Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le paysage ivoirien de la restauration rapide s’est enrichi depuis deux ans d’un acteur local. Dabali Xpress, de l’argot ivoirien « manger, s’empiffrer », a su séduire la classe moyenne ivoirienne, habituée des mastodontes internationaux comme KFC et Burger King, dont les franchises continuent de fleurir à Abidjan, la capitale économique du pays.
D’A’salfo, chanteur principal de Magic System, à Suspect95, figure montante du rap ivoirien, en passant par Meiway ou encore Safarel Obiang, cette chaîne de restauration qui met l’accent sur la cuisine traditionnelle ivoirienne est fréquentée par certaines stars locales.
Une aventure qui a commencé avec le concours financier de Mansa Bank, l’un des nouveaux venus du secteur bancaire d’Afrique de l’Ouest.
Quatre restaurants en deux ans
C’est à Cocody, commune huppée et résidentielle dans le centre d’Abidjan, que cette entreprise familiale a ouvert, en août 2021, son premier restaurant. Développé par le couple d’entrepreneurs Daniel et Olivia Aggré – déjà derrière la marque Max 15 Fashion, qui compte trois magasins –, le concept de restauration rapide avec des mets locaux a séduit, au point que le restaurant a rapidement reçu près de 1 000 commandes par jour. De quoi permettre à Dabali Xpress de se développer, comptant aujourd’hui quatre restaurants ouverts en moins de deux ans d’activités.
La prochaine étape portera sur l’ouverture de franchise, avec des investisseurs issus de la diaspora. Un accord a été signé avec la Compagnie des investisseurs africains (CIA), qui établiront deux enseignes à Abidjan.
« Notre partenaire ouvrira des restaurants de notre enseigne à Yamoussoukro, la capitale politique, à San Pedro et à Bouaké au cours des prochains mois, en prélude à la Coupe d’Afrique des nations de football [CAN]« , a confié à Jeune Afrique Olivia Angola Aggré, la directrice générale de Dabali Xpress.
Dépasser les frontières de l’Afrique
Dabali Xpress envisage de calquer sa stratégie à l’international sur celle du sud-africain Nando’s. Fondé en 1987 à Johannesburg, Nando’s s’est appuyé sur ses plats de poulets frits et grillés marinés dans une sauce épicée pour rapidement se développer en Afrique du Sud et est présent aujourd’hui dans plus de 22 pays, dont l’Angleterre, où le premier restaurant a ouvert en 1992.
L’ambition demeure forte de créer des implantations franchisées dans les pays de la sous-région ouest africaine, où les mets ivoiriens sont appréciés, notamment l’attiéké, la semoule de tubercule de manioc. Mais des pays européens, comme la France avec ses quelque 100 000 Ivoiriens, sont aussi dans le viseur.
Les enjeux de la livraison
Pour réussir sur ces différents marchés, Dabali doit surmonter deux obstacles de taille. Le premier est l’approvisionnement en vivres et en produits frais, pour lequel la jeune chaîne a d’ores et déjà scellé des partenariats avec des agriculteurs et des coopératives locales, qui fournissent sa centrale d’achat et alimentent ainsi ses différents restaurants.
La logistique pour la livraison représente le second et plus important défi. Pour faire face à la demande de ce segment, qui représente plus de 40 % d’un chiffre d’affaires mensuel estimé à 100 000 euros, la chaîne a mis en place son propre service de livraison, mais est également présent sur des plateformes, comme celle de l’espagnol Glovo, du russe Yango Deli ou encore du panafricain Jumia.
Forte concurrence
Jusqu’ici, « le fast-food à l’ivoirienne a gagné les cœurs, sans avoir fait une grande percée comme les multinationales KFC ou Burger King, lesquelles ont plus de restaurants », explique un habitué de l’enseigne. D’autant que le poulet, qui représente 20 % du chiffre d’affaires de celle-ci, est le repas le plus disputé avec une concurrence de plus en plus forte.
La seule ville d’Abidjan compte ainsi six KFC, qui est franchisé par le géant de la distribution de produits pétroliers Vivo Energy, et un Burger King, lequel est géré par le groupe français de restauration Servair, à la tête de neuf établissements de la marque en Côte d’Ivoire.
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