L’alliance entre Bédié et Gbagbo à l’épreuve des investitures pour les locales

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L’alliance entre Bédié et Gbagbo à l’épreuve des investitures pour les locales
L’alliance entre Bédié et Gbagbo à l’épreuve des investitures pour les locales

Aïssatou Diallo

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le PDCI et le PPA-CI veulent s’allier pour les élections municipales et régionales du 2 septembre. Mais des blocages persistent dans certaines zones et pourraient compromettre leur projet d’union face au RHDP d’Alassane Ouattara.

Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ont décidé d’unir leurs forces pour les municipales et les régionales du 2 septembre prochain. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), les formations politiques des deux anciens chefs d’État, ont mis en place une commission paritaire composée de 24 membres – douze de chaque parti – pour évoquer, notamment, la liste électorale et les différentes candidatures.

Lors d’une conférence de presse conjointe, le 1er juin, les deux partis d’opposition ont montré un front uni en dénonçant une liste « ni fiable, ni exploitable ». Mais plus d’un mois après le lancement de leurs négociations, des dissensions persistent sur les candidatures dans plusieurs régions et mairies.

Alors que des cadres du PPA-CI considèrent certaines zones comme leurs fiefs, qui devraient donc naturellement revenir à leurs candidats, ceux du PDCI militent pour la prise en compte d’autres critères qu’ils estiment plus objectifs, comme l’absence du parti de Laurent Gbagbo aux élections depuis une dizaine d’années. « On ne peut plus partir sur des logiques régionalistes. Il faut prendre en compte la réalité du terrain, car la configuration électorale a changé », glisse un cadre du PDCI.

Plusieurs cas litigieux
Certains candidats ont pris les devants, à l’instar d’Anoman Kouao Magloire. Le candidat du PDCI dans le Sud-Comoé a publiquement demandé à son parti de ne pas laisser la région à Georges Armand Ouégnin, poids lourd du PPA-CI et député de Yopougon. « Il me revient que des arrangements sont en train de s’opérer au profit de certains maires retenus par le PDCI en vue de sacrifier la présidence du Conseil régional du Sud-Comoé à l’avantage du PPA-CI, hypothèse contre laquelle je m’oppose », a-t-il dénoncé le 14 juin au siège du parti.

« Vu que l’espace politique du Sud-Comoé est occupé par le PDCI et le RHDP, il va de soi que, dans le cas d’une alliance, notre parti conduise la liste du Conseil régional (…) Dans l’hypothèse contraire, chaque candidat conduira sa liste et les couleurs de son parti à l’élection », a-t-il ajouté.

Parmi les autres cas sensibles : l’emblématique commune abidjanaise de Yopougon, considérée comme un bastion pro-Gbagbo. Alors que le PPA-CI tient à y maintenir son candidat Michel Gbagbo, député de la commune et fils de Laurent, le PDCI, lui, estime que le député Dia Houphouët Augustin Yohou a plus de chance de l’emporter face au candidat du RHDP, Adama Bictogo.

Pour les régionales dans le Haut-Sassandra, le PDCI voit d’un mauvais œil les ambitions du PPA-CI, qui souhaite faire succéder Stéphane Kipré à Alphonse Djédjé Mady, figure historique de l’ancien parti unique et président sortant de la région. Kipré, premier vice-président du parti de Laurent Gbagbo – dont il est par ailleurs l’ex-gendre – n’a jamais été élu. Qu’ils s’allient ou se présentent chacun de leur côté, ils auront face à eux un jeune loup du parti au pouvoir : le ministre de la Promotion de la jeunesse, Mamadou Touré.

Enfin, dans l’Ouest, si les deux partis sont unanimes pour céder le Cavally à Hubert Oulaye, président exécutif du parti de Laurent Gbagbo, des mésententes persistent autour du Guémon. Face au président du groupe parlementaire du PDCI et conseiller spécial de Bédié, Simon Doho, le PPA-CI négocie la candidature de son responsable en charge de la sécurité, Daniel Billaud.

Test électoral pour le PPA-CI
Lors des législatives de mars 2021, déjà, des candidats de la coalition Ensemble pour la démocratie (EDS), fondée par des fidèles de Laurent Gbagbo, avaient fait liste commune avec le PDCI dans certaines circonscriptions. Mais depuis le retour de l’ancien président en Côte d’Ivoire et la création de son nouveau parti, la donne a changé. Pour le PPA-CI, ces locales sont le premier vrai test électoral et peuvent permettre au parti de se doter d’une assise nationale. Il est donc important pour lui d’obtenir le maximum de candidatures.

Lors de ses vœux du nouvel an, le 29 janvier, à Daoukro, Bédié avait été clair au sujet des alliances. « Nous serons stratégiques dans nos choix, et ceux-ci ne doivent être pris que dans le seul objectif de renforcer notre position et de conquérir de nouveaux territoires. Le PDCI-RDA n’est pas à vendre à l’encan ! », avait-il martelé.

Qu’ils se présentent ensemble ou chacun sur leur liste, le PDCI et le PPA-CI devront déposer les candidatures à la Commission électorale indépendante (CEI) en juillet. En attendant, les discussions se poursuivent sur les cas litigieux. « Chaque parti a présenté ses candidats. Nous sommes en pleine discussion pour choisir les meilleurs qui permettront à notre alliance de gagner. Il n’y a pas de doute sur notre alliance, chacun a fait ses propositions et les responsables se réunissent pour ressortir les meilleurs profils qui vont nous faire gagner », avait déclaré Justin Koné Katinan, le porte-parole du PPA-CI. Le 9 juin, une nouvelle rencontre entre des cadres des deux formations a eu lieu à Abidjan. Si l’impasse persiste, ce sera à leurs patrons Bédié et Gbagbo de trancher.

La Source: JeuneAfrique.com

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