Africa-Press – Côte d’Ivoire. Konaté Navigué a réagi avec étonnement à l’intervention de Blé Goudé, qu’il qualifie de déplacée. Il souligne qu’à travers son discours, Blé Goudé a franchi une limite en évoquant certains événements de manière erronée, notamment en ce qui concerne le pardon adressé à Soro. Il rappelle que, lors de la signature de l’accord politique de Ouagadougou (APO), dont il était l’un des rédacteurs, un code de bonne conduite avait été mis en place pour éviter les attaques entre les parties en présence. L’objectif était de permettre la mise en œuvre sereine de l’accord, sans que les tensions ne fassent obstacle au processus.
Le président de l’époque, selon Navigué, avait jugé nécessaire d’intervenir lorsque certains de ses collaborateurs avaient fait des déclarations virulentes, et ce, à plusieurs reprises. Il évoque l’exemple de l’intervention du président à l’encontre du ministre Tagro, chef de la délégation présidentielle, qui avait fait une sortie violente à l’égard de Soro. Le président avait demandé des excuses, non pas en tant que Soro, mais en tant que Premier ministre de la Côte d’Ivoire. Il cite également les cas d’Affi N’Guessan et de Mamadou Koulibaly, qui avaient eux aussi été interpellés pour des propos jugés virulents à l’encontre de Soro. Navigué insiste sur le fait que ces actions, bien que prises dans le feu de l’action, étaient motivées par une volonté de maintenir la paix et de favoriser la mise en œuvre de l’accord.
Concernant les autres déclarations de Blé Goudé, Konaté Navigué exprime son désaveu de la démarche publique adoptée par son ancien camarade. Il dénonce la tendance à exposer des sujets intimes ou personnels en public, soulignant qu’un problème familial ne se règle pas en place publique. Selon lui, la prison, qu’il connaît bien, est un lieu de souffrance intense, tant physique que morale, et il trouve excessif d’en faire un spectacle. Il affirme que tout ce qui s’est passé à la Cour pénale internationale (CPI) devrait y rester, et fustige la tendance de la CPI à trop communiquer sur ses affaires internes.
Navigué, fidèle à ses racines senoufo, parle aussi du respect des valeurs culturelles et des secrets qui ne doivent jamais être dévoilés, même après des épreuves difficiles. Il compare la situation à celle du bois sacré, un symbole profond de la communauté, et explique que ceux qui en parlent publiquement risquent de perdre leur dignité et leur place au sein de cette communauté. Selon lui, ce type de déballage est non seulement déshumanisant, mais aussi ridicule aux yeux de ceux qui ont confié la responsabilité de préserver le sacré.
Il termine son intervention en appelant Blé Goudé à reconnaître le bien que le président Laurent Gbagbo lui a fait tout au long de son parcours. Il estime qu’il serait juste de rendre hommage à l’ascension politique, sociale et financière que Gbagbo a soutenue. Même si Gbagbo n’est pas parfait et a ses défauts, Navigué souligne qu’il a montré des qualités de bonté, de générosité et de sensibilité envers ses proches. Il invite à une reconnaissance de ces moments, afin de donner un éclairage plus équilibré sur le rôle du président Gbagbo dans la vie politique et sociale de son époque.
Konaté Navigué conclut en soulignant que la vérité doit être restituée dans toute sa globalité, sans manipulation ni déformation des faits, afin que chacun puisse comprendre les complexités des événements et des actions passées.
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