Kinshasa: Ngobila dans le dur avec des dossiers sales

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Kinshasa: Ngobila dans le dur avec des dossiers sales
Kinshasa: Ngobila dans le dur avec des dossiers sales

Africa-PressCongo Kinshasa. Sale temps pour Ngobila. Le gouverneur de Kinshasa est englué dans des dossiers compliqués qui risquent de l’éjecter hors de la mairie.

Le décompte a commencé pour le patron de la ville qui doit challenger pour sortir indemne dans quatre dossiers qui le collent à la peau. Premièrement, il est au pénal en cassation. Le gouv avait omis un bourgmestre sur sa décision de mise en place. Lésé, le banni avait saisi le Conseil d’État.

Après confrontation, Ngobila a perdu le procès. Pire, il avait refusé de s’exécuter. Face à la pression, il a fini par retropédaler. Mais c’était tard. L’affaire qui paraissait simplement administrative, a pris une autre tournure à la Cour de cassation où l’homme de Yumbi doit comparaître désormais comme prévenu. «Nous avons été saisis par la Cour de cassation venue solliciter l’autorisation des poursuites contre le gouverneur de la ville de Kinshasa dans un dossier opposant le Conseil d’État à l’Hôtel de ville de Kinshasa», avait dit du haut de l’hémicycle, Godé Mpoyi, le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

Aux élus locaux, le gouverneur s’était défendu. Il a brandi l’arrêté du bourgmestre réhabilité dans ses droits. Mais au Conseil d’État, il ne s’était pas présenté. Malgré les tentatives du speaker du Parlement provincial pour rapprocher les deux parties, la juridiction persiste toujours dans son schéma de poursuivre le gouverneur.

Son directeur de cabinet, Me Freddy Bonzeke avait aussi levé l’équivoque sur Télé 50 en affirmant que le bourgmestre omis lors de la mise en place effectuée par le gouverneur Ngobila Mbaka en 2019 avait déjà été réhabilité. « Celui-ci se sentant lésé avait saisi le Conseil d’État. De cette plainte est sorti un arrêt ordonnant la réhabilitation de ce bourgmestre », a-t-il fait savoir. D’après lui, l’initiative de la Cour de cassation de demander par correspondance l’autorisation de l’Assemblée provinciale de Kinshasa est légitime.

A haute voix, Bonzeke a rappelé que le dossier du bourgmestre est déjà clos de lors qu’il a déjà même reçu sa notification. A la Cour de cassation, ses arguments ne semblent pas faire reculer les juges. Ils tiennent à terminer la procédure déjà en cours, c’est-à-dire la comparution de Ngobila. Est-ce un acharnement ? Non, selon une source, le Conseil d’État piétiné presque par l’attitude du patron de la ville aurait saisi la Cour de cassation pour non exécution de sa décision. Ngobila s’est plié mais tardivement alors que l’infraction était déjà consommée, ajoute la même source.

L’autre patate chaude entre les mains de Ngobila, c’est la mise à l’index de la ville par la Banque centrale du Congo. Etonnant que cela puisse paraître, le gouverneur Ngobila lui-même et son ministre provincial des Finances, Ngoyi Mvunzi sont aussi indexés individuellement. Y’aurait-il eu des transactions illicites, difficile de le dire. Le document du 01 mai 2021 de la Banque centrale du Congo ordonne aux banques de ne plus faire les opérations avec l’Hôtel de ville de Kinshasa, le gouverneur Gentiny Ngobila et le ministre provincial des Finances, Ngoyi Mvunzi. Ils ont été placés en Index en tant qu’agents économiques. La cellule de communication du gouv a tout relativisé assurant que la décision de la banque est la conséquence des dettes contractées par le gouvernement provincial sortant.

Sur Twitter, Belise Okonda parle de la dette contractée par l’exécutif provincial précédent à la TMB pour la construction de la route CECOMAF dans la commune de Ndjili. Laquelle est restée impayée. « Au nom de la continuité de l’Etat, le gouvernement Ngobila s’attèle à liquider les anciennes dettes. Ça sera réglée et le ciel ne nous tombera pas sur la tête », a-t-elle tranché. Mais quelques élus chargent Ngobila. Les finances de la ville sont saignées à blanc. Un militant pro-démocratie pense que la mauvaise gestion du chef de l’exécutif provincial de Kinshasa coûte aujourd’hui cher à la capitale. Lui-même gère mal et il ne peut pas tout mettre sur le dos de Kimbuta, ajoute-t-il.

A travers cette décision de l’institut d’émission, les banques commerciales ont été instruites de ne pas accorder un quelconque crédit aux personnes et institutions sanctionnées. « Indexer Ngobila personnellement paraît grave pour un gestionnaire de la chose publique », prévient Akatokila Jean-Baptiste, un activiste de la société civile. Dans un pays sérieux, on l’aurait mis à l’écart. Furax, le président de l’Assemblée provinciale parle plutôt d’une simple pression de la banque. « La mise à l’index de l’individu Ngobila n’est qu’une pression de la banque », minimise Godé Mpoyi qui tape du poing sur la table. « La BCC n’a pas le pouvoir de bloquer les comptes de la ville de Kinshasa ». A ses yeux, la décision de la BCC est une bourde administrative. « Personne ne peut prendre les mesures conservatoires contre les comptes de l’État », dénonce-t-il.

Entre-temps, la ville de Kinshasa risque d’être polluée par une odeur nauséabonde. Depuis lundi, porte lui a été fermée chez Cobil SA pour insolvabilité. Le gouvernement provincial prenait le carburant à crédit pour le compte de la Régie d’assainissement de Kinshasa. La ville doit 6 mois d’arriérés. Insolvable, l’entreprise pétrolière demande d’abord à Ngobila de solder. Faute de carburant, la Régie d’assainissement va peiner pour évacuer les immondices. Déjà que les décharges publiques sont pleines, la situation risque de s’aggraver.

Et enfin, la question orale avec débat du député Mike Mukebayi attend Ngobila. Lundi déjà, son minstre provincial de l’Intérieur a été déchu. A l’Assemblée provinciale, le dossier marché central rafait encore surface. Les députés ont exigé de voir le contrat. Pas sûr que tout se passera pas bien pour le gouv. Les anti-Ngobila poussent déjà l’Union sacrée à prendre ses responsabilités pour donner à l’Udps avec ses 12 élus la direction de la ville.

Dans cette tempête, on apprend aussi que le dossier massacre de Yumbi risque de rebondir. A la CPI, le nom de Ngobila n’est pas cité. « Nulle part, ne figure son nom ». Mais, les enquêteurs de la Cour pénale internationale cherchent à obtenir les témoignages de personnes-clés qui vont permettre au procureur de poursuivre les présumés auteurs. « Faux et archifaux, simple manipulation pour discréditer un responsable qui n’a pas été impliqué ni de près, ni de loin dans le drame de Yumbi malgré les mains noires politiques », gronde un homme de son sérail. Sinon, le dossier Yumbi est déjà activé à la CPI.

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