Port-Bouët, violents affrontements suite à la décision de délocalisation de l’abattoir, un cargo de police et des véhicules calcinés

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Port-Bouët, violents affrontements suite à la décision de délocalisation de l'abattoir, un cargo de police et des véhicules calcinés
Port-Bouët, violents affrontements suite à la décision de délocalisation de l'abattoir, un cargo de police et des véhicules calcinés

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Ce samedi 1er juin 2024, un violent affrontement a éclaté entre les jeunes de l’abattoir de Port-Bouët et les forces de l’ordre, comme constaté par KOACI.

Cet incident a causé des dégâts matériels considérables, notamment un bus caillassé, un cargo de la police incendié, et une voiture de service brûlée. La situation, bien que tendue, a été rapidement maîtrisée grâce à l’intervention des renforts policiers.

La colère des jeunes de l’abattoir trouve ses racines dans une décision controversée de délocalisation annoncée par le ministre Gouverneur du District Autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahima Bacongo. Depuis le jeudi 30 mai 2024, l’Union Régionale des Sociétés Coopératives des Marchands de Bétail d’Abidjan (URSCMABA) a entamé un arrêt de travail illimité en réponse à cette décision. La mesure prévoit le transfert de l’abattoir de Port-Bouët vers un nouveau site situé à l’ancienne casse d’Adjamé, ce qui a provoqué une vive opposition de la part des travailleurs et des jeunes de Port-Bouët.

Le ministre Gouverneur avait justifié cette délocalisation lors d’une réunion tenue le 18 mars 2024 avec les acteurs de la filière bétail. Deux raisons principales ont été avancées pour ce transfert: l’insalubrité et l’insécurité des sites actuels. Les conditions hygiéniques de l’abattoir de Port-Bouët laissaient à désirer, posant des risques sanitaires sérieux. De plus, l’insécurité aux alentours de l’abattoir était devenue préoccupante, affectant non seulement les travailleurs mais également les résidents des environs.

La décision de délocaliser l’abattoir n’a pas été une surprise pour les acteurs du secteur, mais elle a suscité une résistance farouche.

Les jeunes de l’abattoir ont manifesté leur désaccord en refusant de s’installer sur le nouveau site aménagé à Adjamé. Le conflit a rapidement dégénéré en affrontements violents avec la police, illustrant la profondeur du désaccord et le malaise social engendré par cette mesure.

En réponse à ces événements, des renforts policiers ont été déployés pour rétablir l’ordre. La situation, initialement chaotique, est désormais sous contrôle, mais le mécontentement persiste au sein de la communauté de Port-Bouët. Les acteurs de la filière bétail continuent de réclamer des solutions alternatives qui prendraient en compte leurs préoccupations et conditions de travail.

La délocalisation de l’abattoir de Port-Bouët vers Adjamé, bien qu’ayant des justifications légitimes en termes de salubrité et de sécurité, doit être mise en œuvre de manière à minimiser les impacts négatifs sur les travailleurs et les jeunes.

Les prochaines étapes incluront probablement des négociations entre le gouvernement et l’URSCMABA pour trouver un compromis acceptable pour toutes les parties impliquées. L’objectif est de garantir que la transition se fasse de manière harmonieuse et que les préoccupations des travailleurs soient pleinement adressées.

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