Gécamines, Kibali Gold Mine, Kamoa… : les miniers congolais en tête des champions d’Afrique centrale

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Gécamines, Kibali Gold Mine, Kamoa… : les miniers congolais en tête des champions d’Afrique centrale
Gécamines, Kibali Gold Mine, Kamoa… : les miniers congolais en tête des champions d’Afrique centrale

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Si l’Afrique centrale reste la région la moins bien représentée de notre classement des 500 champions africains (seulement 2,15 % des revenus cumulés), ses entreprises ont bénéficié à plein de la remontée des prix des matières premières en 2021. Le pétrole en particulier, dont le baril de brut est passé sur un an d’environ 40 dollars en moyenne en 2020 à 69 dollars en 2021. La région restant la moins diversifiée du continent et toujours largement dépendante des industries extractives : en témoigne la présence de sept entreprises du secteur parmi les huit premières places.

RDC, Cameroun et Gabon trustent toutes les places

La zone Cemac a donc cru de 3,4 % en moyenne en 2021. Et, à l’exception notable de la République du Congo, tous les pays de la région ont ainsi rebondi. Les deux principales économies en particulier : la République démocratique du Congo (RDC) a enregistré une croissance de 5,7 % pour 2021 avec des secteurs comme l’agriculture et les services en net rebond, quand la croissance au Cameroun s’est établi à 3,5 %.

Le Gabon (+ 1,5 % de croissance en 2021), la RDC et le Cameroun étant les seuls pays représentés dans notre classement, aucune entreprise tchadienne, centrafricaine, équato-guinéenne ou congolaise (Brazzaville) avec données certifiées n’est parvenue à se hisser parmi les 40 premières.

Toutefois, la RDC a la particularité de n’y être présente qu’à travers deux secteurs : les mines (Kibali Gold Mine, Kamoa-Kakula Ivanhoe, Gécamines…) et les filiales de groupes de télécommunication internationaux (Vodacom RDC, Orange RDC…). Des miniers kino-congolais plus présents que jamais, au travers en particulier de la plus grande mine d’or d’Afrique, Kibali Gold Mine, aux confins nord-est du pays. La coentreprise détenue conjointement par le canadien Barrick Gold (45 %), le sudafricain AngloGold Ashanti (45 %) et la société de portefeuille de l’État congolais Sokimo (10 %) domine ce classement régional avec quelque 1,469 milliard de dollars de revenu en 2021. Démarrée en 2010, son exploitation pourrait se poursuivre encore au moins dix ans selon les dernières déclarations de Mark Bristow, CEO de Barrick.

Une autre mine est appelée à occuper durablement les hauteurs de ce classement : la concession de cuivre de Kamoa-Kakula. Nouvel entrant, puisque ayant démarré son exploitation en mai 2021, la coentreprise entre le canadien Ivanhoe Mines (39,6 %), le chinois Zijin Mining (39,6%) et l’État congolais (20 %) se classe 5e avec 831 millions de dollars de chiffre d’affaires en seulement sept mois d’exploitation ! Quant au groupes télécoms de RDC, ils tirent essentiellement leur épingle du jeu de par la taille du marché du géant d’Afrique centrale et ses plus de 95 millions d’habitants. Une croissance démographique qui devrait continuer de les tirer vers le haut du classement dans les années à venir.

La Comilog au firmament

Les grandes entreprises camerounaises présentent quant à elles des profils plus diversifiés avec, en plus des traditionnels secteurs des hydrocarbures et des télécoms, la présence d’agro-industriels tels que les brasseries SABC, filiale du français Castel, la société cotonnière Sodecoton (dont l’État camerounais est actionnaire majoritaire), ou l’entreprise spécialisée dans la production d’huile de palme Socapalm, filiale du groupe franco-luxembourgeois Socfin. À noter également la présence d’un acteur de la métallurgie, Alucam.

Au Gabon, le producteur de manganèse, Comilog, détenu au deux tiers par le français Eramet, est progressivement devenu la première compagnie du pays et tutoie désormais le milliard de dollars de chiffre d’affaires. Pour rappel, lors de notre édition de 2018, Total Gabon était la première compagnie du pays avec 745 millions de dollars de revenus (contre 654 millions de dollars cette année) quand la Comilog ne pesait alors « que » 579 millions de dollars.

L’année prochaine devrait voir une poursuite des tendances affichées cette année avec une croissance en RDC qui s’accélère fortement à 8,5 % selon les dernières estimations du FMI (contre 4,4 % pour le Cameroun), notamment porté par le secteur minier et la hausse des prix du cuivre et du cobalt. Avec une démographie en croissance constante, une volonté ferme de tirer parti de ses réserves pétrolières inexploitées – appels d’offres pour l’exploration et la future exploitation de 30 blocs fin 2022, et l’appétit grandissant pour les minéraux clés de la transition énergétique, le géant endormi est appelé à dominer chaque année davantage ce classement.

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