Côte d’Ivoire-Sénégal : une concurrence toujours plus vive entre les deux places fortes de la tech francophone

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Côte d’Ivoire-Sénégal : une concurrence toujours plus vive entre les deux places fortes de la tech francophone
Côte d’Ivoire-Sénégal : une concurrence toujours plus vive entre les deux places fortes de la tech francophone

Quentin Velluet

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Au fil des trois dernières années, Abidjan a su peaufiner son attractivité dans la tech. La mégalopole ouest-africaine talonne désormais Dakar en termes de levées de fonds.

Chaque année, le bilan des levées de fonds des start-up africaines tire les mêmes conclusions: la fintech reste la reine des tours de table et les quatre marchés que sont le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud captent l’essentiel des fonds débloqués par les investisseurs en capital-risque (près d’1,5 milliard de dollars à eux quatre en 2024, selon le dernier rapport sur le sujet publié le 23 janvier par le fonds d’investissement Partech).

Mais qu’en est-il des levées de fonds des zones francophones, notamment de l’Uemoa, que nombre de start-upper et investisseurs de la région se plaisent à présenter comme un marché unique ?

Selon Partech, avec 229 millions de dollars injectés dans les jeunes pousses locales en 2024, cette région est la première destinataire des fonds investis hors « big four », et ce, pour la deuxième année consécutive. Ce montant est néanmoins en recul de 31 % sur un an, tout comme le nombre de transactions clôturées. Elles passent ainsi de 93 en 2023 à 80 en 2024.

Des investissements captés par une poignée de pays

S’il est encourageant d’observer que l’Afrique francophone tient une place significative dans la tech continentale, en détail, une poignée de marchés concentre les attentions. Outre le Maroc qui truste la première place, en Afrique subsaharienne, deux pays se concurrencent fortement: le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Les places de Dakar et d’Abidjan ont effectivement toutes deux vu 12 tours de table de plus de 200 000 dollars se conclure en 2024.

Depuis trois ans et le lancement d’une réflexion autour d’une loi d’accompagnement au développement des start-up promulguée en janvier 2024, la Côte d’Ivoire a progressé dans sa capacité à faire éclore de nouveaux noms et à attirer des investisseurs.

Début 2024, Abidjan a par exemple vu l’investisseur français Ring Capital poser ses valises dans le cadre de la création de son nouveau fonds Ring Africa, dédié au continent. À la même période, le champion kényan Tappi, spécialiste de la publicité pour les petites entreprises, s’est implanté dans le pays à la faveur d’un partenariat avec l’opérateur de télécoms MTN. Autre signe d’un certain dynamisme de la place d’Abidjan, le choix, fait par le conglomérat malgache Axian, d’investir un montant non divulgué dans la jeune pousse ivoirienne d’assurances WiAssur en septembre 2024.

Les progrès de la Côte d’Ivoire

Entre-temps, les autorités ivoiriennes ont convaincu le géant Google de faire atterrir sur leurs côtes, le nouveau câble sous-marin de fibre optique Equiano, tandis que Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la jeunesse et de l’Emploi des jeunes, concrétisait la création du fonds public Start-up Boost Capital doté d’un milliard de francs CFA (environ 1,5 million d’euros) et supervisé notamment par l’association Côte d’Ivoire innovation 20 (Ci20), composé de figures de la tech locale (CinetPay, Lifi-Led, Coliba) et présidée par Steven Bedi.

Si la Côte d’Ivoire rattrape progressivement son retard, c’est toujours le Sénégal qui tient la dragée haute en captant le plus d’investissements: 36 millions de dollars ont ainsi convergé vers les start-up sénégalaises en 2024. Mieux doté en champions locaux, le pays de la Teranga a profité en 2024 de levées de fonds significatives portées par des jeunes pousses comme Socium (5 millions d’euros levés en novembre 2024 avec Orange Digital Ventures) ou LAfricaMobile (4,6 millions de dollars avec Janngo Capital pour son développement hors des frontières sénégalaises).

Du reste, tandis que la fintech rafle la mise au niveau continental, les investissements dans la tech d’Afrique francophone sont plus également répartis sur le plan sectoriel. Autres points positifs dans un contexte plutôt morne, selon Partech, le nombre d’investisseurs actifs sur la zone a augmenté de 9 % en 2024.

Source: JeuneAfrique

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