Comment la Côte d’Ivoire accélère son plan de financement climat

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Comment la Côte d’Ivoire accélère son plan de financement climat
Comment la Côte d’Ivoire accélère son plan de financement climat

Baudelaire Mieu – à Abidjan

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Enveloppe du FMI, accord avec l’Union européenne, sortie sur les marchés de la dette… Ces derniers mois, le gouvernement ivoirien multiplie les initiatives pour lever les fonds utiles à son adaptation au changement climatique.

Le plan d’urgence est déclenché en Côte d’Ivoire. Les effets néfastes du changement climatique ont incité le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, à accélérer sa recherche de financement pour adopter des solutions rapides. Après des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), Abidjan a obtenu un accord de principe pour l’octroi d’un prêt de 1,3 milliard de dollars pour financer sa transition énergétique et lutter contre les périls écologiques dans de nombreux secteurs.

Le conseil d’administration du Fonds doit se réunir dans les prochaines semaines pour approuver les montants et démarrer les décaissements.

Accord historique avec l’Union européenne

« Ce prêt n’a aucun lien avec celui de 3,5 milliards de dollars dont les décaissements sont en cours », précise une source gouvernementale. Selon la Banque mondiale, les besoins de la Côte d’Ivoire en matière de lutte contre le changement climatique sont estimés à quelque 22 milliards de dollars d’ici à 2050, soit un coût annuel d’environ 2 % du PIB.

Des discussions sont notamment menées à cet effet avec l’Union européenne et plusieurs bailleurs de fonds. Déjà, la Côte d’Ivoire et l’UE viennent de signer un accord qualifié d’historique qui vise à protéger et à restaurer les forêts de la nation ouest-africaine, et à lutter contre l’exploitation forestière illégale. Depuis 2022, le gouvernement a chiffré à 1,5 milliard de dollars sa stratégie de restauration du couvert forestier fortement dégradé. L’objectif fixé est d’en recouvrer au moins 20 %. L’accord, connu sous le nom d’Accord de partenariat volontaire (APV) sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT), est le fruit d’une décennie de négociations.

4 milliards de dollars de green bonds

En dépit de ces avancées, le pays reste en quête de financements accrus, notamment par le biais d’émission d’obligations vertes (green bonds) et bleues (blue bonds): lors de sa dernière sortie sur le marché de la dette en janvier dernier, la Côte d’Ivoire a testé, avec succès, les critères de durabilité du marché. Sur ce volet, elle espère mobiliser plus de 4 milliards de dollars au cours des deux prochaines années.

Par ailleurs, le pays n’exclut pas le recours à des opérations syndiquées pour financer ses projets à fort impact social. Adama Coulibaly, l’actuel ministre du Budget et des Finances a conclu, au second semestre de 2022, un protocole d’accord avec le Centre mondial sur l’adaptation (GCA) pour la mobilisation de 2 milliards de dollars dans le cadre de son programme de résilience climatique.

L’agriculture, première touchée

En plus de l’érosion côtière, le secteur agricole est en première ligne du changement climatique, notamment celui de la production de cacao dont la Côte d’Ivoire est le numéro un mondial. La récolte de la saison 2023-2024 a chuté de façon drastique, faisant baisser les recettes d’exportation et les revenus des paysans. La production ivoirienne, qui atteignait 2,2 à 2,4 millions de tonnes par an en moyenne, ne devrait pas dépasser les 2 millions de tonnes cette saison.

La mauvaise pluviométrie et le phénomène El Niño ont affecté la rentabilité et le rendement des plantations ivoiriennes. Pour la campagne 2024-2025 qui s’ouvrira en octobre prochain, la Côte d’Ivoire devrait encore souffrir des effets du climat.

En décembre dernier, pour anticiper une pénurie de produits agricoles alimentaires, la Côte d’Ivoire avait dû suspendre les exportations de produits vivriers pour une période de six mois. « Nous n’avions pas le choix. Les rapports des services météo annonçaient des conditions difficiles pour les vivriers. Il fallait anticiper pour éviter une pénurie de denrées », justifie une source gouvernementale qui a requis l’anonymat.

Source: JeuneAfrique

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