Chine-Afrique : visites de courtoisie et promesses économiques

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Chine-Afrique : visites de courtoisie et promesses économiques
Chine-Afrique : visites de courtoisie et promesses économiques

Yara Rizk

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le ministre chinois des Affaires étrangères en tournée sur le continent a voulu rassurer les partenaires habituels. Tout en consolidant l’influence de son pays en Afrique francophone.

Cela fait plus de trente ans que l’Afrique est la première destination de la tournée annuelle à l’étranger du ministre chinois des Affaires étrangères. 2023 ne fait pas exception puisque Qin Gang, nommé à ce poste le 30 décembre 2022, vient d’entamer sa tournée sur le continent.

Au programme figurent l’Éthiopie, l’Angola, le Bénin, le Gabon et l’Égypte : un choix de pays reflétant la diversité des intérêts de la Chine en Afrique.

Regain d’intérêt pour l’Éthiopie

Le périple de Qin Gang a commencé en Éthiopie, avec l’inauguration du nouveau siège du Centre de contrôle des maladies de l’Union africaine (CDC Africa), financé et construit par la Chine. De nombreux échanges avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et d’autres représentants du gouvernement ont également eu lieu.

En plus des discussions autour des opportunités d’investissement dans ce pays africain riche en ressources naturelles, une remise partielle de la dette éthiopienne d’un montant de 4,5 millions de dollars (30 millions de yens) a été conclue. Depuis 2000, l’Éthiopie a emprunté 13,7 milliards de dollars à Pékin et cherche depuis 2021 à restructurer sa dette envers des prêteurs étrangers, alors qu’Addis-Abeba plonge en plein marasme financier. Une situation qui a poussé Fitch Ratings à abaisser la notation du pays de «CCC» à «CCC-».

Restructuration de la dette béninoise

Au Bénin, Qin Gang s’est rendu dans la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ). Il a réitéré l’intérêt de Pékin dans une collaboration bilatérale avec Cotonou « pour promouvoir la synergie entre le plan de développement stratégique du Bénin et l’initiative Belt and Road, ainsi que les réalisations du Forum sur la coopération sino-africaine ».

Dans illustrer cette volonté de consolider son partenariat avec le Bénin, le représentant chinois a signé le 14 janvier, un protocole d’accord sur l’annulation partielle de la dette de Cotonou. À ce jour, ni le montant exact ni la nature de cette annulation n’ont été dévoilés.

En août dernier, la Chine a annulé le remboursement de prêts accordés à 17 pays africains, parmi lesquels figuraient Djibouti (55 % du stock de la dette du pays est chinoise), la RDC (42 %), l’Angola (34 %), la Guinée (32 %), les Comores (31 %), le Cameroun (29 %), la Zambie (25 %) et le Togo (24 %). Au total, ce sont plus de 150 milliards de dollars qui ont été prêtés par la Chine depuis le début des années 2000, majoritairement par l’intermédiaire de ses banques de développement, la China Eximbank (60 %) et la China Development Bank (25 %).

Visite de courtoisie au Gabon

Au Gabon, aucune décision concrète n’a été prise sur le plan économique. L’officiel chinois qui a rencontré le président de la République Ali Bongo Ondimba, et le ministre des Affaires étrangères Michael Moussa-Adamo, s’est contenté de souligner l’importance d’une collaboration.

« Nous voulons aider le Gabon à faire avancer le Plan Stratégique Gabon Emergent pour réaliser une coopération gagnant-gagnant et un développement commun pour les deux pays », a-t-il ainsi déclaré.

Même en l’absence de décision entre Pékin et Libreville, La Chine reste le premier partenaire commercial du Gabon, leurs échanges commerciaux en 2022 ayant augmenté de 53,3 % par rapport à 2021, d’après les données de l’Administration générale des Douanes chinoises.

Financement des institutions africaines

Dernière étape de cette tournée africaine, l’Égypte. Le ministre chinois des Affaires étrangères y a rencontré le président Abdel-Fattah al-Sissi, le ministre des Affaires étrangères Sameh Shoukry et le secrétaire général de la Ligue arabe (AL), Ahmed Aboul Gheit, avant de déclarer que « l’Égypte est un pays qui joue un rôle de premier plan dans la région et où se trouve le siège de l’AL ».

Le ministre chinois a également salué les « résultats fructueux » obtenus entre les deux pays dans la promotion conjointe de l’initiative Belt and Road. D’autant plus la Chine aide désormais l’Égypte à construire une nouvelle capitale administrative dans son désert. Un « partenariat réussi », selon Abdel-Fattah al-Sissi qui estime qu’il représente un « modèle pour la coopération de la Chine avec d’autres pays, notamment en Afrique ».

Dans les faits, la Chine est très impliquée dans le financement des institutions africaines. Pékin qui a permis la construction du siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, est également partie prenante dans la construction au Nigeria du quartier général de la Cedeao à travers China Aid, son fond pour le développement : en décembre dernier, les chefs d’État de la Cedeao ont posé la première pierre du chantier qui devrait durer 26 mois.

Une Chine fatiguée

Ces efforts interviennent alors que la Chine est à bout de souffle. Malgré la levée des restrictions liée à la pandémie de Covid-19, le pays peine à redémarrer son activité économique. Selon le FMI, « pour la première fois en 40 ans, la croissance de la Chine en 2022 sera probablement égale ou inférieure à la croissance mondiale ». La Banque mondiale a également révisé à la baisse ses prévisions concernant Pékin, avec une croissance de 4,3 % en 2023 contre des prévisions de 8,1% en juin.

La Source: JeuneAfrique.com

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