La bonne fortune de Tidjane Thiam à New York, malgré les déboires avec Credit Suisse

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La bonne fortune de Tidjane Thiam à New York, malgré les déboires avec Credit Suisse
La bonne fortune de Tidjane Thiam à New York, malgré les déboires avec Credit Suisse

Aurélie M’Bida

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Visé par une action collective aux États-Unis, l’ancien dirigeant de Credit Suisse attend la cotation de Complete Solaria, la société née de sa Spac lancée en 2021, dans les tous prochains jours.

Le 20 juin, à Kigali, Tidjane Thiam donnait le « la » lors de la cérémonie d’ouverture du forum sur la finance inclusive organisé au Rwanda. Deux semaines plus tard, à Lomé, il partageait une table ronde avec la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, lors du Forum Infra for Africa d’Africa50, en marge de son assemblée générale. Des tribunes opportunes pour aborder les projets qui font son actualité.

Le financier franco-ivoirien vient effectivement d’obtenir du gendarme boursier américain (SEC) l’autorisation finale de listing sur le marché boursier américain. Selon nos informations, la première cotation de l’action nouvelle Complete Solaria – née de la fusion de cette entreprise américaine spécialisée dans les services, le financement et les produits solaires avec la société d’acquisition à vocation spécifique (Spac) Freedom Acquisition I Corp, initialement cotée à la Bourse de New York (NYSE) et présidé par Thiam – est prévue au Nasdaq, le 14 juillet prochain.

L’approbation de l’accord de fusion par les actionnaires du véhicule qui avait levé 350 millions de dollars lors de son introduction en Bourse en 2021, est attendue pour le 11 juillet prochain, d’après la documentation boursière consultée par JA.

Des opportunités en Afrique ?

Valorisée à 553 millions de dollars, soit 10 dollars l’action, en octobre 2022, Complete Solaria a pour objectif de proposer des solutions de financement pour les clients désireux de réaliser des économies d’énergie aux États-Unis. Si les opportunités d’affaires de ce nouvel acteur sont pour l’heure identifiées outre-Atlantique, il n’est pas exclu pour ses promoteurs de les développer ailleurs dans le monde – et notamment en Afrique.

Pour rappel, le potentiel du continent africain en matière d’énergie solaire est estimé à 60 millions de TWh (terawatt-heure) par an, contre 3 millions de TWh par an pour l’Europe par exemple, selon les derniers chiffres de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena). D’ailleurs, à l’occasion de son déplacement à Lomé, Tidjane Thiam n’a pas manqué d’évoquer le potentiel de développement de Complete Solaria en Afrique où des discussions sont en cours au sujet d’opérations pilotes, a appris Jeune Afrique de source proche de l’entreprise.

Action collective

L’ancien directeur général de la banque Credit Suisse – qui a frôlé la faillite il y a quelques mois – boucle ainsi son pari de miser sur la finance exotique, après avoir piloté des fleurons de la finance européenne.

Mais alors qu’il a dirigé, de 2015 à 2020, la banque définitivement rachetée par son ancienne rivale helvète UBS le 12 juin, Tidjane Thiam se retrouve personnellement visé par une plainte collective, aux côtés des anciens dirigeants Brady Dougan et Thomas Gottstein, et quinze autres cadres ou anciens cadres, intentée aux États-Unis par des détenteurs d’obligations AT1 (additional tier 1).

Ces obligations au niveau de solvabilité élevé, car conçues pour absorber les pertes en cas de difficultés financières de la banque, ont été annulées lors de la reprise de Credit Suisse par UBS le 19 mars dernier.

Déposée le 20 juin dernier devant la justice américaine, l’action collective menée par des fonds d’investissements européens s’appuie sur une enquête indépendante commandée par Credit Suisse, qui a révélé des manquements graves au sein de l’établissement.

Recherche de responsables

Toutefois, selon la presse helvète, même si la procédure se déroule aux États-Unis, elle relève du droit suisse qui, lui, est favorable aux dirigeants. En effet, les plaignants reprochent à ces anciens cadres de ne pas avoir agi de façon diligente, en s’appuyant sur une disposition du code des obligations. Or cette diligence n’est due qu’envers l’entreprise, et donc ses actionnaires, pas à des créanciers, note le quotidien Le Temps.

Depuis son départ précipité de la banque en février 2020, après avoir présenté des résultats historiques au titre de 2019, l’ancien ministre ivoirien du Plan n’a eu de cesse de défendre son bilan à la tête de l’institution financière. Mais alors que Credit Suisse a trouvé un accord extrajudiciaire, en juillet 2021, aux poursuites pénales de l’affaire Khan, à l’origine du départ de Thiam, la chute brutale de cet ancien fleuron bancaire fondé à Zurich en 1856 en début d’année ne semble pas avoir fini de remuer le passé à la recherche de responsables.

La Source: JeuneAfrique.com

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