Par Adama KONE
Africa-Press – Côte d’Ivoire. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, une attaque armée a visé la base aérienne 101 de l’aéroport international Hamani Diori à Niamey. Des explosions et des tirs ont été entendus, et bien que l’assaut ait été repoussé par les forces nigériennes (avec le soutien russe), plusieurs avions civils ont été touchés et des soldats blessés.
La suite, ce sont les commentaires et accusations des hautes autorités de ce pays, contre la Côte d’Ivoire, entre autres. Et pour rester dans le langage militaire, la « riposte » ivoirienne ne s’est pas fait attendre.
La Côte d’Ivoire est restée droite dans ses bottes. Fidèle à son élégance diplomatique et ferme dans sa démarche, face aux propos tenus par le Président nigérien, à la suite de l’attaque de l’aéroport international de Niamey. Contre la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire, il a tenu des propos que l’égard que nous avons pour nos lecteurs et le monde entier ne permet pas de mentionner dans ces lignes.
Toujours est-il que le Président nigérien est allé trop fort dans ses accusations, qui du reste, ont été battues en brèche par la revendication de l’attaque par le groupe État islamique, seulement quelques heures après.
En regardant un des épisodes du feuilleton « Les nounous » qui captent l’attention de bien de foyers ivoiriens depuis une semaine, cette phrase prononcée par une actrice célèbre dans le film interpelle: « Tu ne sais pas que coupeur de tête n’aime pas qu’on passe avec machette derrière lui? »
Encore que celui qui avait la machette s’est clairement dévoilé. Sans commentaire. Passons. Dans l’affaire, la Côte d’Ivoire a montré toute sa grandeur, son calme et sa responsabilité dans la gestion des affaires diplomatiques. On peut bien se souvenir de l’administration responsable et sereine dans l’affaire des 49 soldats ivoiriens retenus pendant des mois au Mali.
L’année dernière, ce sont les autorités burkinabè qui accusaient Yamoussoukro de servir de base arrière à une déstabilisation. Les preuves annoncées par Ouagadougou depuis, n’ont jamais été apportées.
A contrario, le ministre délégué ivoirien en charge de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, s’est rendu dans le dernier trimestre 2025, à Ouagadougou, pour réchauffer les relations entre les deux pays voisins.
Des trois pays de l’Alliance des États du sahel (Aes), seul le Niger attendait-il d’organiser un « litige » avec la Côte d’Ivoire? La sortie du Président de ce pays a suscité en tout cas une réaction ferme de la Côte d’Ivoire.
L’ambassadeur nigérien à Abidjan, Alfari Sita Sahida Badamassi Djariri, a été convoqué. Il lui a été dit toute l’indignation du peuple ivoirien par rapport aux propos des hautes autorités de son pays. Elle a eu également pour mission de transmettre à ses mandants un courrier de protestation en bonne et due forme.
En le faisant, la Côte d’Ivoire donne en même temps une leçon. Elle ne s’engage pas dans la voie du marché noir de la coopération. Mais emprunte un chemin officiel. Elle fait comprendre qu’elle est un État responsable et respectueux des pratiques diplomatiques.
Le pays montre qu’il ne tolère pas certains actes ou déclarations du Niger jugés inacceptables. C’est un signal clair: la Côte d’Ivoire rappelle qu’elle est un État souverain qui exige le respect.
Le gouvernement ivoirien oppose ainsi la diplomatie aux accusations hostiles. Il préserve tout compte fait l’esprit du dialogue. Ne l’oublions pas, « la Côte d’Ivoire est l’amie de tous et l’ennemie de personne ». Toutefois, elle sait montrer ses muscles.
Dans le communiqué produit à la suite de l’entretien entre le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale et l’ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire, il est dit au dernier paragraphe: « Le gouvernement ivoirien reste attentif à la suite qui sera donnée à cette démarche et se réserve le droit de tirer toutes les conséquences qui s’imposent ».
Une posture de fermeté qui rassure l’opinion publique nationale sur la détermination du gouvernement à défendre les intérêts nationaux et à ne pas rester passif face à des actes perçus comme hostiles ou injustes.
C’est aussi un message à la sous-région, où le pays joue un rôle moteur au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Il faut noter que la communauté nigérienne en Côte d’Ivoire constitue la diaspora la plus importante de ce pays, avant le Sénégal, le Mali et la Libye. Ces ressortissants vivent en bonne intelligence avec les autres communautés étrangères et la population ivoirienne. Et le gouvernement a toujours œuvré à cette cohésion. Mettant les questions communautaires au-dessus des problématiques diplomatiques.
Toute chose qui fait que les questions traitées au sommet comme les conséquences de la sortie des autorités nigériennes n’impactent en rien les relations entre les communautés.
Une réalité qui n’est pas toujours prise en compte ailleurs, mais qui fait aussi la grandeur de la Côte d’Ivoire. En adoptant la démarche qu’elle a eue, la Côte d’Ivoire gagne surtout en crédibilité, en fermeté et en influence diplomatique.
Source: fratmat
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