Pourquoi le FMI s’est engagé plus fortement en Côte d’Ivoire

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Pourquoi le FMI s’est engagé plus fortement en Côte d’Ivoire
Pourquoi le FMI s’est engagé plus fortement en Côte d’Ivoire

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Il en avait demandé 2,6, ce sont finalement 3,5 milliards de dollars de financement qui auront été obtenus par la Côte d’Ivoire à l’issue de ses négociations avec le FMI. « Un accord au niveau des services a été conclu y compris sur le niveau d’accès aux ressources du Fonds de 400 % de sa quote-part, équivalent à environ 3,5 milliards de dollars US », précise un communiqué de fin de mission des services du FMI.

« Au cours des négociations, la Côte d’ivoire pouvait monter jusqu’à 600 % de sa quote-part [à savoir la limite maximale des sommes qu’un pays membre du FMI s’engage à mettre à disposition du Fonds pour financer ses opérations, NDLR], mais la stratégie a été de se contenter de 400 % au lieu des 300 % initialement négociés », révèle un proche du dossier. Cet accord, s’étend sur 40 mois et se fera au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la facilité élargie de crédit (FEC).

Plus que le Ghana

Le montant alloué au premier producteur mondial de cacao est supérieur à celui obtenu par le Ghana – deuxième producteur – quelques mois auparavant. Traversant une forte crise de la dette, avec une inflation de près de 40 %, Accra avait arraché le soutien in extremis du FMI pour 3 milliards de dollars, en décembre 2022. La Côte d’Ivoire présente en effet des indicateurs relativement résistants : notamment les prévisions du niveau de la dette par rapport au produit intérieur brut (PIB) doivent atteindre 55,7 % en 2023.

LES SERVICES DU FMI SOUTIENNENT PLEINEMENT LE PROGRAMME DE RÉFORME DES AUTORITÉS

Alors que la décision finale demeure en attente de l’approbation du conseil d’administration du FMI, le nouveau financement espéré avant la fin du premier semestre 2023, doit permettre au pays de préserver la viabilité des finances publiques et de la dette, mais aussi de mener les réformes structurelles planifiées dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2021-2025. Le FMI sera moins regardant sur les dépenses de sécurité et de défense qui ont explosé pour lutter durablement contre le terrorisme au Sahel. Le pays étant de plus en plus dans le collimateur des groupes jihadistes au Sahel.

« L’économie ivoirienne a bien résisté à la pandémie, mais le rebond économique s’est atténué en raison des retombées négatives de la guerre en Ukraine et du resserrement monétaire mondial », souligne Olaf Unteroberdoerster, le chef de la délégation du FMI, dans une communication de l’organisation internationale. Les subventions et l’augmentation des dépenses figurent également parmi les facteurs ayant aggravé les déséquilibres macroéconomiques en 2022 en Côte d’Ivoire.

Renforcer la stabilité macroéconomique

Pour y faire face, Abidjan a sollicité le FMI afin de soutenir ses objectifs de politiques publiques, notamment les réformes économiques nécessaires pour surmonter le contexte difficile. Objectifs : renforcer la stabilité macroéconomique et inverser les déséquilibres budgétaires et extérieurs croissants.

Et les échanges entre la Côte d’Ivoire et le Fonds monétaire international ont convaincu Olaf Unteroberdoerster. « Les services du FMI soutiennent pleinement le programme de réforme des autorités et se félicitent de leur fort engagement en faveur de la viabilité des finances publiques et de la dette », commente Unteroberdoerster.

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