Voici deux jeunes exoplanètes avec des lunes en formation autour

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Voici deux jeunes exoplanètes avec des lunes en formation autour
Voici deux jeunes exoplanètes avec des lunes en formation autour

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Quand le Système solaire était encore noyé dans les gaz et les poussières, il ressemblait sans doute à PDS 70, un système stellaire âgé d’environ 5 millions d’années et situé dans la constellation du Centaure, à 370 années-lumière de la Terre. Jusqu’à récemment, il était impossible de capturer avec précision ce type d’environnement. Grâce au système MagAO-X (Magellan Adaptive Optics Xtreme), une équipe de l’Université d’Arizona (Etats-Unis) a réussi à obtenir des images d’une résolution exceptionnelle des planètes de ce système et des disques de poussières qui les entourent.

Un système en cours de formation

PDS 70 est une étoile naine représentant environ les trois quarts de la masse du Soleil. Elle est entourée d’au moins deux planètes en cours de formation. La première planète PDS 70b a été découverte en 2018, grâce à une magnifique photo prise par l’instrument SPHERE, installé sur le Very Large Telescope (VLT) au Chili. PDS 70b tourne à 3,2 milliards de kilomètres de son étoile, soit à peu près la distance entre le Soleil et Uranus. La seconde planète PDS 70c est plus petite que sa consœur (entre 1 et 10 masses terrestres) et située beaucoup plus loin de son étoile, à 5,31 milliards de kilomètres, soit la distance entre le Soleil et Neptune. Elle a été découverte en juin 2019 grâce au spectromètre MUSE, un autre instrument installé sur le VLT.

Ces deux exoplanètes sont en cours de formation et n’ont pas encore dégagé tout l’espace autour d’elles. Elles sont toujours noyées dans le disque protoplanétaire qui entoure leur étoile mère. Et observer ces astres en détail est un défi, en raison de la luminosité de leur jeune étoile et des perturbations atmosphériques.

Une vision adaptative

L’instrument MagAO-X, couplé au télescope Magellan de 6,5 mètres de l’Observatoire de Las Campanas (Chili), contourne ces obstacles en corrigeant en temps réel la turbulence de l’atmosphère terrestre, ce que les spécialistes appellent de l’optique adaptative. Son miroir déformable ajuste sa forme 2000 fois par seconde, ce qui supprime les turbulences atmosphériques ; il offre ainsi une image équivalente à celle des meilleurs télescopes spatiaux. Les observations, publiées dans The Astronomical Journal, montrent donc des anneaux de poussière autour de PDS 70 b et PDS 70 c. Ces structures pourraient être le point de départ de la formation de satellites naturels, à l’instar de la façon dont les lunes de Jupiter et Saturne se sont formées dans notre propre système solaire.

Les données révèlent aussi des variations spectaculaires de luminosité: l’une des planètes a vu son éclat chuter de 80 % en trois ans, tandis que l’autre a doublé de luminosité sur la même période. Selon Laird Close, professeur d’astronomie et co-auteur de l’étude, ces fluctuations pourraient être liées aux chutes de gaz qui alimentent encore ces mondes en pleine croissance. « Essentiellement, l’une des planètes s’est brusquement mise au régime tandis que l’autre se nourrissait d’hydrogène », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Ce travail prouve que les grands télescopes terrestres peuvent rivaliser avec les instruments spatiaux et qu’ils seront essentiels pour explorer les origines des systèmes planétaires », conclut-il.

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