La Plateforme des Organisations de la Société Civile pour l’Observation des Élections en Côte d’Ivoire (POECI) a réagi à la décision du gouvernement ivoirien de dissoudre la Commission Électorale Indépendante (CEI), annoncée lors du Conseil des ministres du 6 mai 2026. Dans une déclaration officielle, l’organisation appelle à une réforme électorale profonde devant aboutir à la création d’un organe électoral véritablement indépendant et capable de restaurer la confiance des acteurs politiques et des citoyens.
Partenaire technique de la CEI depuis 2015, la POECI rappelle avoir joué un rôle majeur dans l’observation des différents scrutins organisés au cours de la dernière décennie. L’organisation souligne notamment avoir été la seule structure ivoirienne de la société civile accréditée pour mettre en œuvre la méthodologie du Parallel Vote Tabulation (PVT), un système d’observation électorale par échantillonnage reconnu pour sa rigueur et sa fiabilité.
Selon la POECI, cette collaboration avec l’organe électoral a permis de contribuer au renforcement de la transparence et de la crédibilité des élections en Côte d’Ivoire.
Si l’organisation prend acte de la dissolution de la CEI, elle estime que cette décision ne pourra produire des effets positifs que si elle débouche sur une réforme consensuelle et inclusive du système électoral ivoirien.
Dans sa déclaration, la POECI insiste sur plusieurs principes qu’elle juge indispensables à la réussite de cette réforme.
Elle appelle d’abord à la mise en place d’un nouvel organe électoral capable de rassurer l’ensemble des acteurs politiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile. L’organisation estime qu’une telle institution doit être fondée sur la confiance, la neutralité et l’équilibre.
La plateforme plaide également pour la préservation et le renforcement de l’observation citoyenne indépendante, considérée comme un levier essentiel de transparence et de crédibilité des scrutins.
La POECI demande en outre une révision du cadre électoral et juridique afin de prendre en compte les insuffisances relevées lors des précédents processus électoraux. Elle estime que plusieurs dysfonctionnements techniques et institutionnels continuent d’alimenter les tensions politiques en période électorale.
L’organisation appelle ainsi les autorités à intégrer les recommandations formulées par les observateurs et les experts électoraux afin d’éviter la répétition des crises et contestations électorales.
Autre exigence majeure : garantir une indépendance « réelle et effective » du futur organe de gestion des élections. Pour la POECI, seule une institution indépendante, impartiale et professionnelle pourra susciter une confiance durable auprès des citoyens.
Malgré la dissolution de la CEI, la POECI affirme vouloir poursuivre sa mission d’observation, d’alerte et d’accompagnement des processus électoraux et institutionnels en Côte d’Ivoire.
L’organisation conclut en appelant à une réforme électorale ambitieuse afin de permettre au pays de poursuivre sa marche vers la consolidation de l’État de droit, présenté comme une condition essentielle pour un développement harmonieux et sécurisé.
Wassimagnon
