Africa-Press – Côte d’Ivoire. La polémique enfle autour des retards de paiement des subventions accordées aux établissements privés en Côte d’Ivoire. Alors que les fondateurs d’écoles dénoncent une dette de 105 milliards de francs CFA et alertent sur un risque d’asphyxie du système éducatif, le Trésor public apporte des clarifications et rejette toute responsabilité directe dans ces retards.
La Coordination des faîtières du secteur éducation-formation tire la sonnette d’alarme. Selon ses responsables, l’État n’aurait réglé que 15 milliards de francs CFA sur un budget global de 120 milliards destiné à l’année scolaire 2024-2025. Le reste, soit 105 milliards, demeure impayé.
« Nous faisons face à une situation d’une extrême gravité qui menace la survie même de l’école ivoirienne », a déclaré leur porte-parole, Bety Effinistand. De son côté, le président de la FENEPLACI, Karamoko Ibrahim, évoque des retards accumulés sur plus de deux ans, pointant du doigt un circuit de paiement jugé anormalement long.
Conséquences immédiates: salaires en retard, factures impayées et fonctionnement au ralenti. Plusieurs établissements seraient aujourd’hui au bord de la faillite.
Face à ces accusations, le Trésor public ivoirien tient à préciser que les retards ne relèvent pas de sa responsabilité directe. Selon ses explications, le processus de paiement des subventions commence par un engagement préalable des ministères techniques concernés. Or, ces ministères fonctionnent selon un mécanisme dit « année n+1 ». Concrètement, les subventions actuellement en cours de paiement concernent l’année scolaire 2024-2025 et sont engagées avec un décalage budgétaire.
« Le Trésor attend que les ministères techniques effectuent leurs engagements et les transmettent avant de procéder aux paiements », indique-t-on.
L’institution affirme par ailleurs, qu’à la date actuelle, aucun arriéré de paiement n’est enregistré dans ses services.
Dans un souci de transparence, le Trésor met en avant l’existence d’une plateforme collaborative permettant aux fondateurs d’établissements de suivre en temps réel l’état de leurs mandats.
L’objectif affiché est clair: rassurer les acteurs du secteur éducatif et renforcer la confiance. Le Trésor insiste également sur son engagement à honorer ses obligations envers les citoyens, conformément au principe de redevabilité prôné par son Directeur général, Arthur Ahoussi.
Le secteur privé joue un rôle majeur dans le système éducatif ivoirien, scolarisant plus de 60 % des élèves à travers plus de 3 000 établissements. À l’approche des examens, la situation devient préoccupante. Les fondateurs réclament l’apurement immédiat de la dette, une meilleure fluidité des paiements et l’ouverture d’un dialogue constructif avec l’État.
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