Koné M. Souleymane (DG OISSU) : L’avènement d’un sport scolaire dynamique et opérant, va surement améliorer l’environnement global du sport en Côte d’Ivoire

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Koné M. Souleymane (DG OISSU) : L’avènement d’un sport scolaire dynamique et opérant, va surement améliorer l’environnement global du sport en Côte d’Ivoire
Koné M. Souleymane (DG OISSU) : L’avènement d’un sport scolaire dynamique et opérant, va surement améliorer l’environnement global du sport en Côte d’Ivoire

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Les lampions viennent de s’éteindre sur la saison 2021-2022 de l’Office ivoirien des sports scolaires et universitaires (OISSU). Dans une interview accordée à des médias nationaux, le directeur général de l’OISSU, Koné Mamadou Souleymane a fait un tour d’horizon de l’actualité au niveau de sa structure. De l’organisation des compétitions, à sa nomination à la tête de l’ISF-Afrique en passant par la participation de la Côte d’Ivoire à la 19è Gymnasiade. Le directeur général se prononce sans détour.

Monsieur le

Directeur Général, la saison sportive 2021-2022 a refermé ses portes, quel est votre mot introductif à cette rencontre avec la presse ?

Depuis le début du programme de « Relance du sport scolaire et universitaire », les hommes des médias nous ont accompagnés. Nous sommes partis d’un niveau que l’ancien ministre de l’Education nationale a qualifié de « mourant », pour ressusciter et atteindre un certain niveau de dynamisme. C’est grâce à l’effort conjugué de chacun, même si quelquefois, certains ont fait des procès, ce qui, du reste, est bien pour relancer le débat.

Je voudrais les remercier pour cela et les appeler à une entente. Je voudrais leur demander de faire écho de ce que nous faisons, de se constituer en promoteur de ce secteur pour lequel beaucoup de pays nous envient aujourd’hui et que certains, par leurs publications, essaient de nier son dynamisme. J’ai en tête le courrier de SEM l’ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès de la République française, près la principauté de Monaco, qui a été joint par la Fédération internationale du sport scolaire qui a mis en évidence le beau dynamisme du sport scolaire ivoirien qui mérite d’être mis en exergue.

Le souhait des responsables de cette institution est que la Côte d’Ivoire organise la 21è édition de la Gymnasiade. C’est à la fois un honneur mais aussi une évaluation de ce que nous faisons. Nous ne pouvons pas accepter que des personnes ternissent ce que le Président a apprécié, ce que des ministres ont apprécié, ce que des pays voisins ont apprécié.

Je voudrais les inviter à nous accompagner dans cette mission, de ne pas être de ceux-là qui déforment l’information, mais de ceux qui se sentent mis en mission pour la promotion du sport scolaire, non pas au bénéfice d’un directeur général qui n’est pas loin de la retraite, mais au profit de notre jeunesse, au profit du sport à l’école. Et l’OISSU est le creuset du sport national, aussi longtemps que l’école sera obligatoire pour l’ensemble de nos enfants.

Qu’est-ce qu’on peut retenir de la saison

qui s’est achevée ?

Cette saison a été organisée comme prévu. Elle a commencé en novembre 2021 avec à la base les compétitions interclasses et inter-promos qui sont à l’initiative des établissements et qui servent de supports aux établissements pour la sélection des équipes qui vont les représenter dans les inter-établissements. Le premier temps fort de ce programme a été les compétitions intra-départementales.

Nous appelons compétitions intra-départementales, les oppositions des équipes d’établissements pour parvenir à l’ultime niveau de cette phase qui sont les finales départementales, qui se sont jouées dans 109 départements. Il faut dire que la couverture totale de la Côte d’Ivoire est faite en termes de départements, c’est-à-dire que les régions ont été animées ainsi que les districts.

Après ces finales départementales, nous avons enclenché, sur deux semaines, les finales interdépartementales, c’est-à-dire que les champions des départements se sont rencontrés à l’intérieur des régions pour dégager les champions des régions qui se sont affrontés à l’intérieur des districts. Nous avons bouclé ce parcours. Il faut retenir que ça été sur une base d’un peu plus de 91 000 licenciés cette année. Nous avions atteint par le passé la barre des 107 000 licenciés, et du fait du coronavirus, il y a eu une rechute jusqu’à 78 000. Nous sommes en train de remonter pour être à 91 000 licenciés.

De ces 91 000 licenciés qui constituent la base, il y a un peu plus de 52 000 qui ont joué les finales départementales et par la suite, autour de 4000 qui ont joué les interdépartementales et 2000 au niveau des finales de districts. Près de 5000 équipes ont participé à nos compétitions. Nous avons le lot des U14 qui est une compétition assez particulière, qui va déboucher sur la phase nationale du premier championnat panafricain de football. Nous avons pris les U14, parce que ce sont les U15 qu’il faut, et c’est l’année prochaine, en 2023, que va se jouer la phase régionale puis la phase africaine.

Au niveau du supérieur, les équipes de l’intérieur ont fini leurs finales de zone. Celles d’Abidjan l’ont fait début juillet. Nous avons joué la 3è édition des Jeux Universitaires fin juillet à l’université de Korhogo. Il faut saluer la montée en puissance de la participation du supérieur parce que l’année passée, nous avions joué avec une participation globale de 25 établissements supérieur. Cette année, il y a eu 60 grandes écoles et universités qui ont animé ce niveau. De 1800 licenciés, nous sommes à plus de 3000 aujourd’hui.

Nous avions au programme, la participation de la Côte d’Ivoire à la 19è Gymnasiade qui s’est organisée en Normandie, en France, du 14 au 22 mai dernier. Nous y avions pris part avec six athlètes qui ont compéti en 100 m, 200 m, et 400 m en longueur. Ils étaient à leur première participation, ils ont tous terminé 4è des séries. Toutefois, les réactions des enfants ont été tout de même bien. Il a été difficile pour certains d’avoir de l’appétit. On sent que c’est de la bonne graine qu’il faut maintenir dans ces compétitions.

C’est comme ça que Ta Lou et Wilfried ont commencé et c’est au niveau supérieur qu’ils ont explosé. Tout commence par une acclimatation avec l’environnement global de la compétition, avoir les réflexes de gagneur, se frotter à ceux qui ont de meilleures conditions d’entrainement que nous. La leçon à tirer, c’est aussi que nous puissions trouver les moyens de mettre ces enfants dans un plan de carrière avec la collaboration du Centre National de Sport de Haut Niveau (CNSHN) et la Fédération ivoirienne d’athlétisme pour qu’on ne les perde plus de vue à partir de ce moment, parce qu’ils ont montré qu’ils étaient de la bonne graine.

Il y a eu aussi, en marge de la Gymnasiade, l’assemblée générale de la Fédération internationale du sport universitaire avec le renouvellement du comité exécutif.

Qu’est-ce qui reste de la saison 2021-2022. On parle de finales de districts et autres ?

La saison 2022-2023 va commencer par les intra départementales. Les interclasses et les inter promos sont des compétitions de base à l’initiative des chefs d’établissements du début jusqu’à la fin de l’année. Les enfants vont en vacances et ils rentrent en septembre. Dès septembre, nous commençons les engagements et notre souhait, j’espère que cette année, on va le réussir, on aura terminé avant Noël. Donc de septembre à décembre, nous serons sur les intra départementales. Elles sont importantes, parce que c’est ce qui est le plus ressenti, puisque tous les établissements et les départements sont en mouvement.

La consigne est que l’action du gouvernement puisse être ressentie au plus profond du corps social. Alors cette partie est très importante pour nous et elle va occuper tout le premier trimestre de l’année académique (2022-2023) mais le dernier trimestre de l’année budgétaire (2022). C’est ce qui reste pour le secondaire. Pour le supérieur, les finales des zones seront organisées en juin et début juillet, et la 3è édition des jeux universitaires interviendra du 26 au 31 juillet 2022.

Vous avez évoqué un peu plus de 91 000 licenciés, alors que l’OISSU a toujours décliné le problème de moyens. Pourtant, on vous attribue les milliards de FCFA. Que répondez-vous à cela ?

C’est un simple problème de calcul arithmétique. Le coût moyen d’une licence est de 500 F. On a plafonné au mieux à 107 000 licenciés. Si vous multipliez ce chiffre par 500 F le prix de la licence, vous serez autour de 53,5 millions de FCFA. Pas du tout suffisant pour couvrir les besoins de l’OISSU.

Nous avons décidé d’offrir à chaque enfant qui est parvenu en finale départementale, pour qu’il garde un souvenir, un tee-shirt. Prenez le coût du tee-shirt à 2000 F ou 2500 F et multipliez-le par les 52 000 participants des finales. Vous allez voir le montant, rien que pour les tee-shirts à ce niveau. Ça ne s’arrête pas là, parce qu’à partir de ce niveau, toutes les étapes importantes sont assorties de petites récompenses.

Si à côté de cela, vous mettez que nous payons le prix du transport aux coûts en vigueur, c’est-à-dire que chaque enfant est transporté et on donne aux délégués OISSU l’équivalent du coût réel du transport. Si vous faites le calcul sur tout ce monde qu’on déplace, vous allez voir aussi que le transport, c’est des centaines de millions de francs. Ajouter à cela le matériel d’organisation, les récompenses (tee-shirts, maillots, ballons, coupes, médailles, filets, etc), vous verrez que les 53 millions sont loin de suffire.

La deuxième chose est que cette recette est une recette budgétaire. D’aucuns croient que cet argent est déposé dans un tiroir à l’OISSU et qu’on peut le prendre pour faire ce qu’on veut. Non, il est versé au Trésor et il fait partie du budget de l’OISSU. A la conférence budgétaire, nous exprimons nos besoins. Je dis n’importe quoi, 100 millions de francs. On nous demandera, combien êtes-vous capables de mobiliser ? Nous disons que ce qui nous permet de mobiliser des ressources, ce sont nos licences et elles coûtent en moyenne 500 francs.

Comme d’une année à l’autre, le nombre de licenciés peut chuter ou augmenter, on va être prudent et on va dire, on va mobiliser 20 millions. On nous répondra que le Budget va vous donner 80 millions et vos 20 millions que vous allez mobiliser, complètent votre budget. Voilà comment ça se passe. Mais si d’aventure, au lieu de 20 millions, nous avons 30 ou 40 millions, le supplément ne peut pas être utilisé. Il faut attendre l’année d’après pour faire une demande d’intégration au budget. Il faut que cette requête soit accordée pour que les ressources complémentaires que vous avez, puissent être consommées. Sinon, vous ne pouvez consommer.

Donc, pour nous, ces milliards, c’est une vue de l’esprit. Il n’en est rien et les chefs d’établissements peuvent le témoigner, puisque c’est eux qui prennent les licences et ils ne prennent pas les licences pour tous leurs élèves. Effectivement, nous l’avons suggéré. Qu’on prenne une licence pour chaque élève comme cela se fait au Maroc. Effectivement, si cela était, bien sûr qu’on aurait des ressources pour faire beaucoup d’autres choses, mais nous n’avons pas ça.

Le Maroc, à certains endroits, déplacent les enfants en avion pour aller à des compétitions. Le Maroc a 7 millions d’élèves et d’étudiants comme c’est le cas chez nous. Mais pour lui, la licence fait un Euro, ça fait 650 à peu près. Multipliez 650 par 7 millions, vous allez voir que c’est 4 à 5 milliards de FCFA qu’ils ont. Si l’OISSU a ça, c’est gagné.

Qui s’oppose à cette proposition de faire payer la licence à tous les élèves ?

Les cotisations sont officiellement interdites dans les établissements. Demander une cotisation pour le sport scolaire et universitaire, c’est initier une cotisation supplémentaire. Cette requête ne peut donc prospérer. Cependant, j’estime qu’on devrait trouver le moyen de faire payer ces 500 f, surtout que cette licence est adossée à une assurance, et que cela rendrait l’OISSU très fort pour lui permettre d’agir dans le domaine de l’amélioration des infrastructures, dans la formation, et la participation aux compétitions.

Il est bon de noter que l’ISF organise par an 12 championnats du monde. La Côte d’Ivoire peut y participer, en plus des jeux multisports, d’été et d’hiver. C’est-à-dire que c’est à une vingtaine d’activités internationales que la Côte d’Ivoire peut participer par an. Mais, cette saison, on n’a pu participer en termes de compétitions qu’à la Gymnasiade de Normandie, avec un nombre d’athlètes réduit, alors qu’aujourd’hui, nous avons depuis 2014, la liste des athlètes détectés par discipline. Tous les ans, nous détectons en collaboration avec le Centre national de sport de haut iveau (CNSHN) et des fédérations.

Donc nous disposons de quelque chose et il s’agit de mettre tout cela dans un plan de carrière. Pendant les vacances scolaires, ils peuvent se retrouver tous à l’INJS, il y a de la place aujourd’hui pour les accueillir, il y a les ressources humaines pour les former et nous pouvons y participer. Je ne sais pas si on peut faire l’économie de cela, mais c’est ce qui fait qu’on demande beaucoup à l’Etat et l’Etat fait beaucoup. C’est aussi beaucoup de compréhensions de la part des responsables de la Direction du Budget.

On est tous témoins de ce que la Côte d’Ivoire est en chantier aujourd’hui. Ce n’est pas nous qui allons dire que tout ce qui est investissement sur les routes doit être laissé … Non, non, non. Cela nous sécurise sur les routes. Tous ces investissements, qui se font, sont importants pour notre pays. D’aucuns me disent, les sponsors. Oui, attention tout de même, parce que le sponsoring a des principes et des fonctionnements qui quelquefois, s’ils ne sont pas contenus et maîtrisés, peuvent nous faire regretter de l’avoir admis à l’école. Voyez tout ce qui se passe dans le civil, dans certaines fédérations. Il ne faut pas ouvrir l’école à ça d’une certaine manière.

Il a été aussi question du transport des équipes. Quelle est la responsabilité de l’OISSU et de ses délégations dans cette affaire ?

Les frais de transport pour les compétitions qui amènent les enfants à se déplacer d’une localité à l’autre, sont à la charge de l’OISSU. Par rapport à ça, un état est fait et engagé au bénéfice des délégués des différentes circonscriptions pour leur permettre d’affréter les véhicules. Pour réguler cela, nous avons élaboré ce qu’on appelle « Le guide de l’accompagnateur ». Ce guide donne les caractéristiques des véhicules qui doivent transporter les athlètes OISSU.

C’est aux délégués, mais aussi aux responsables d’établissements, de veiller à cela. Ils ont le devoir de faire une inspection sommaire du véhicule qu’on met à leur disposition, que les papiers sont en règle, que l’état général du véhicule est bon avant de l’affréter. Ils ont la consigne, à partir de ce document, que si les vitesses autorisées sont dépassées, qu’au premier poste de police, ils doivent signaler que le chauffeur a une conduite qui n’est pas conforme à la règle.

Il arrive, faute de véhicules conventionnels dans certaines zones, que les gens trichent avec les dispositions. Mais la consigne qui leur a été donnée, c’est que s’il n’y a pas de véhicules conventionnels, qu’ils renoncent aux compétitions et fassent une animation locale. Si dans une localité, il n’y a pas de véhicule pour transporter en toute sécurité les enfants, il faut trouver un mode d’animation sportive locale pour qu’ils participent, parce qu’on commence par les interclasses, inter-promo, mais les compétitions amicales entre établissements existent. Voilà pourquoi ils n’ont pas besoin de prendre des tracteurs pour faire des déplacements.

En plus du guide, j’ai personnellement fait une note à l’ensemble des délégués pour rappeler ce fait en 2021. En février 2022, j’ai adressé une note à l’attention des DR et DD des Sports pour rappeler cette disposition. Autant dire que la sécurité des enfants n’a pas de prix. On préfère renoncer à des compétitions pour ça, Mais souvent, il y a des accords. Parce que s’il m’affrète autre chose, moi parent d’élève, je réagis. Je refuse, mon fils ne va pas dans ça. Il y a le directeur de l’école, il y a les enseignants de l’école, les éducateurs, etc. Si ça se fait, c’est que la responsabilité de tous est engagée. Moi, j’ai un droit sur le délégué. Le délégué qui méprise les consignes, je le remets à la disposition du directeur des ressources humaines, parce qu’il n’a pas sa place dans nos rangs.

Y a-t-il déjà eu des sanctions à ce niveau ?

Oui, cette année, il y en est un qui a désobéi. Tout de suite, on lui a collé une demande d’explication. Il s’est expliqué quand même. On peut prendre des mesures conservatoires, mais cette décision suit toute une procédure. Tous les coupables ont le droit de se défendre, c’est pour cela qu’on lui colle une demande d’explication. La décision de mise à disposition du DRH a été déjà actée.

Comment voyez-vous dans quelques années ces jeux universitaires ?

Je pense qu’ils seront l’essentiel du sport ivoirien, parce que de plus en plus, les athlètes sont repérés bas. A l’école primaire déjà, on agit sur un certain nombre et au moment où ils arrivent à l’université, ils ont une certaine formation. Dans les principes de la formation sportive, c’est au-delà de 17 ans que la garniture enzymatique permet à l’enfant de donner le meilleur engagement sportif. Or la plupart des enfants, à cet âge, sont déjà dans le supérieur. La formation va être beaucoup plus fine plus sur le bas et si on les prend tôt, ils explosent et deviennent de véritables athlètes dans le supérieur.

Et c’est là qu’on va trouver tous les sportifs de Côte d’Ivoire à un moment donné. Il ne faudrait pas attendre trop longtemps pour qu’on y arrive, parce que déjà, depuis une dizaine d’années, nous avons commencé ce travail. Vous allez voir que dans le supérieur, tous ceux qui participent sont des athlètes que nous connaissons plus ou moins déjà depuis le secondaire. Vous voyez que c’est en train de prendre et maintenant, le travail, au niveau de la technique individuelle, va faire que les équipes civiles n’auront pas le choix que d’aller chercher là et de les suivre. Je suis très confiant en l’avenir du sport universitaire.

Vous avez aussi évoqué le premier championnat panafricain interscolaire. De quoi s’agit -il ?

Vous vous souvenez de la visite, l’année dernière, du président de la CAF et du président de la FIFA, l’un représentant la CAF et l’autre, la fondation Motsepe. Ils ont en projet d’organiser le premier championnat panafricain, basé sur l’organisation de la CAF. Nous faisons partie de la zone UFOA B, et nous devons voir notre champion de zone qui va aller en compétition avec les autres. Pour en arriver, il faut que chaque pays membre organise ses phases éliminatoires. Ils ont adressé des fiches d’inscription qui devraient être validées à la fois par le point focal, qui n’est autre chose que la FIF (CONOR).

Les responsables ont signé mais l’Etat également parce que l’un des objectifs est de mettre tout ce monde en harmonie par des actions politiques de développement. L’Etat a signé, le ministre des Sports a signé, le ministre de l’Education nationale a signé. A partir de ce moment, l’OISSU, responsable de l’organisation et du développement du sport à l’école, a été saisi et en collaboration avec la FIF, nous nous sommes mis d’accord sur une approche.

Nous, OISSU, intégrons à nos compétitions habituelles, la catégorie qui est concernée, les U15. Et comme c’est en 2023, pour que ceux que nous avons, puissent participer, il fallait que nous descendions d’un an. Donc nous avons ouvert une catégorie des U14. Aujourd’hui, nous disposons de la liste des champions, il y a sept équipes de filles et 13 équipes de garçons. Nous devons organiser la phase nationale.

J’ai déposé à la signature, auprès du directeur de cabinet, pour transmission au président de la FIF, l’état d’exécution de ce programme. La suite, c’est la convention. Ce sur quoi nous avions convenu, c’est que les charges inhérentes à cette organisation, dans cette première partie, étaient à l’OISSU, mais à partir de la phase nationale, c’est la FIF qui devrait rechercher les ressources probables. Mais nous avons la contrainte de la boucler avant la fin du mois de juillet. C’est le calendrier global qui l’impose. La phase de zone aura lieu en novembre, et en février 2023, le premier championnat panafricain.

Etes-vous sûr que la Côte d’Ivoire sera prête ?

On est à jour du programme, l’OISSU a su dérouler la partie qui était à sa charge et on a les ressources qui permettent d’organiser la phase nationale. Cet accord a été pris depuis, avant qu’on ne commence la saison, au niveau calendaire, nous sommes à jour. On a pu faire les phases départementales, régionales, de districts et c’est ça qui nous permet aujourd’hui de vous communiquer les listes des établissements qui sont champions de districts, filles comme garçons.

Avant votre arrivée, l’OISSU battait de l’aile. Quelle a été votre stratégie pour lui permettre de retrouver ses couleurs ?

On a dû faire une analyse qu’on a voulu sans passion, qui soit la plus objective possible. On a mis en évidence un certain nombre de choses : la démotivation de ceux qui encadrent les acteurs terrains (les chefs d’établissements, les enseignants d’éducation physique. Deuxièmement, les infrastructures étaient désuètes, elles n’existaient même pas ou étaient en mauvais état. Troisièmement, le mouvement sportif était dans l’informel, c’est-à-dire que les gens existaient mais ils n’avaient pas de statut juridique.

Aujourd’hui, par exemple, il existe un président de la ligue de Tengrela. Avant, il y avait quelqu’un qui jouait plus ou moins ce rôle, mais il n’était distingué par rien du tout. Aucun texte ne lui donnait ce statut. En termes de textes, il n’y avait que l’AUC qui en avait. L’absence de textes faisait que quelqu’un qui arrive, du jour au lendemain, arrêtait parce que ce n’était pas formel.

Il y avait que le ministère des Sports et le ministère de l’Education nationale se regardaient en chien de faïence, les uns ne comprenant pas pourquoi la tutelle de l’OISSU soit le ministère des Sports. Le volume horaire consacré à l’éducation physique qui prépare aux compétitions sportives a baissé. En son temps, il y avait certains qui avaient jusqu’à trois plages par semaine d’éducation physique. Nous, on en avait deux, une plage longue et une plage courte en plus de ce qu’on appelait les centres d’animation sportifs, les centres d’entraînement sportifs, qui existaient dans les établissements où j’étais et où j’ai exercé. Mais tout cela s’est arrêté.

Donc, c’est l’effet conjugué de tout cela qui a amené le sport scolaire, avec les ressources qui sont allés en sens inverse, les effectifs pléthoriques des classes, à décroitre. Dans un premier temps, avec l’adhésion de tous, on a fait des axes de développement et cherché à formaliser l’environnement. C’est ce qui nous a amené à faire des arrêtés interministériels. Vous avez un des arrêtés qui a été signé par huit ministres pour que tout le monde se retrouve pour servir de support pour convaincre ceux qui sont à la traîne. Et je pense que ce texte a eu un bon effet, et c’est qui a amené la création de trois fédérations sportives.

D’une association sportive, on est à plus de 6000 associations aujourd’hui et on a fait un plaidoyer pour avoir des ressources pour commencer à réhabiliter les infrastructures. On a amélioré le schéma des compétitions qui puisse permette à ceux qui veulent rester dans le sport de masse d’en rester là, ceux qui ont des ambitions plus pointues pour accéder au sport de haut niveau, qu’ils puissent le faire également. Le nouveau format de compétitions qu’on a mis en place, je crois que c’est l’animation de tout ça qui est en train de donner tout ce résultat avec le regard bienveillant depuis le haut niveau.

Depuis la première année de la mise en marche de ce projet de relance de sport, le président de la République nous a reçus. Il a tenu à féliciter le ministre des Sports et moi. Cela veut dire qu’on est suivi, vu la bienveillance du ministre du Budget et des différents ministres qui se sont succédé et qui ont mis au centre de leurs activités, l’OISSU. Il n’y a personne qui ait remis en cause le fait que ce soit une priorité.

Le Ministre Paulin Claude Danho l’a dit haut et fort lors des deux finales de districts qu’on a regroupées à Yamoussoukro. J’ai eu ce soutien et la compréhension de plus en plus manifeste des chefs d’établissements. Le programme qui a été conçu a été systémique et cohérent. Il a pris en compte l’ensemble des éléments pour les mettre en cohérence, de telle sorte que chacun apporte un petit plus pour aller de l’avant. Le retour de la Côte d’Ivoire au sein des institutions internationales faisait partie de ce projet.

Aujourd’hui, on est membre de la Confédération africaine du sport scolaire, on est membre de la Fédération internationale du sport scolaire, on est membre de la fédération africaine du sport universitaire, on est membre de la fédération internationale du sport universitaire. A toutes les compétitions, nous prenons part, et même, c’est un ivoirien qui est vice-président de la fédération africaine du sport universitaire, Dr Sidibé, qui est président de la Fédération ivoirienne du sport universitaire (FIVSU). C’est cette approche systémique qui a une certaine cohérence et qui nous a amenés à ce résultat.

Les budgets des EPN s’amenuisent d’année en année. Qu’en est-il de l’OISSU ?

Il y a une bonne pente de remontée. Ça ne s’amenuise pas, au contraire, ça augmente. En même temps, comme à la base ça s’augmente, du coup, on est dans une situation d’insuffisance. Lorsqu’on fait le tableau, à certaines années, ça a décroché un peu, mais globalement, les ressources de l’OISSU croissent. De 2012 où je suis arrivé à aujourd’hui, le budget a été multiplié par 10. Il y a une belle montée et c’est pour cela que j’ai salué tout à l’heure la compréhension des responsables du Budget au plus haut niveau. C’est eu égard à l’importance que le premier responsable, le Président de la République, attache à la chose.

Nous avons été soutenus, mais comme je vous l’ai dit, l’année passée, nous avions pour l’enseignement supérieur 25 établissements, cette année, on est à 60 établissements. Du coup, voyez que les besoins vont s’accroître plus vite que l’évolution des subventions mises à la disposition de l’OISSU. En 2018, on a organisé un cross international à Abobo, sous le parrainage de Feu Hamed Bakayoko, mais l’année d’après, on a eu plus de 800 établissements supplémentaires qui se sont inscrits pour participer à l’OISSU et 30 000 licenciés supplémentaires d’une année à l’autre.

La deuxième difficulté, c’est que ces ressources ne sont pas mises à disposition dès le départ, de telle sorte qu’on soit situé. C’est par des demandes de rallonges budgétaires successives qu’on arrive à ça. Si on avait les ressources dès le début de la saison, on aurait organisé les finales de districts deux semaines avant et un autre engouement aurait été autour de ces compétitions.

Vous venez d’être porté à la tête de l’ISF au niveau du continent africain, Quelles seront vos priorités ?

J’ai reçu une invitation pour la participation à la 20è édition des jeux scolaires est-africains (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Rwanda, etc), Ils sont en réseaux et chaque année, les équipes se retrouvent pour faire un jeu et ils sont à la 20è édition. C’est de travailler à ce que ce modèle se retrouve dans toutes les régions d’Afrique. C’est pourquoi, je suis membre fondateur et à la base de la mise en place d’une fédération africaine du sport scolaire, sur laquelle mon action s’établit. C’est ce qui me vaut l’honneur d’être là, puisqu’en 2014, quand la Côte d’Ivoire adhérait à l’ISF, il n’y avait que six pays africains et mes actions d’information et de sensibilisation ont permis que l’Afrique soit aujourd’hui à 37 pays membres

Quelque part, on se dit, celui qui a œuvré à cela est là. Lorsqu’on devait créer la Fédération africaine du sport scolaire (FASS) c’était difficile. Tout le monde s’est dit que c’est Koné qui a mis ça en place. Mais il fallait que la Côte d’Ivoire soit prête à apporter quelque chose à ce moment-là à l’Afrique. J’étais avec quelqu’un qui m’a dit que mon leadership africain est avéré mais que le Maroc a beaucoup plus de choses à offrir aujourd’hui à l’Afrique en attendant.

Il faut savoir que le Maroc a organisé la première Gymnasiade africaine en 2018. La première et la seule, jusqu’à maintenant. Il fallait le faire. L’année prochaine, il organise le premier championnat du monde de football scolaire. Avec les ressources qu’ils ont, il ne fallait pas prendre pour prendre, il fallait prendre ça si on pouvait. L’occasion qui nous est donnée de pouvoir non seulement offrir à l’Afrique quelque chose mais au monde entier, c’est la Gymnasiade de 2026 qui est à notre portée. On part avec les faveurs de toute l’Afrique, puisque réunis ici à Abidjan, ils ont fait une motion de soutien à une éventuelle candidature de la Côte d’Ivoire.

Après l’annonce de la bonne nouvelle, où en êtes-vous avec ce dossier ?

Le Ministre des Sports a adressé une note à la haute attention du Premier ministre et lorsque je suis revenu de la Gymnasiade de cette année, je suis allé rendre compte et il m’a dit, « allez-y ». Nous sommes en train de faire toute l’approche administrative de la chose pour finaliser une communication en Conseil des ministres qui est l’élément déclencheur de tout, parce qu’il faut préparer la candidature, faire la promotion de la candidature, la présenter et si elle est agréée, je suis persuadé que cela le sera, puisque lors de la visite du directeur sportif de l’ISF, il était complètement séduit par l’environnement que nous avons.

On vient de la Gymnasiade de Normandie, mais les enfants étaient éparpillés au moins sur quatre sites de regroupements. En sport, ce qu’on recherche, c’est de mettre tous ces enfants ensemble, qu’ils se connaissent, qu’ils coopèrent, gardent le souvenir de leur contribution à une civilisation universelle, se sentent citoyens du monde. Nous, nous avons la possibilité de mettre 4 400 enfants ensemble. C’est à peu près le nombre d’enfants attendus. Ils sont séduits par ça. J’étais le président de la commission sport des jeux de la Francophonie, on a acquis l’expérience de l’organisation des grands évènements.

Nous y travaillons, je suis en contact avec les autres et tant mieux que je sois membre du Comité Exécutif de l’ISF, parce que ça fait que la Côte d’Ivoire a un œil au sein de la chose et cela peut favoriser beaucoup de choses.

Pour le grand public, c’est quoi

la Gymnasiale ?

La Gymnasiade, par son format, par les valeurs qui sont mises en avant, par son caractère multisports, on pourrait dire que ce sont les jeux olympiques du sport scolaire, parce que ouvertes aux athlètes de 132 pays, c’est au moins 14 disciplines, c’est au-delà de 3500 athlètes, plus le reste en encadreurs et en intervenants de tous ordres. C’est déjà cette ouverture, ce n’est pas autre chose que les jeux olympiques scolaires. C’est d’autant plus juste que l’ISF est membre du Comité olympique international (CIO). Ça facilite la compréhension. La même chose existe au niveau supérieur, on les appelle les Universiades et là, c’est 163 pays membres.

Quelles sont les ambitions de la Côte d’Ivoire en voulant organiser la

Gymnasiade ?

Cela fait partie de ce qui renforce le rayonnement de la Côte d’Ivoire. Déjà, il y a ça à prendre. Deuxièmement, il y a une très forte implication des jeunes dans l’organisation. Lorsqu’on était à Deauville, vous arrivez, vous allez voir pour un adulte, vous avez au moins une trentaine de jeunes à son service, qui font tout. C’étaient plus de 4000 jeunes impliqués et qui ont été formés en anglais, puisque la langue de travail de l’ISF, c’est l’anglais. Tous parlaient l’anglais comme il le faut. C’était tellement bien que vous direz qu’on a fait venir des enfants, mais cela est un gain pour les ressources humaines.

C’est d’un développement du volontariat que la Côte d’Ivoire a besoin. C’est la deuxième chose. C’est un appui particulier au sport scolaire pour véritablement faire prendre conscience à tout le monde de l’utilité du sport scolaire. Tout commence par là. On a déjà le dossier des jeunes officiels qu’on est en train de mettre à niveau. Ce sont des jeunes coachs, ce sont des jeunes secouristes, ce sont des jeunes reporters, ce sont des organisateurs. Voyez toute l’ouverture qu’on a à gagner dans ça.

C’est la possibilité aussi pour la Côte d’Ivoire de toujours renforcer son patrimoine infrastructurel sportif. Je pense que, avec ce qui a été fait pour les Jeux de la Francophonie, tout ce qui a été fait pour l’Afrobasket, et est en train d’être fait pour la CAN 2023, il n’y a pas beaucoup de secteurs sportifs qui ne soient pris en compte. Ce qui n’a pas été pris en compte, c’est l’occasion de le faire.Je rêve au moins d’une piscine olympique pour Abidjan afin que tous les grands évènements sportifs de quels types qu’ils soient jusqu’aux JO, peuvent être organisés par la Côte d’Ivoire.

Au football, on aura un équipement qu’il faut, la seule chose en mon sens aujourd’hui qui manque, c’est la piscine. Avec ce qu’on a en taekwondo, tout ça augmente les possibilités, et il reste à mon sens qu’il faut en profiter pour mettre cet environnement à disposition, même pour les jeux olympiques.

L’OISSU était au-devant de l’organisation d’une compétition scolaire qu’on appelait la Copa Coca-Cola. Depuis

deux ou trois ans, on en parle plus. Que devient ce tournoi ?

Deux raisons à la suspension de la Copa Coca Cola. La première est qu’il y avait la coupe du monde et que Coca Cola était impliqué dans l’organisation, donc ils se sont désengagés parce qu’ils n’étaient pas seulement en Côte d’Ivoire, mais aussi dans d’autres pays comme le Cameroun.

La deuxième raison, c’est l’accord sur les conventions qu’on devait revoir et qu’on n’a pas eu le temps de le faire. Lorsque vous avez fait quelques années de quelque chose, les failles, vous les voyez et à un certain moment, il faut réajuster et il y avait la nécessité de réajuster ces conventions sur lesquelles nous étions, mais ils ne sont plus revenus dans la sphère de cette organisation. C’est aussi le cas de Youki avec qui on a pu faire un championnat de handball scolaire.

Mais comme je le dis, il faut qu’on arrive à des partenariats gagnant-gagnant, surtout pour l’équilibre de la chose. La compréhension de l’ensemble des partenaires doit se renforcer et non s’effriter. On a réussi à établir la confiance et aujourd’hui, notre collaboration est parfaite et même amicale avec le directeur de la Vie scolaire de l’éducation nationale (DVS), ainsi que le Directeur des œuvres universitaires, de la vie associative et du genre de l’enseignement supérieur (DOUVAG). Je pense que c’est une ambiance de confiance qu’il faut renforcer. Sinon, avec ce qui se dit, si c’est cette confiance s’effrite, ce n’est pas bon.

Votre mot pour la fin ?

C’est de profiter de cette occasion pour remercier la disposition de la plupart des chefs d’établissements et des autorités pédagogiques à comprendre et à s’impliquer, parce que ce n’était pas évident. Je voudrais remercier aussi le corps préfectoral pour son soutien important et essentiel, à plusieurs niveaux, de telle sorte que très peu de personnes ne soient pas informées de ces compétitions.

Je voudrais inviter tout ce monde à croire que l’avènement d’un sport scolaire dynamique, actif, opérant, va surement améliorer l’environnement global du sport en Côte d’Ivoire, en termes de performances mais aussi en termes d’animation autour, parce que, faire jouer les meilleures équipes sans spectateurs, c’est enlever quelque chose aux compétitions. C’est cela qui va permettre de redonner goût à l’ivoirien pour se retrouver au stade. C’est de leur présence au stade que des ressources sont générées pour améliorer les performances et les conditions de tous ceux qui agissent autour du sport.

J’invite tout le monde à miser sur ce sport scolaire qui est essentiel dans le développement du sport national, de telle sorte que tout ce qui peut être généré dans ce monde participe à l’avènement d’une filière économique, dynamique et performante.

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