À Abidjan, derniers réglages avant la CAN

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À Abidjan, derniers réglages avant la CAN
À Abidjan, derniers réglages avant la CAN

Baudelaire Mieu – À Abidjan

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le 13 janvier, le coup d’envoi de la CAN 2024 se fera dans le stade olympique Alassane-Ouattara d’Ébimpé d’Abidjan. Infrastructures sportives, capacités d’hébergement pour accueillir les joueurs, les délégations et les supporters, aménagements des espaces publics… La capitale économique est-elle prête ?

La Côte d’Ivoire pare désormais au plus pressé pour réussir l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), la compétition phare de la Confédération africaine de football (CAF), dont le coup d’envoi sera donné à Abidjan, dans son nouveau stade Olympique, le 13 janvier prochain. Ce sera la deuxième fois depuis son indépendance que le pays abritera la CAN, mais, cette fois-ci, avec 24 nations contrairement à 1984, où seules 8 équipes nationales étaient engagées.

Cette édition baptisée « CAN de l’hospitalité » par les Ivoiriens a donc, sans surprise, nécessité la réalisation de nombreuses infrastructures. « Cette compétition, ce ne sera pas que du jeu sur un rectangle vert. Nous voulons faire vivre une ambiance conviviale et chaleureuse, d’où le mot hospitalité, explique François Amichia, ancien ministre des Sports et président du Comité d’organisation de la CAN (Cocan). L’idée est aussi de rassembler les supporters de tous les pays autour d’une passion commune, à travers une expérience festive. Enfin, nous voulons léguer un héritage matériel et immatériel à notre pays. »

Le président ivoirien, Alassane Ouattara,n’a pas lésiné sur les moyens. Pour cette CAN, plus de 762,5 millions d’euros ont été investis dans les infrastructures à travers le pays, sur un coût total de 1,5 milliard d’euros. Et, en attendant la ferveur du démarrage de la fête du football africain, c’est la course contre la montre.

À peine revêtu de ses nouveaux habits de Premier ministre, le 16 octobre dernier, Robert Beugré Mambé a commencé à visiter les différents sites chantiers pour vérifier l’état d’avancement des travaux. Et, le 8 novembre, il convoquait à la Primature toutes les parties impliquées dans les grands chantiers, notamment les membres du Cocan, pour un point d’étape définitif. « Nous n’avons pas le droit d’oublier des détails qui feront la différence », a expliqué Robert Beugré Mambé. Et fini les tensions qui ont pu exister entre le ministère des Sports et le Cocan. Dans le gouvernement installé le 18 octobre, le portefeuille des Sports est désormais placé sous la houlette du Premier ministre.

Six stades, dont deux à Abidjan

Pour la compétition, dont la Côte d’ivoire a obtenu l’organisation en 2014, quatre nouveaux stades de football ont été construits – à Ébimpé (dans le Nord-Ouest d’Abidjan), Yamoussoukro, San Pedro et Korogho – et les deux existants – le stade Félix-Houphouët-Boigny, à Abidjan, et celui de la Paix, à Bouaké – ont été profondément rénovés et relookés.

Abidjan, ville la plus importante du pays en superficie comme en population, sera celle qui accueillera le plus grand nombre de compétiteurs, soit huit sélections nationales, parmi lesquelles les Éléphants de Côte d’Ivoire. La capitale économique ivoirienne possède la plus vaste enceinte sportive du pays, le stade olympique Alassane-Ouattara, construit à Ébimpé, dans l’une des banlieues nord d’Abidjan, perchée entre les cités dortoirs d’Abobo, de Yopougon et d’Anyama.

Avec ses 60 000 places et sa pelouse hybride (constituée de gazon naturel et synthétique), ce stade a été inauguré en octobre 2020, mais a enregistré des travaux additionnels en raison de malfaçons et d’ »imperfections ». Le coût total du chantier, onéreux, est estimé à plus de 163 milliards de F CFA (près de 250 millions d’euros). C’est dans ce stade que la cérémonie et le match d’ouverture se dérouleront, le 13 janvier, ainsi que la finale, le 11 février. Il accueillera par ailleurs les matchs de l’équipe nationale ivoirienne.

Excentré du centre-ville d’Abidjan, le stade d’Ébimpé n’est plus isolé. De nombreux aménagements ont été réalisés autour de l’enceinte. La voie internationale de l’Est, qui relie la Côte d’Ivoire au Ghana et au Sud du Burkina Faso, a été transformée en autoroute depuis la zone industrielle de Yopougon. Et, enfin, les 26 km de la voie de contournement du centre-ville (alias « autoroute Y4 »), vont permettre désormais de relier directement le stade d’Ébimpé et Bingerville (Sud-Est).

Par ailleurs, des échangeurs ont été réalisés tout autour de l’infrastructure sportive pour faciliter son accès. Le gouvernement a eu recours à l’entreprise de BTP Porteo, l’un des leaders africains du domaine, afin de parer au plus pressé et d’achever les travaux de voirie.

Le second stade retenu pour la CAN dans la capitale économique est le mythique stade Félix-Houphouët-Boigny, situé dans le quartier administratif et des affaires du Plateau, totalement relooké. La modernisation de cette enceinte sexagénaire d’une capacité de 40 000 places a couté plus de 65 milliards F CFA.

Ferveur populaire et « VIP attitude »

Pour la CAN, la Côte d’Ivoire attend environ 2 millions de visiteurs dont 1,5 million pour la seule ville d’Abidjan. Le groupe Accor, leader mondial de l’hôtellerie, a rénové ses hôtels et a augmenté ses capacités d’accueil. Le Sofitel Hôtel Ivoire devrait accueillir les officiels de la CAF. De nouveaux établissements hôteliers ont essaimé depuis plusieurs mois.

Selon Siandou Fofana, le ministre du Tourisme, la capacité d’hébergement des établissements, estimée à 4 500 chambres en 2022, doit atteindre 15 000 à la fin de décembre 2023. Des résidences immobilières privées sont en nombre exponentiel. Pour renforcer le dispositif d’hébergement, un opérateur privé prépare l’arrivée d’un bateau de croisière de plus de 3 500 places dans le port d’Abidjan et restera ancré pendant toute la compétition. Cette forme d’hôtel flottant proposera, outre des chambres, toutes sorts d’activités de loisir.

Depuis quelques mois, la ferveur de la « CAN de l’hospitalité » s’est emparée d’Abidjan, qui compte bien faire savoir, dès leur arrivée, au million et demi de visiteurs attendus qu’ »Abidjan sera encore le plus doux au monde ». Tout voyageur qui atterrit à l’aéroport international d’Abidjan est immédiatement mis dans l’ambiance, avec nombre d’affiches annonçant l’évènement. Pour la CAN, l’ancienne plateforme pour les vols domestiques de l’aéroport d’Abidjan a d’ailleurs été transformée en terminal 2, qui sera « exclusivement réservé » aux voyageurs de la CAN. Quant aux plus aisés, qui atterrissent en jet, ils pourront débarquer en toute quiétude et « VIP attitude » au Jetex, l’aéroport d’affaires.

Source: JeuneAfrique

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