À J-50 du Mondial, où en sont les équipes africaines ?

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À J-50 du Mondial, où en sont les équipes africaines ?
À J-50 du Mondial, où en sont les équipes africaines ?

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Sénégal, Maroc, Tunisie, Ghana, Cameroun : les cinq mondialistes africains étaient sur le pont en ce mois de septembre qui les a vu disputer chacun deux matchs amicaux. À moins de deux mois du coup d’envoi de la Coupe du monde au Qatar, où en sont-ils dans leur préparation ? Le point sur l’état des troupes.
Sénégal : 1 victoire (Bolivie, 2-0), 1 nul (Iran, 1-1)

Le Sénégal a aisément disposé d’une assez faible équipe bolivienne, avant de concéder le nul contre une des bonnes équipes de la zone Asie, qualifiée comme lui pour sa deuxième Coupe du monde consécutive. Au-delà des résultats en eux-mêmes, les champions d’Afrique en titre ont dans l’ensemble rassuré quant au contenu produit. La première rencontre, face à la Verde, les a vus se mettre rapidement à l’abri, grâce à un bel enchaînement de Boulaye Dia, Sadio Mané faisant ensuite le break sur penalty. La seconde, contre la Team Melli d’un Carlos Queiroz très au fait du jeu sénégalais pour avoir précédemment occupé le banc de l’Egypte, a été moins productive. Ismaïla Sarr, en particulier, a montré de sérieuses lacunes dans la finition.

Futur adversaire des Pays-Bas, du Qatar et de l’Équateur, le Sénégal arrivera au Mondial fort de quelques certitudes. « J’ai beaucoup aimé la mentalité et le travail des garçons pendant ce stage. J’ai beaucoup aimé le volume de travail. Ça augmente un peu plus de choix, un peu plus de concurrence en ce qui me concerne », a déclaré Aliou Cissé, privé ce mois-ci de cadres tels que le gardien de but Edouard Mendy ou le latéral gauche Saliou Ciss. S’il n’a pas dévoilé plus avant ses batteries, le sélectionneur est conscient qu’il devra trancher dans le vif. « En réalité, dans le groupe que j’ai, tout le monde mérite d’être à la Coupe du Monde. Je ferai des heureux et des malheureux, mais je dois faire ce choix. »

Maroc : 1 victoire (Chili, 2-0), 1 nul (Paraguay, 0-0)

Deux salles, deux ambiances pour le Maroc, lors du stage en Espagne. Séduisants et conquérants face au Chili à Barcelone (2-0), les Lions de l’Atlas, plus stériles, ont ensuite buté sur une coriace équipe du Paraguay (0-0). Mais à l’image du Sénégal, les résultats positifs s’enchaînent, et l’équipe sait éviter la défaite à défaut de toujours l’emporter. Ce qui ne sera pas de trop face à la Croatie, à la Belgique et au Canada dans moins de deux mois au Qatar. Nouveau sélectionneur, Walid Regragui n’a pas chamboulé l’organisation tactique des quart-finalistes de la dernière CAN, avec pour principale innovation son côté droit musclé par les retours conjoints des « bannis » Noussair Mazraoui et Hakim Ziyech. Parmi les points positifs de ces deux amicaux, l’imperméabilité défensive préservée malgré l’absence sur blessure du cadre Nayef Aguerd, passé cet été de Rennes à West Ham.

« Contrairement au match contre le Chili, nous avons disputé aujourd’hui (mardi) une rencontre ouverte face à une équipe musclée qui nous a exigé un effort supplémentaire. Cette rencontre m’a donné des certitudes avant le Mondial », a déclaré le successeur de Vahid Halilhodzic après le nul contre le Paraguay. « J’ai tiré plusieurs enseignements de cette rencontre. Certes, lors de la première mi-temps, nous avons manqué d’intensité et de rythme, mais j’ai apprécié l’attitude des joueurs », a ajouté Walid Regragui avant de conclure. « Maintenant, il faut travailler sur le côté mental. Nous devons encore travailler dur pour atteindre notre meilleur niveau avant le Mondial ».

Tunisie : 1 victoire (Comores, 1-0), 1 défaite (Brésil, 1-5)

Le travail mental, tel est aussi le point clé souligné par le sélectionneur de la Tunisie Jalel Kadri à l’issue des deux galops d’essai disputés par ses Aigles de Carthage. Débuté par une victoire logique de l’équipe type face aux Comores (1-0), le stage s’est achevé sur la déroute inquiétante d’un onze remanié contre le Brésil (5-1), devant un Parc des Princes acquis à la cause des coéquipiers d’un Youssef Msakni décevant. Le choix de se mesurer à un des grands favoris du Mondial et d’ainsi constater le fossé qui sépare la Tunisie de son adversaire sud-américain n’est pas sans risque pour la confiance du groupe. Futurs adversaires du Danemark de l’Australie et de la France, les Aigles de Carthage entendent en tout cas tirer les leçons de cette déconvenue.

Contrarié d’avoir vu ses hommes perdre leurs nerfs au fil d’une première période pourtant marquée par un éphémère retour au score, Jalel Kadri a donc particulièrement insisté sur l’importance du travail psychologique, même face à des Bleus potentiellement diminués par les absences et les incertitudes. « Il faut travailler sur le plan mental, nous savons que nous avons des jeunes joueurs, parfois il faut savoir retenir les leçons et surtout il faut se calmer (…) et savoir gérer les moments difficiles. » Au moins l’organisation tactique tunisienne paraît-elle claire, avec un 4-3-3 classique autour d’une défense compacte, dirigée par l’excellent Montassar Talbi (Lorient), et d’un entrejeu accrocheur, propulsé par la paire Skhiri-Laïdouni.

Ghana : 1 défaite (Brésil, 0-3), 1 victoire (Nicaragua, 1-0)

On ne peut en dire autant du Ghana. Nommé sélectionneur en remplacement du Serbe Milovan Rajevac après la calamiteuse CAN 2021, Otto Addo donne l’impression de courir deux lièvres à la fois, avec d’une part l’intégration de nouveaux joueurs, l’Hispano-Ghanéen Inaki Williams en tête, et d’autre part la recherche de la bonne formule tactique. Depuis le mois de juin, les Black Stars n’ont jamais joué deux matchs de suite dans le même schéma. Balayés par le Brésil (3-0) contre lequel ils n’ont pratiquement jamais été dangereux, les coéquipiers du vieillissant mais visiblement inamovible Daniel Amartey se sont un peu rassurés après une série de cinq matchs sans victoire en disposant du modeste Nicaragua sur la plus petite des marges (1-0). Il faudra en faire davantage pour espérer exister dans un groupe abritant également le Portugal, l’Uruguay et la Corée du Sud. Le Ghana a quelques talents, mais son staff aura-t-il le temps d’en faire une synthèse compétitive ?

Cameroun : 2 défaites (Ouzbékistan, 0-2 ; Corée du Sud, 0-1)

Le président de la Fédération camerounaise de football a fixé l’objectif assigné aux Lions Indomptables. « Notre objectif est de partir de la compétition le 18 décembre (jour de la finale du Mondial, ndlr), nous ne le perdons pas de vue », a martelé Samuel Eto’o. Effectuée après la défaite contre l’Ouzbékistan, cette déclaration a le mérite d’éviter la fausse modestie. Elle n’a visiblement pas transcendé l’équipe dirigée par Rigobert Song, de nouveau battue quelques jours plus tard par la Corée du Sud (1-0). Deux défaites, zéro but marqué : les coéquipiers de Vincent Aboubakar ont du pain sur la planche pour bien figurer dans une poule très relevée, composée du Brésil, de la Serbie et de la Suisse.

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