Par Kamal Bouhda
Africa-Press – Côte d’Ivoire. L’artiste algérien Fouad Jlid a choisi de transformer la peinture contemporaine en un message humanitaire et national, transformant les murs des écoles et des bâtiments en œuvres d’art qu’il s’est engagé à embellir à une époque où le caractère commercial prédomine dans l’art. Fouad Jlid, originaire de la province de Sétif, à l’est de la capitale algérienne, ne se contente pas d’attendre son public dans les galeries, mais se rend directement vers eux, devenant ainsi un artiste muraliste bénévole.
Dans la ville montagneuse d’Agbal, entre les wilayas de Tipaza et Ain Defla, l’artiste algérien montre ses talents en réalisant des fresques sur les murs de l’école du village avec vitalité et passion artistique. Il déclare: « Le mur plat est pour moi une toile blanche, la différence étant que mon public ici est principalement constitué de passants et d’élèves. Au cours des dernières années, je n’ai pas seulement embelli les établissements éducatifs, mais j’ai également restauré des murs délabrés, les transformant en histoires visuelles qui stimulent l’imagination et embellissent les paysages urbains. »
Fouad révèle qu’il a embelli bénévolement les murs de plus de 500 établissements scolaires en Algérie, ce qui témoigne de son dévouement et de son amour pour son pays et les générations futures. Ce travail bénévole colossal n’est pas passé inaperçu, suscitant un large intérêt médiatique, notamment sur les réseaux sociaux, ce qui lui a valu des distinctions dans plusieurs provinces. Il a réalisé des fresques à Constantine, Sétif, Oum El Bouaghi, Jijel et d’autres villes à l’est du pays, ainsi qu’à Mascara, Ghardaïa, Tiaret, Ain Temouchent et d’autres villes à l’ouest, ainsi que dans de nombreuses villes au centre et au sud de l’Algérie.
Les initiatives ont commencé avec Fouad lui-même, mais avec l’émergence de son expérience, des activistes de nombreuses localités lui demandent de venir réaliser des œuvres d’art. Il répond rapidement et organise ses déplacements avec beaucoup d’amour, ne demandant aucune compensation, sauf la fourniture de peinture et de quelques outils, ainsi que la mise en œuvre des arrangements administratifs avec les autorités compétentes.
Au lieu de laisser les murs en béton froids et silencieux, Fouad a réussi à les transformer en magnifiques œuvres d’art grâce à son pinceau. Il insuffle la vie dans les murs des écoles à travers les fresques qu’il réalise, ses œuvres étant pleines de vie, de couleurs et de beauté, portant des valeurs diverses, créant ainsi un environnement scolaire stimulant et agréable qui encourage les élèves à s’épanouir et à s’identifier à leurs écoles. Les fresques qu’il peint ne sont pas de simples dessins éphémères, mais des œuvres d’art raffinées qui reflètent un sens esthétique élevé, transformant les établissements éducatifs en galeries d’art ouvertes qui contribuent à l’éducation de la communauté et à l’embellissement de son environnement.
Fouad explique que son attention portée aux écoles découle de sa conviction que l’environnement scolaire a un impact direct sur la psychologie des élèves à travers ses fresques, qui varient entre des paysages algériens et des personnages de dessins animés. Il cherche à créer un espace stimulant qui suscite la joie et la créativité, plutôt que de laisser les murs froids et silencieux. Son expérience se distingue par l’absence de barrières entre l’artiste et le public, car les élèves et les parents se rassemblent autour de lui pendant qu’il travaille sur la façade d’une école, faisant du dessin non seulement un processus esthétique, mais une performance vivante de l’art contemporain. Fouad décrit ces interactions comme « les plus belles récompenses de l’effort ». Des paysages algériens aux personnages historiques, en passant par des dessins animés éducatifs, son style oscille entre l’académique et le ludique, tenant compte de la tranche d’âge qui verra l’œuvre au quotidien.
Malgré l’ampleur de son œuvre, qui consiste à embellir des centaines d’établissements gratuitement, Fouad révèle un autre aspect de l’histoire. Il admet avoir rencontré d’importantes difficultés matérielles et logistiques, achetant parfois des fournitures de peinture de sa propre poche, mais sa détermination et sa foi en la mission de l’art dans le tissu social l’ont poussé à continuer. Il déclare: « L’art n’est pas un luxe, mais un besoin psychologique pour la société, en particulier pour les enfants. »
Ce que fait Fouad Jlid dépasse la simple décoration des murs ; il redéfinit le rôle de l’artiste dans la société. Un artiste qui sort de son atelier et crée de la beauté dans l’espace public, offrant un bouquet de créativité aux générations futures au sein des murs de leurs écoles, malgré les grands défis qu’il rencontre pour se déplacer d’une province à l’autre et répondre à toutes les demandes. Il affirme que le véritable art touche la vie des gens et rend leur monde plus beau.
De nombreuses personnes expriment leur grande appréciation pour ce que Fouad réalise dans toutes les wilayas du pays. Le militant de la société civile à Agbal, dans la province de Tipaza, Mohamed Goumedi, déclare dans un entretien que « ces œuvres ont un impact social considérable. En plus de la valeur artistique qu’elles ajoutent aux lieux, elles confèrent une grande dimension esthétique et, parfois, changent complètement l’image de l’endroit. Il poursuit: « La visite de Fouad dans les écoles crée une grande effervescence à l’intérieur, car ses fresques deviennent le sujet de conversation des enseignants et des élèves, et les élèves rivalisent pour s’asseoir près d’elles, alors qu’elles étaient auparavant des coins sombres. Fouad est l’ambassadeur de la joie ; dans une région qui semble isolée comme la nôtre, Agbal, ses œuvres envoient les gens dans un autre monde et insufflent un certain espoir. La présence de quelqu’un qui sème la beauté gratuitement est précieuse et doit être reconnue. »





