Football : à trois mois de la CAN, la sélection ivoirienne ne rassure pas

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Football : à trois mois de la CAN, la sélection ivoirienne ne rassure pas
Football : à trois mois de la CAN, la sélection ivoirienne ne rassure pas

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Les Eléphants ivoiriens sont prévenus. Chacune de leur prestation est disséquée et abondamment commentée depuis plusieurs mois. Et ce sera le cas jusqu’au premier match de la phase de groupes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le 13 janvier 2024, face à la Guinée-Bissau à Abidjan. Le Nigeria et la Guinée Equatoriale étant leurs deux autres adversaires lors du premier tour.

A un peu moins de trois mois de cette échéance, très attendue dans un pays où les Eléphants font partie du patrimoine national, les avis sur les derniers matchs de l’équipe entraînée par le Français Jean-Louis Gasset, nommé en mai 2022, varient. Mardi soir 17 octobre, le match nul à Abidjan face à l’Afrique du Sud (1-1) a laissé les supporteurs sur leur faim, trois jours après une performance beaucoup plus aboutie contre le Maroc (1-1), quatrième de la Coupe du monde 2022.

Certes, l’ambiance autour de la sélection est moins pesante qu’en juin, après la lourde défaite en Zambie (0-3) lors des éliminatoires de la CAN (la Côte d’Ivoire, qualifiée d’office, y avait néanmoins pris part), incitant des supporteurs à exiger le départ du sélectionneur. Jean-Louis Gasset, critiqué pour ses choix tactiques, avait malgré tout conservé la confiance d’Idriss Diallo, le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF).

« Il y a une grosse attente, les gens sont très exigeants et ils ne veulent pas entendre parler d’autre chose que de soulever le trophée en février prochain. La pression sur Jean-Louis Gasset et les joueurs est très forte », observe l’ancien sélectionneur Yéo Martial, qui avait conduit les Eléphants à leur premier sacre continental en 1992 au Sénégal. La Côte d’Ivoire accueillera la compétition pour la deuxième fois après l’édition 1984, avec la ferme volonté de ne pas revivre le même échec d’une élimination au premier tour.

« L’équipe marque peu de buts »

Après la déconvenue face aux Zambiens, les Eléphants avaient subi de sévères critiques pour leur manque d’implication. Depuis, ils ont péniblement battu le Lesotho (1-0) à San Pedro en qualifications, vu leur match amical contre le Mali à Abidjan interrompu pour cause d’intempéries et livré une prestation beaucoup plus convaincante face au Maroc toujours à Abidjan le 12 octobre, malgré un but concédé dans les dernières minutes.

« Malmener un adversaire aussi fort que celui-ci, quatrième de la dernière Coupe du monde, c’est en effet rassurant. Mais les Ivoiriens estiment qu’au vu du potentiel de l’effectif les résultats et les prestations devraient être meilleurs. L’équipe marque peu de buts – trois lors des quatre derniers matchs -, c’est insuffisant », poursuit Yéo Martial.

Plusieurs Eléphants évoluent en effet dans les meilleurs championnats européens tels Sébastien Haller en Allemagne, Ibrahim Sangaré et Serge Aurier en Angleterre, Jonathan Bamba en Espagne, Wilfried Singo en France, Christian Kouamé et Evan Ndicka en Italie, Wilfried Zaha et Max-Alain Gradel en Turquie, alors que Franck Kessié, un des cadres de la sélection, a quitté le FC Barcelone pour l’Arabie saoudite lors du mercato estival.

« Nous avons sur le papier une bonne équipe mais, en Afrique, il y a six ou sept sélections qui sont devant nous, tempère Eugène Diomandé, le président du Séwé Sport de San Pedro. La Côte d’Ivoire actuelle n’est plus celle de Didier Drogba, Yaya Touré, Kolo Touré ou Aruna Dindane, qui n’a d’ailleurs jamais remporté la CAN. Elle peut la gagner, mais il faut aussi pouvoir admettre qu’elle peut échouer. »

« La Côte d’Ivoire sera l’équipe à battre »

Le discours tenu par Eugène Diomandé ne trouve pas toujours d’écho en Côte d’Ivoire. L’opinion publique, la presse et les autorités politiques n’attendent qu’une chose : un troisième sacre continental. « Le staff technique et les joueurs l’ont parfaitement intégré. Plus l’événement va arriver, plus la pression sera forte. Les Ivoiriens exigent toujours la victoire, et encore plus si la CAN se joue à domicile, car cela fait plus de huit ans que la sélection ne brille plus », relate l’ancien gardien de but Gérard Gnanhouan, finaliste en 2006 et 2012.

Depuis le sacre obtenu en Guinée équatoriale en 2015 avec le Français Hervé Renard à leur tête, les pachydermes n’ont pas dépassé le stade des quarts de finale lors des trois éditions suivantes. Ils ont aussi manqué les deux dernières Coupes du monde en Russie et au Qatar.

Les avertissements reçus lors de la défaite en Zambie ou la courte victoire face au modeste Lesotho pourraient s’avérer finalement utiles, comme l’explique l’ancien international Gérard Gnanhouan. « Ces matchs nous ont permis de constater une fois de plus qu’en Afrique, où le niveau s’est beaucoup amélioré ces dernières années, rien n’est facile, souligne-t-il. C’est un bon rappel en vue d’un premier tour qui semble abordable, mais où il conviendra de se méfier, car la Côte d’Ivoire sera l’équipe à battre. Les matchs amicaux sont faits pour procéder à des ajustements tactiques, à essayer des joueurs. L’essentiel, c’est d’être prêt le jour J. »

Avant la phase finale de la CAN, les Eléphants doivent encore disputer deux matchs qualificatifs pour la Coupe du monde 2026 face aux Seychelles et à la Gambie au mois de novembre, et au moins une dernière rencontre amicale dans les jours qui précéderont la compétition. Autant de rendez-vous que leurs supporteurs suivront avec un esprit critique à la mesure de leur enthousiasme.

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