Africa-Press – Djibouti. DJIBOUTI, 29 janvier 2026 (ADI) – Il est assis légèrement en retrait, au fond de la salle. Le 24 décembre 2025, au Palais du Peuple, le premier Forum des Djiboutiens de l’étranger touche à sa fin. Les discours viennent de s’achever. Lorsque son nom est appelé pour la remise d’une distinction, Yonis Abdi Ali se lève sans empressement. Il ajuste sa veste, avance de quelques pas. Le geste est mesuré. Il reçoit la distinction du chef de l’Etat sans chercher le regard des caméras.
Yonis Abdi Ali appartient à cette génération de Djiboutiens formés à l’international, revenus sans fracas. Ni rupture, ni retour triomphal. Une continuité. Il a appris ailleurs, et il est revenu avec cette idée simple: faire. Peu de discours, peu de mise en scène. Une méthode.
Formé à la gestion des risques, il partage son parcours entre le Canada et le Maroc. A Ottawa, au sein de l’Unité communautaire de mesures d’urgence, il apprend à travailler avec l’imprévisible: catastrophes naturelles, incidents industriels, crises sanitaires. Anticiper avant de réagir. Structurer avant d’agir. « Le risque, ce n’est pas l’accident, c’est l’absence de préparation », confiera-t-il plus tard à un proche. Une phrase qui résume son rapport au monde.
En 2020, il rentre à Djibouti. Sans annonce. Il s’implique rapidement dans la vie associative, notamment au sein de Global Djibouti Diaspora (GDD), où il contribue à l’organisation et à la mobilisation lors d’événements officiels. Toujours en arrière-plan.
Puis vient un choix inattendu. Yonis investit le champ du divertissement pour enfants. Il lance Maaweelo Djibouti, un projet qui tranche avec les carrières classiques. Des espaces modernes, pensés pour les familles. Derrière les couleurs et les jeux, la même exigence: normes de sécurité, qualité des installations, durabilité des équipements.
A Maaweelo, il circule sans se faire remarquer. S’arrête sur un détail. Un sol. Une fixation. Un flux mal pensé. Il parle peu aux clients, davantage aux équipes techniques. Son autorité est calme. « La confiance est fragile », répète-t-il. « Surtout quand il s’agit d’enfants. »
La reconnaissance officielle arrive tardivement, presque à contretemps. La distinction de chef de l’Etat, en décembre 2025, salue un engagement sans revendication. Yonis l’accueille sans emphase. Un encouragement, dit-il simplement.
A l’horizon, il évoque d’autres projets. Il veut faire de Maaweelo une référence nationale, explorer le logement écologique. Toujours la même logique. Construire sans bruit. Anticiper sans rigidité. Yonis Abdi Ali avance à pas comptés. Reste à savoir jusqu’où cette discrétion méthodique peut encore le porter.
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