
Africa-Press – Congo Kinshasa. Pour ou contre la poursuite de l’état de siège mis en place par Félix Tshisekedi, chef de l’Etat, pour mettre fin à l’activisme des rebelles à l’Est de la République démocratique du Congo, le professeur Luzolo Bambi a apporté des explications sur le maintient de cette décision dans une interview accordée à la presse ce mercredi 2 mars 2022.
Selon l’ancien ministre de Justice Luzolo Bambi, ceux qui veulent la surpression de l’état de siège n’ont d’alternative à proposer pour mettre fin à la tuerie de l’Est du pays.
Le professeur Luzolo Bambi atteste que l’état de siège est une réponse de gouvernance sécuritaire que l’État Congolais a prise.
« Il faut maintenir l’état de siège. Pourquoi ? Parce que les raisons qui ont milité à son institution n’ont pas encore disparu certes, mais ce n’est pas ça simplement la raison. La raison c’est justement le contexte de notre pays, le contexte politique et sécuritaire par rapport à la paix, par rapport aux droits de l’homme. Depuis 25 ans, les différents conflits armés que nous connaissons dans notre pays, ont occasionné de nombreuses pertes en vies humaines », a-t-il déclaré.
D’après cet homme politique, la RDC a enregistré de dizaine de millions des morts depuis toutes ces années dans sa partie Est.
Celui qui est aussi l’ancien conseiller spécial de l’ex-président Kabila en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption rassure que l’état de siège va permettre notamment à l’État Congolais de restaurer son autorité de l’État dans cette zone de guerre.
« Nous sommes un pays qui totalisons aujourd’hui entre 6 à 10 millions des morts à la suite des conflits armés. Quelles ont été les réponses de toutes ces tueries ? Depuis tout ce temps, qu’est-ce qu’il y a eu comme réponse ? (…) J’ai toujours salué le décret de l’état de siège parce qu’en le décrétant, l’État Congolais a donné une première réponse de gouvernance sécuritaire de manière à restaurer l’autorité de l’État, à contrer l’ennemi et à apporter des solutions relatives aux violations des droits de l’homme », a-t-il souligné.
Luzolo Bambi invite ainsi les autorités compétentes de compléter l’état de siège par la Justice transitionnelle afin de poursuivre ces groupes armés.
« Depuis que l’état de siège a été décrété, les groupes armés qui continuent à sévir dans notre pays, n’ont pas Jusque-là été poursuivis, du moins leurs auteurs directs et indirects. Ils n’ont pas été poursuivis judiciairement. On n’a donc pas senti la riposte de la Justice à travers l’état de siège. L’état de siège a sécurisé, il faut compléter cet état de siège par une politique de justice transitionnelle, tout en maintenant l’état de siège », a-t-il insisté.
S’il arrive que la décision de l’état de siège est levée, le professeur Luzolo Bambi propose comme alternative, l’instauration d’une véritable politique de Justice transitionnelle afin d’ouvrir des poursuites judiciaires contre les auteurs directs et indirects de tuerie dans la partie Est.
« Ceux qui proposent la suppression de l’état de siège proposent quoi comme alternative ? Dans le cadre de l’État de droit, la meilleure alternative, on n’a pas le monopole de la vérité, c’est l’institution d’une politique de justice transitionnelle véritable. Ça signifie qu’on stoppe l’état de siège, on entre dans tous les 5 volets de la Justice transitionnelle. On met en place en Ituri ou au Nord-Kivu une commission vérité- réconciliation. On organise les poursuites judiciaires contre les auteurs directs et indirects, on organise les procédures de réparation pour les victimes et enfin le Gouvernement prend les mesures des réformes pour que les choses se déroulent de manière telle que ces tueries ne se repèrent plus. Donc en un mot, ce n’est pas un débat émotionnel, c’est un débat d’État. État de siège c’est gouvernance militaire (…) Je souhaite donc que les autorités du pays, en particulier son Excellence Monsieur le président de la République, et le Gouvernement mettent en place une politique de justice transitionnelle en accompagnement de l’état de siège que je soutiens », a-t-il suggéré.
Pour rappel, les députés élus du Nord-Kivu et de l’Ituri sont parmi ceux veulent la surpression de l’état de siège mis en place depuis le 6 mai 2021.
D’après ces représentants du peuple, l’état de siège a accentué l’insécurité dans ces provinces susmentionnées alors que cette mesure a conduit à la mise en place d’une administration militaire.
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