Côte d’Ivoire Espère Grâce Après Condamnation au Niger

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Côte d'Ivoire Espère Grâce Après Condamnation au Niger
Côte d'Ivoire Espère Grâce Après Condamnation au Niger

Par Florence Richard

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Arrêté en septembre 2024 au Niger, le journaliste ivoiro-nigérien est accusé d’avoir participé à une tentative de déstabilisation du pouvoir burkinabè. Il vient d’être condamné à deux ans de prison ferme pour « atteinte à la défense nationale ».

Plus d’un an après son arrestation et son placement en détention provisoire, tous espéraient son acquittement. Le journaliste ivoiro-nigérien Serge Mathurin Adou a finalement été condamné par la cour criminelle de Niamey à deux ans de prison ferme pour « atteinte à la défense nationale », au terme d’un procès qui s’est tenu ce 21 novembre.

« Je suis abasourdi, sonné », réagit auprès de Jeune Afrique un membre de la famille, le politologue ivoirien Geoffroy-Julien Kouao. Ce dernier, qui dit « [prendre] acte de la décision de justice », espérait son acquittement, comme l’ensemble des proches de l’accusé, notamment son épouse présente au procès. La sanction aurait cependant pu être bien plus lourde, le procureur ayant requis 20 ans de prison. Son avocat n’entend pas faire appel du verdict, a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Serge Mathurin Adou, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, avait été formellement inculpé le 11 novembre 2024 par la justice nigérienne dans une affaire de complot présumé contre le régime burkinabè du capitaine Ibrahim Traoré, allié de Niamey au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), puis transféré dans une prison de haute sécurité située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

L’espoir d’une grâce présidentielle

Quelques semaines avant son inculpation, le nom de ce père de famille avait été cité en direct à la télévision par le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, Mahamadou Sana, parmi une quinzaine d’autres, dont celui de l’ancien président de transition, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, et d’anciens ministres, tous soupçonnés d’avoir tenté de « prendre le palais présidentiel » de Ouagadougou.

« Il a déjà passé une année en prison en détention provisoire, il lui reste donc une année à purger », précise Victor Akpro Akessé, consul honoraire de Côte d’Ivoire au Niger. Ce dernier, qui a rendu visite à plusieurs reprises à Serge Mathurin Adou et affirme qu’il est bien traité, espère qu’il puisse bénéficier d’une grâce présidentielle à l’occasion de la fête nationale du 18 décembre. « Nous sommes en train de travailler sur la question », indique-t-il sans préciser quelles voies seront utilisées pour y parvenir.

Présentateur de la chaîne Canal 3, correspondant pour la BBC et la Deutsche Welle, natif du centre de la Côte d’Ivoire mais résidant au Niger depuis 1994, pays dont il a depuis obtenu la nationalité, Serge Mathurin Adou pourrait aussi bénéficier d’une libération anticipée pour bonne conduite. Victor Akpro Akessé espère qu’il pourra retourner dans la prison de haute sécurité pour bénéficier de meilleures conditions de détention après son transfèrement à la prison civile de Niamey pour les besoins de son procès.

Source: JeuneAfrique

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