Médicaments : le gouvernement s’emploie à mieux anticiper les pénuries

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Médicaments : le gouvernement s'emploie à mieux anticiper les pénuries
Médicaments : le gouvernement s'emploie à mieux anticiper les pénuries

Africa-Press – Congo Kinshasa. Aider les médecins à prescrire des alternatives aux médicaments non disponibles, intensifier le bon usage des antibiotiques: le gouvernement a annoncé le 21 février quelques mesures concrètes pour anticiper les pénuries.

Des efforts de relocalisation et de hausse de la capacité de production

Les tensions d’approvisionnement des médicaments se sont amplifiées ces dernières années partout en Europe. En 2023, près de 5.000 signalements et risques de ruptures de stocks ont été recensés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui exerce un suivi renforcé de certains médicaments phares de l’hiver: antibiotiques, paracétamol, corticoïdes.

Ces difficultés ont conduit à la publication l’an dernier d’une liste de 450 médicaments considérés comme essentiels et d’un plan de relocalisation en France pour certains d’entre eux. Le nouveau plan triennal de lutte contre les pénuries (2024-2027) prévoit “un suivi renforcé de la part des autorités sanitaires” de la disponibilité de ces médicaments prioritaires.

Des efforts de relocalisation et de hausse de la capacité de production visent une sous-liste de “147 médicaments stratégiques”, ceux pour lesquels la France dépend le plus des importations extra-européennes, selon cette “feuille de route” prolongeant celle de 2019-2022.

“La meilleure manière de ne pas manquer de quelque chose, c’est de le produire chez nous, en France et en Europe”, a déclaré le ministre délégué chargé de l’Industrie, Roland Lescure, après une réunion avec les acteurs de la chaîne du médicament. “D’ici mai, on va annoncer le nombre et l’identité des usines qu’on va aider” pour augmenter leur capacité de production en France, a-t-il ajouté.

“Ordonnance de non prescription”

Pour remplacer les médicaments non disponibles, les pharmaciens vont pouvoir s’appuyer sur des “tableaux d’équivalence”. Des travaux sont menés pour “que le médecin, sur son logiciel de prescription puisse effectivement savoir que tel ou tel produit n’est pas disponible le jour où il veut le prescrire”, a indiqué la ministre en charge de la Santé, Catherine Vautrin. Cela lui permettra “soit de prescrire autre chose, soit de travailler sur la posologie qu’il va prescrire”, a-t-elle ajouté. Ce programme pilote est prévu pour 2025.

En matière du bon usage du médicament, l’accent va porter sur l’adaptation du conditionnement à la durée du traitement et sur l’utilisation d’une “ordonnance de non prescription d’antibiotiques”, document que peut remplir un médecin pour expliquer à son patient pourquoi il ne lui prescrit pas d’antibiotiques.

Catherine Vautrin et Roland Lescure devaient se rendre tard dans la soirée à Mayenne (Mayenne), sur le site du groupe pharmaceutique britannique GSK dédié à la production d’amoxicilline sous toutes ses formes. “Une boîte d’amoxicilline sur trois prescrite en France est produite à Mayenne”, selon GSK, qui y prévoit une nouvelle ligne de production en 2025. Les prix de l’amoxicilline – antibiotique le plus prescrit en France – ont été revalorisés cet été de 10% en échange d’objectifs d’approvisionnements et de stocks à respecter.

Les pénuries de médicaments sont dues à plusieurs motifs, notamment la hausse de la demande mondiale, une capacité de production insuffisante et des prix de vente de certains traitements jugés peu attrayants par les laboratoires. A l’automne, une charte de bonnes pratiques a été signée entre les fabricants et vendeurs des médicaments remboursés en France. Des appels à libérer les stocks ont été lancés en direction des industriels et il a été demandé aux grossistes et pharmaciens de ne pas surstocker de leur côté.

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