atteint la base de la Monusco à Butembo pour faire entendre leurs revendications au sujet des tueries

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des militants de la Lucha ont atteint la base de la Monusco à Butembo pour faire entendre leurs revendications au sujet des tueries
des militants de la Lucha ont atteint la base de la Monusco à Butembo pour faire entendre leurs revendications au sujet des tueries

Africa-PressCongo Kinshasa. Malgré les dispositifs de sécurité érigés autour de la mairie et du quartier général de la Monusco à Butembo (Nord-Kivu), une vingtaine de manifestants, essentiellement des militants du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha) ont atteint autour de 10 heures la base de la mission de l’ONU. C’était au terme d’une procession qu’ils ont débutée au CAP-Kalimbute, via le centre-ville, notamment le rond-point Soficom et la rue Jérôme Masumbuko. D’après nos sources, les forces de l’ordre et de sécurité ont reçu l’ordre de leur laisser un libre passage.

A leur passage, les barricades faites des fils ont été baissées, jusqu’à la base de la Monusco où ils se sont entretenus d’abord avec un responsable onusien. Ce dernier a promis de transmettre leur revendication à sa hiérarchie. Ce qui n’a pas empêché les militants à organiser leur sit-in. Informé, le maire Sylvain Kanyamanda s’est personnellement déplacé sur le lieu pour les écouter.

« Nous n’avons pas besoin d’autres choses que le départ de la Monusco aujourd’hui. Qu’ils nous disent quand est-ce qu’ils vont partir, aujourd’hui ? Demain ? Ou quel jour ? C’est l’unique précision dont nous avons besoin maintenant. Nous organisons un sit-in ici, et nous ne quitterons pas avant qu’ils ne partent », a indiqué un militant de la Lucha, s’adressant au maire.

« Nous venons de vous écouter. Et personne ne vous a dérangés, parce que nous sommes respectueux de la loi. La loi garantit la liberté d’expression. Nous venons de constater votre action ici à la Monusco, nous pensons que le message est passé, et l’opinion sait déjà que vous réclamez leur départ pour des raisons évoquées. Mais ici nous sommes à Butembo. Je vais transmettre votre message à l’autorité compétente qui est le chef de l’Etat. Vous savez qu’ils ne sont pas venus de leur propre initiative. La république a accepté que les humanitaires viennent avec des missions précises. Et s’il faut respecter le parallélisme de forme et de l’acte contraire, il faut que ce soit nos autorités qui agissent, le gouvernement central de notre pays qui les avait invités. Ils ne peuvent pas rentrer parce que c’est la Lucha qui exige leur départ immédiat », a rétorqué le maire Sylvain Kanyamanda.

L’autorité urbaine a demandé aux manifestants de se retirer, en attendant une réponse à leur demande.

« Comme le message est arrivé, et comme il est impossible que votre demande ait immédiatement une suite, je vous demande de libérer la voie publique, et de permettre aux gens d’avoir accès aux bureaux. Je suis le garant de l’ordre public, et vous, vous êtes les citoyens soumis au respect de la loi et des règles du pays, respectons-nous. Nous sommes tous des responsables. L’essentiel est déjà fait », a exhorté le maire.

Ce que les manifestants n’ont pas aussitôt accepté.

« Nous sommes convaincus que vous êtes aussi indignés que nous. Vous n’oubliez que nous avons manifesté depuis 2019. Et aujourd’hui nous avons décrété dix jours (sans activités). Ça veut dire que nous n’allons pas manifester comme nous manifestions avant. Le chef de bureau de la Monusco nous promet une réponse dans les heures qui suivent, pas dans les jours qui suivent, mais dans les heures qui suivent », a réagi le militant Jean Pierre Kasma.

Le maire a expliqué aux militants de la Lucha qu’ils manifestent pendant que la Monusco a déjà amorcé son retrait progressif du territoire national.

« (Les effectifs) des contingents sont en train d’être réduits. Au Kasaï (ils sont) en train de fermer leurs bureaux là-bas. C’est pour dire que la demande (du départ de la Monusco, ndlr) est en train d’être exécutée. Mais ça doit aller à tour de rôle. Nous voyons déjà la volonté des autorités avec la réduction de nombre et la fermeture des bureaux, à Kisangani on a fermé, à Mbuji-Mayi on a fermé. Nous pensons que vous devez croire en ce que nous vous disons comme autorité, en libérant la place publique pour permettre à la ville de rester calme », a conclu le maire Sylvain Kanyamanda.

Ce dernier a accordé aux manifestants 25 minutes pour qu’ils se retirent du siège de la Monusco, sous peine d’y être contraint par les forces de l’ordre.

Le maire est reparti, laissant le commissaire supérieur de la police pour une dernière chance de négociation. Face à une menace de répression, les militants ont résolu de se retirer pour, d’après eux, « préparer d’autres actions à mener pendant les neufs jours restants ».

Claude Sengenya

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