Standard Bank, un leader continental à la peine en Afrique de l’Ouest

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Standard Bank, un leader continental à la peine en Afrique de l’Ouest
Standard Bank, un leader continental à la peine en Afrique de l’Ouest

Africa-Press – Côte d’Ivoire. En Côte d’Ivoire, au Ghana ou au Nigeria, la banque sud-africaine, numéro un du continent en termes d’actifs, n’a jamais réussi à percer face aux banques régionales. Les états financiers 2024 confirment la tendance.

Le sud-africain Standard Bank n’a toujours pas conquis l’Ouest. Lors de la présentation de ses résultats annuels jeudi 13 mars, le groupe bancaire dirigé par Sim Tshabalala a indiqué que les profits globaux de la zone « West Africa » – qui englobe ses filiales en Angola, en République démocratique du Congo, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Nigeria – ont baissé de 19 % pour s’établir à 5,1 milliards de rands (255 millions d’euros). « Les bénéfices ont été dilués par les fluctuations des taux de change en Afrique de l’Ouest », justifie le leader continental en termes d’actifs (environ 165 milliards d’euros) et de clients actifs (20 millions).

Croissance en dents de scie

Certes, le Nigeria et l’Angola ont connu un gonflement monétaire, de respectivement 35 % et 28 %, qui a totalement effacé leur croissance, pourtant supérieure à 10 %. Mais le Ghana et surtout la Côte d’Ivoire, qui n’a pas connu d’épisode inflationniste l’an dernier, affichent des performances négatives alors que ces pays ont connu des croissances substantielles (5,7 % et 6,1 %).

L’année 2024 n’est pas une exception. Au contraire, elle confirme une tendance de fond. Depuis 2020, les profits du groupe Standard Bank dans la région ouest-africaine ont connu une augmentation en dents de scie de 28 %, quand ceux des régions orientale et australe ont progressé plus linéairement de 163 % et 142 %. En 2024, la zone Afrique (hors Afrique du Sud) a représenté 41 % des profits du groupe, soit sensiblement le même taux que l’an dernier (42 %). Standard Bank Group dans son ensemble a vu ses profits croître de 4 % pour se stabiliser à 44,5 milliards de rands (2,2 milliards d’euros) en 2024.

De 2020 à 2024, Stanbic Bank Côte d’Ivoire, la seule filiale de Standard Bank présente en Afrique de l’Ouest francophone, n’a connu que deux exercices (ceux de 2021 et de 2023) avec une croissance supérieure à 10 %. Présente à Abidjan depuis 2017, Standard Bank souffre d’un problème de positionnement.

91e banque de l’Umoa

« Le pays regorge de banques régionales très connues, comme Ecobank, Coris Bank, NSIA, etc. Elles ont la confiance des clients et bénéficient des synergies avec les autres filiales de la zone Umoa dans les domaines des échanges de liquidité et de trésorerie, alors que Stanbic Côte d’Ivoire est toute seule », explique Yann Axel Pleï, analyste financier au sein de la société sénégalaise Everest Finance. Résultat, le géant continental est un nain régional, n’occupant que la 91e place (sur 133) en termes de bilan en 2023. En Côte d’Ivoire, son unique agence représente 0,8 % de part de marché. Du côté des entreprises, Stanbic n’a pas pu prendre le wagon de l’essor minier. À moins que l’arrivée d’un autre géant, minier celui-là, le sud-africain Anglogold Ashanti, ne change la donne dans le futur.

En attendant, ce 13 mars, Arno Daehnke, directeur financier de Standard Bank Group, a tablé sur une amélioration de l’activité de la banque dans la zone du fait d’une baisse déjà visible de l’inflation. Mais si le Ghana et le Nigeria ont été cités comme des marchés de potentielle croissance en 2025, pas un mot n’a été prononcé sur la Côte d’Ivoire ou sur la zone francophone ouest-africaine. Sim Tshabalala a préféré mentionner le futur bureau de représentation qui ouvrira prochainement en Égypte pour accéder plus facilement aux investisseurs du Golfe afin de développer le corridor est-africain.

Source: JeuneAfrique

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