Réglementation Vestimentaire des Fonctionnaires au Haut-Katanga

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Réglementation Vestimentaire des Fonctionnaires au Haut-Katanga
Réglementation Vestimentaire des Fonctionnaires au Haut-Katanga

Africa-Press – Congo Kinshasa. Depuis une semaine, une note circulaire signée par la division provinciale de la Fonction publique du Haut-Katanga interdit le port du pantalon, des minijupes et des tenues jugées « sexy » pour les femmes dans l’administration publique, sous peine de sanctions disciplinaires. Cette décision relance le débat sur la place des normes culturelles dans l’espace professionnel et leur compatibilité avec les principes d’égalité.

À Lubumbashi, notamment au bâtiment du Cadastre qui abrite plusieurs services publics, de nombreuses agentes sont désormais vêtues de robes longues, pagnes ou jupes longues, en conformité avec la note interne rendue publique par le chef de la division provinciale de la Fonction publique, Célestin Katolo Mulobe. L’autorité justifie cette mesure par le respect du code de bonne conduite et l’image de l’agent public.

Cependant, cette directive suscite des réactions contrastées. Certaines fonctionnaires y voient une mesure visant à instaurer davantage de discipline vestimentaire. D’autres dénoncent une décision discriminatoire et restrictive des libertés individuelles. « Cette note est sexiste et renforce les stéréotypes en milieu professionnel », déplore Tytyne Kakese, estimant que les priorités devraient plutôt concerner l’amélioration des conditions de travail et la modernisation de l’administration.

Des voix masculines s’élèvent également contre cette mesure. Le professeur Didier Makal, de l’Université de Lubumbashi, la juge illégale, soulignant qu’aucun texte légal ne mentionne des notions telles que « tenue sexy » ou « body ». Pour lui, les menaces de révocation évoquées dans la note ne reposent sur aucune base juridique claire.

Les organisations de défense des droits des femmes montent aussi au créneau. L’ONG « Rien sans la Femme », par la voix de Dorcas Kazadi, estime que cette décision va à l’encontre de l’article 14 de la Constitution qui garantit l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme.

Sur le plan politique, la vice-présidente de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, Liliane Komba, déplore une mesure portant atteinte aux libertés individuelles et annonce vouloir saisir l’organe délibérant pour examen. De son côté, la députée provinciale Benatar Chilufya Mathilda appelle l’administration publique à se concentrer sur les défis majeurs du secteur, notamment les mauvaises conditions de travail, la corruption et le non-respect des règles professionnelles.

Au-delà de la question vestimentaire, plusieurs ONG considèrent cette directive comme révélatrice des défis persistants liés à la condition des femmes dans la fonction publique, notamment l’accès aux postes de responsabilité et la reconnaissance professionnelle. Elles appellent à promouvoir l’égalité des droits et une approche inclusive dans l’administration.

En l’absence de clarification officielle, le débat reste ouvert: s’agit-il d’une simple règle interne de discipline ou d’un symbole d’inégalités persistantes dans la fonction publique du Haut-Katanga?

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