Tournée africaine de Blinken: la relation avec l’Occident “n’a jamais été positive pour l’Afrique”

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Tournée africaine de Blinken: la relation avec l’Occident
Tournée africaine de Blinken: la relation avec l’Occident "n’a jamais été positive pour l’Afrique"

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le secrétaire d’État américain est libre de faire ses tournées diplomatiques à condition qu’elles ne consistent pas à dicter” leur politique étrangère aux États africains. Auprès de Sputnik, le militant panafricaniste Youssouf Youya commente la visite de Blinken en Afrique.

“Aujourd’hui, la jeunesse africaine ne s’inscrit plus dans ce registre de tutelle qui veut encore dicter ce qui est bien ou mal à faire pour les pays africains et avec quels partenaires ils doivent travailler”, a déclaré à Sputnik Youssouf Youya, jeune entrepreneur tchado-camerounais et militant panafricaniste, commentant la visite d’Antony Blinken dans trois pays africains. Un déplacement organisé après ceux d’Emmanuel Macron et de Sergueï Lavrov, en juillet.

Les tournées de dirigeants comme Blinken ne peuvent avoir d’impact que s’ils écoutent “ce que la jeunesse africaine a à dire. Qu’ils ne viennent pas nous imposer ce qu’ils pensent être bon pour nous ou non. Pour la jeunesse africaine, cette ère est définitivement révolue. Tous les mouvements panafricanistes disent “Stop! Dehors la France, dehors les États-Unis, dehors l’Europe et l’Occident!” Et ce, pour la simple raison que la relation que nous avons eu avec eux n’a jamais été positive pour l’Afrique, particulièrement pour sa jeunesse”, explique-t-il.

Macron pourrait-il traiter les Américains d’”hypocrites”? Concernant les déclarations du Président français qui a qualifié d’hypocrite la neutralité affichée par certains pays africains au sujet de l’opération spéciale russe en Ukraine, M.Youya affirme que si “les Africains étaient hypocrites, ils n’auraient pas combattu au côté de la France libre lors de la Seconde Guerre mondiale. Si les Africains étaient hypocrites, ils n’auraient pas laissé la porte encore ouverte à la France, malgré tout ce qu’elle a causé et Macron ne serait pas venu en Afrique pour échanger avec sa jeunesse”.

Et d’ajouter que l’Afrique est un continent qui veut être traité avec respect comme n’importe quel autre partenaire. Si les Africains sont hypocrites, “que dire alors de celui qui a construit son empire avec ce qu’il a pillé durant des siècles en Afrique?”, se demande-t-il.

“L’Afrique doit même avoir le droit de véto”

Pour Youssouf Youya, sans liberté il ne peut pas y avoir de développement. C’est dans ce sens, indique-t-il, que le combat pacifique, politique, culturel et intellectuel de la jeunesse africaine s’articule autour de l’idée que les Africains sont bien capables de penser leur avenir et leur propre modèle de développement et de partenariat.

Dans le même sens, il ajoute que désormais, l’Afrique a des cadres hautement qualifiés qui “sont capables de la représenter et de défendre ses intérêts” y compris au sein des instances internationales comme le Conseil de sécurité de l’Onu.

Enfin, il affirme que c’est ainsi que la question cruciale du Franc CFA fait débat au sein de la jeunesse africaine, laquelle dit haut et fort “qu’il n’y a pas de souveraineté nationale sans la souveraineté monétaire”.

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